Le tribunal administratif de Montpellier a ordonné jeudi la démolition d'une promenade en front de mer et d'un parking adjacent construits "illégalement" à Vias (Hérault) dans une zone protégée du littoral, une décision que la commune "appliquera", selon son maire. Une esplanade menant vers la mer et une promenade en front de mer d'une longueur totale de 200 mètres, ainsi qu'un parking, avaient été construits en 2019 par la mairie de cette station balnéaire proche d'Agde et de Béziers. En juin 2024, le préfet de l'Hérault, opposé dès l'origine à cette construction et conforté par plusieurs décisions de justice, avait demandé au maire la remise en état initial de la parcelle, requête rejetée un mois plus tard par le conseil municipal. L'avocat de la commune avait redit son opposition à la démolition lors d'une audience le 7 janvier devant le tribunal administratif, saisi par le préfet.
Dans sa décision rendue jeudi, le juge administratif considère que cette construction était bien "illégale" car ne respectant pas la loi Littoral ni le plan de prévention des risques inondation (PPRI). En effet, "elle se situe sur un emplacement qui n'est pas urbanisé et toute construction dans une bande de 100 mètres autour du littoral est interdite", relève le juge, suivant l'avis du rapporteur public.
Dès lors, le tribunal "ordonne la démolition de la promenade en front de mer et du parking", mais pas celle de "l'esplanade menant à cette promenade", estimant que "cela entraînerait une atteinte excessive à l'intérêt général".
Le juge suit ainsi partiellement une proposition de compromis faite à l'audience par l'avocat de la commune, qui avait suggéré de supprimer uniquement les "30 ou 40 mètres du promenoir" les plus proches de la mer, ainsi qu'une partie des parkings. "La commune et son maire savaient qu'ils n'avaient pas le droit de construire ces ouvrages. La démolition est la seule solution pour assurer le respect de la loi qui protège le littoral et l'environnement. Ce dossier rappelle que le passage en force est une grande source de gaspillage d'argent public", a réagi auprès de l'AFP France Nature Environnement Occitanie-Méditerranée, partie civile.
Satisfaction partielle
Cette situation "aurait pu être évitée si la commune s'était conformée aux prescriptions des services de l'Etat quant au caractère illégal du projet", a aussi réagi dans un communiqué la préfète de l'Hérault, Chantal Mauchet, en évoquant un jugement "qui protège notre littoral".
Réagissant dans la soirée auprès de l'AFP, le maire de Vias, Jordan Dartier, a estimé qu'il avait "bien fait de défendre ce dossier jusqu'au bout", y voyant "une satisfaction partielle, car il était demandé une démolition totale et ce n'est pas ce qu'a décidé le tribunal." "J'ai décidé de ne pas faire appel et d'exécuter la décision", a-t-il ajouté, indiquant que ces travaux, dont le coût est estimé entre 200.000 et 300.000 euros, "feront l'objet d'un appel d'offres." "Un marché public sera lancé", a-t-il dit, précisant toutefois que les travaux, qui devraient durer deux mois, ne pourraient pas commencer avant l'automne prochain, soit après le délai de six mois imparti par la justice pour la démolition.
Dans le volet pénal du dossier, la cour d'appel de Montpellier rendra le 9 février son jugement. En décembre, l'avocate générale avait requis une amende de 150.000 euros à l'encontre de la municipalité et de 50.000 euros contre son maire. Le 7 mai 2024, le tribunal correctionnel de Montpellier avait condamné la commune à 1.250.000 euros d'amende, dont un million avec sursis, et Jordan Dartieret à 500.000 euros, dont 480.000 euros avec sursis.
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