Deux navires de la Corsica Ferries, l'un à Bastia et l'autre à Ajaccio, étaient bloqués mercredi soir par des marins grévistes de la Corsica Linea, pour "lutter contre le dumping social" et défendre le pavillon français en Méditerranée, ont-ils dit à l'AFP.
Ces deux navires devaient quitter les ports corses mercredi soir pour rejoindre Toulon jeudi matin. "On est actuellement sur le port de Bastia où on empêche le bateau Corsica Ferries de partir et on a d'autres marins sur le port d'Ajaccio qui font la même chose", a indiqué à l'AFP Antoine Sisco, porte-parole des marins du syndicat autonome des marins de la marine marchande (SAMMM) de la Corsica Linea. "C'est une action symbolique, on va les retarder un certain nombre d'heures", a-t-il dit afin de "dénoncer le dumping social" de la compagnie Corsica Ferries qui opère sous pavillon international italien avec des conditions sociales moins-disantes que la Corsica Linea qui opère sous pavillon français premier registre.
A Bastia, les passagers du navire ont pu débarquer à l'arrivée au port et d'autres embarquer pour la traversée vers Toulon mais à Ajaccio, l'embarquement a été interrompu, a précisé à l'AFP la capitainerie du port. Les marins grévistes attendent des avancées lors d'une réunion en préfecture à Marseille prévue jeudi matin, ont-ils précisé. "On n'est pas contre la concurrence, si elle est saine et équitable, mais aujourd'hui, on nous demande de monter sur le ring avec les bras attachés dans le dos parce qu'ils sont moins-disant socialement et économiquement", a expliqué M. Sisco, assurant "ne pas pouvoir se battre dans ces conditions".
Pour les mêmes raisons, la CGT marins a bloqué lundi le navire de croisière MSC Orchestra dans la rade de Marseille.
La CGT marins avait déposé la semaine dernière un préavis de grève de 48 heures débutant lundi matin afin de "sécuriser les emplois" notamment chez la Corsica Linea et la Méridionale. La CGT a avancé plusieurs revendications dont "l'arrêt des autorisations d'escale de Corsica Ferries sous pavillon international italien entre Sète et les ports de Corse", "l'interdiction du pavillon italien international sur les lignes territoriales françaises à passagers" ou encore "l'engagement écrit de l'État garantissant le financement des DSP (délégations de service public, NDLR) maritimes Corse-continent jusqu'à leur terme en 2030".
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