
Le ministre de la Transition écologique lance une consultation publique sur un projet de décret visant à classer le silure parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Une décision qui pourrait modifier en profondeur la gestion de ce poisson emblématique des grands fleuves français.
Le Silurus glanis, plus connu sous le nom de silure glane, est aujourd’hui au cœur d’un débat sensible. Introduit en France au XIXe siècle et largement implanté dans de nombreux bassins comme la Garonne ou le Rhône, ce poisson d’eau douce peut dépasser 2 mètres et 100 kg. Le ministère de la Transition écologique propose désormais de le classer comme espèce susceptible d’occasionner des dégâts, un statut qui permettrait d’assouplir, voire d’encourager, sa régulation. Avant toute décision, une consultation publique est ouverte afin de recueillir l’avis des citoyens, pêcheurs, associations environnementales et scientifiques.
Une espèce qui divise
Le silure fascine autant qu’il inquiète. Pour certains pêcheurs sportifs, il représente un adversaire spectaculaire et participe à l’attractivité halieutique de certaines régions. Pour d’autres acteurs du monde aquatique, sa prédation massive poserait problème, notamment pour des espèces fragiles comme les aloses ou les lamproies lors de leurs migrations. Plusieurs études ont souligné que le silure est un opportuniste alimentaire capable d’adapter son régime en fonction des ressources disponibles. Sa présence en grand nombre à proximité d’ouvrages comme les barrages alimente les inquiétudes sur l’impact qu’il pourrait avoir sur certaines populations piscicoles.
Quels enjeux derrière ce décret ?
Classer une espèce comme nuisible ne signifie pas son éradication automatique, mais cela ouvre la possibilité de campagnes de régulation ciblées. Une telle mesure aurait des conséquences concrètes pour les fédérations de pêche, les gestionnaires de milieux aquatiques et les collectivités locales. Au-delà du cas du silure, cette consultation pose une question plus large : comment gérer des espèces introduites qui se sont durablement installées dans les écosystèmes français ? Entre protection de la biodiversité et pratiques halieutiques, l’équilibre reste délicat.
La consultation publique doit permettre de mesurer les attentes et les inquiétudes avant une éventuelle publication du décret. Le débat s’annonce animé autour de ce géant des rivières, devenu en quelques décennies une figure incontournable — et controversée — des eaux douces françaises.
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