
Sur les plages de Île de Ré, la scène aurait pu rester anodine aux yeux de promeneurs peu avertis. Elle révèle pourtant une réalité préoccupante. En quelques jours, 3 jeunes phoques gris ont été mordus par des chiens promenés sans laisse, alors qu’ils se reposaient sur le sable, une phase pourtant essentielle à leur survie.
Ces jeunes individus, encore fragiles, utilisent le littoral comme zone de repos après leurs premières sorties en mer. Ils ne sont ni blessés ni échoués au sens strict. Ils dorment, récupèrent, reprennent des forces. Une situation normale pour l’espèce, mais qui suscite encore trop souvent curiosité excessive et comportements inadaptés.
Les morsures infligées par des chiens domestiques ne sont pas bénignes. Elles provoquent des plaies ouvertes, susceptibles de s’infecter rapidement dans un environnement marin. Les animaux touchés ont dû être pris en charge par des réseaux de surveillance et, pour certains, transférés vers des centres de soins spécialisés. À cet âge, le stress et les blessures peuvent compromettre durablement leurs chances de survie.
Ce qui inquiète particulièrement les associations et les scientifiques, c’est la répétition de ces incidents, observés aussi bien sur la façade atlantique que sur les côtes bretonnes. La présence accrue de phoques gris en France est pourtant une excellente nouvelle écologique, signe d’une population en progression après des décennies de recul. Mais cette reconquête du littoral s’accompagne d’une cohabitation encore mal comprise.
Les consignes sont pourtant simples et largement diffusées : tenir les chiens en laisse et respecter une distance minimale de 100 m. Un phoque dérangé peut fuir précipitamment vers la mer, gaspillant une énergie précieuse, ou adopter un comportement défensif. Dans les deux cas, le risque augmente, pour l’animal comme pour l’humain.
Ces épisodes rappellent que le littoral n’est pas qu’un espace de loisirs. Il est aussi un habitat vivant, partagé avec des espèces sauvages protégées. Observer un phoque sur une plage reste un moment rare et fascinant. À condition de le faire à distance, dans le silence, et avec le respect nécessaire pour que cette présence demeure une richesse, et non une source de danger.
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