Nouvel IMOCA Paprec : Le calendrier des deux ans de conception et de construction

Par Le Figaro Nautisme

Au premier trimestre 2027, Yoann Richomme et l’équipe Paprec mettront à l’eau un nouvel IMOCA, pour deux saisons complètes de préparation au prochain Vendée Globe. Il s’agira là de la dernière étape d’un long processus, entamé il y a plus d’un an. De la réflexion - menée entre le bureau d’études et le cabinet d’architecture d’Antoine Koch -, jusqu’à la construction - assurée chez Multiplast -, l’équipe se sera en effet mobilisée, sans relâche, pendant près de 30 mois.

Responsable du bureau d’études, Gautier Levisse rembobine la pellicule et revient sur chaque étape qui aura permis de façonner ce nouveau monocoque.

 

Fin 2024, début 2025 – Le début de la réflexion

Alors que l’équipe est focalisée sur les derniers préparatifs avant le Vendée Globe, Yoann Richomme, Romain Ménard et leur bureau d’études se projettent déjà sur la conception de leur futur bateau. Grâce à l’intérêt de Paprec pour un nouveau tour du monde en 2028, de premiers échanges ont lieu avec le cabinet d’architecture d’Antoine Koch tandis qu’en parallèle, l’équipe s’affaire à collecter un maximum de datas et conserve chaque remarque de Yoann lors de sa course. Un travail de fond pour « balayer tous les aspects du bateau et confronter nos points de vue avec ceux de l’architecte » dixit Gautier.

 

Premier semestre 2025 – L’engagement de Paprec

Vient ensuite un important travail de prospection. Il faut visiter les chantiers, solliciter les sous-traitants, s’assurer de leur disponibilité… Une synthèse est alors réalisée et présentée à Paprec. L’enthousiasme de Sébastien Petithuguenin, Directeur général du groupe Paprec, qui acte l’engagement du groupe jusqu’en 2028 auprès de l’équipe, permet de valider le lancement de la conception et de la construction d’un nouvel IMOCA.

« Nous franchissons une nouvelle étape dans notre histoire avec la voile en construisant seul un nouvel IMOCA pour le prochain Vendée Globe, sous nos couleurs, annonçait Sébastien Petithuguenin lors de la conférence de presse du 5 juin 2025. Ce défi, nous voulons le relever avec Yoann Richomme, un marin d’exception, avec qui nous avons une belle relation de confiance. »

 

2025 – « Préparer le puzzle »

Dans la foulée, un travail conséquent est réalisé afin de tout anticiper et définir un rétroplanning. « Chaque entité s’organise : on réfléchit à la carène, à la structure puis aux cloisons, à l’endroit où on installe le mât, aux foils… détaille Gautier Levisse. Tout s’imbrique, il faut toujours réfléchir à la cohérence globale ».

« Dès début juillet 2025 il a fallu valider la forme de la coque, pour lancer la fabrication du moule de coque, qui servira ensuite à construire notre bateau. »

 

Décembre 2025 à février 2026 – Début de construction de la coque et réalité augmentée

La conception du bateau s’achève progressivement. « Dans sa 3D, le bateau est quasiment figé », assure Gautier. Grâce à une maquette en bois à échelle 1 et à l’aide d’un casque de réalité augmentée, l’équipe travaille à peaufiner l’ergonomie du cockpit, le poste de barre et les winchs. En parallèle, au chantier Multiplast, l’enveloppe de la coque commence à être façonnée dans un moule prévu à cet effet. « C’est la première pièce du puzzle ! »

 

Mars et avril 2026 - La coque prend forme

Une fois l’enveloppe de coque réalisée, les premiers éléments de structure doivent être posés pour la rigidifier, « comme une pâte à gâteau qu’on sort du four et qu’on doit enlever du plat ». Il faudra attendre avril pour que le démoulage puisse avoir lieu. En parallèle, le reste de la structure et les cloisons sont construits.

 

Avril à septembre 2026 - Place à l’ensemble de la structure

L’heure des « gros œuvres » ! Les différentes pièces sont progressivement assemblées : les cloisons, les ballasts, le tableau arrière, les puits de foils… En somme, « c’est toute la structure qui est installée ».

 

Septembre à novembre 2026 – Fermeture de boîte et peinture

Le « pontage » consiste à installer le roof et la protection du cockpit. « Il est fait assez tardivement car après, l’espace est restreint pour accéder à l’intérieur, ce qui complexifie toutes les tâches pour les techniciens ». À l’issue de cette étape, « l’enveloppe du bateau existe ». Dans la foulée, on installe les systèmes électroniques avant de débuter la peinture, qui prendra plusieurs semaines.

 

Décembre 2026 – L’arrivée des foils

En fin d’année, le nouvel IMOCA Paprec sera déplacé des chantiers Multiplast, à Vannes, jusqu’aux ateliers de l’équipe à Lorient. Ce n’est qu’à ce moment que les foils seront installés sur le bateau. « Gages de performances », leur construction aura duré six mois avant qu’ils ne soient mis en place sur le monocoque. En parallèle, les voiles seront également en fabrication chez le voilier.

 

Premier trimestre 2027 – La mise à l’eau

À l’issue de ce long processus, l’IMOCA Paprec sera dévoilé et mis à l’eau devant les dirigeants et collaborateurs du Groupe, les membres de l’équipe, les proches, les curieux et les passionnés. Viendra alors le temps des premières navigations, des premières sensations et des premières émotions à bord. Le début d’une nouvelle aventure, prenant la suite de celle - déjà passionnante - de la conception d’un des voiliers monocoques les plus rapides au monde. 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.