
La mort récente d’une baleine franche de l’Atlantique Nord, retrouvée empêtrée dans un engin de pêche au large de la Caroline du Nord, a ravivé l’alarme autour du sort d’une espèce déjà au bord de l’extinction. Cette tragédie s’est produite le 27 janvier 2026, lorsque les restes de la baleine, identifiée comme Division (#5217), ont été découverts au large de Cape Hatteras. L’animal, comme tant d’autres avant lui, avait été victime d’un enchevêtrement dans des filets ou cordages de pêche, l’une des deux principales causes de mortalité chez ces cétacés avec les collisions avec des navires. Cet épisode dramatique souligne une fois de plus l’urgence de renforcer les mesures de protection pour ces géants marins : aujourd’hui, la population mondiale de baleines noires de l’Atlantique Nord oscille autour de seulement environ 380 individus, dont moins de 70 femelles capables de se reproduire, un chiffre alarmant qui rend chaque mort particulièrement lourde de conséquences pour l’avenir de l’espèce.
Un engagement fédéral renouvelé : une stratégie quinquennale pour réduire les empêtrements
Face à cette situation critique, le gouvernement du Canada a récemment lancé une stratégie nationale sur cinq ans visant à protéger les baleines des risques liés aux engins de pêche. Baptisée la Whalesafe Fishing Gear Strategy, cette initiative est destinée à réduire les enchevêtrements qui continuent de coûter la vie à ces animaux, en particulier dans les pêches de la côte est où les interactions sont les plus fréquentes. Le plan repose sur une approche collaborative impliquant pêcheurs, communautés autochtones, fabricants d’équipements et spécialistes des cétacés. Il prévoit notamment :
- l’identification et la gestion des zones à haut risque d’empêtrement,
- la promotion et l’adoption d’engins de pêche « whale-safe », comme les systèmes dits à la demande (sans cordage en permanence dans l’eau),
- le soutien à des projets pilotes et des ajustements pratiques pour que ces technologies puissent être efficacement utilisées en mer.
L’objectif affiché est clair : d’ici 2030, une plus grande partie des pêches canadiennes devrait bénéficier de mesures concrètes réduisant les empêtrements tout en maintenant une pêche durable et sûre pour les équipages.
Entre préservation de la biodiversité et réalités économiques
Cette stratégie ne se contente pas d’être un plan environnemental : elle résonne aussi comme une réponse aux préoccupations économiques des communautés côtières. Ottawa entend ainsi concilier la protection d’espèces vulnérables avec la pérennité des pêches artisanales et commerciales, en proposant des solutions crédibles, pratiques et co-construites avec les acteurs du terrain. L’initiative arrive à un moment charnière où la pression humaine sur les populations de baleines noires — notamment par les collisions avec des navires et les engins fixes — continue de limiter toute chance de reprise significative du nombre d’individus. Chaque mortalité, comme celle de Division, est un rappel brutal de la fragilité de l’espèce et de la nécessité de mesures fortes, concertées et rapides.
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