Monaco Blue Initiative 2026 : à Monaco, Albert II et Charlène placent l’avenir des océans au cœur des décisions

Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

© Institut_oceanographique_de_Monaco

 

Réunie au Musée océanographique de Monaco, la 17e Monaco Blue Initiative a remis l’océan au centre du débat international. Autour du prince Albert II et de la princesse Charlène, scientifiques, décideurs publics, ONG et acteurs économiques ont travaillé sur un enjeu devenu décisif : comment mieux gouverner et financer la protection des mers.

À Monaco, la défense des océans n’est pas un sujet de circonstance. Elle s’inscrit dans une histoire, une diplomatie et une vision portée depuis longtemps par la Principauté. La 17e édition de la Monaco Blue Initiative l’a encore montré, ce mercredi 27 mai, au Musée océanographique, où le prince Albert II et la princesse Charlène ont affiché une même volonté : faire avancer concrètement la protection des mers, à un moment où les équilibres marins sont de plus en plus fragilisés.

L’image du couple princier a naturellement attiré les regards, mais l’essentiel se jouait ailleurs. Derrière cette présence très symbolique, la Monaco Blue Initiative 2026 a surtout confirmé le rôle de Monaco comme lieu de dialogue entre science, gouvernance et finance. L’objectif n’est plus seulement d’alerter sur l’état de l’océan, mais de transformer les constats en décisions, en règles communes et en financements capables de changer d’échelle.

Une plateforme de dialogue devenue incontournable

Créée en 2010, la Monaco Blue Initiative s’est imposée comme un rendez-vous singulier dans l’agenda international de l’océan. Son principe est clair : réunir autour d’une même table des scientifiques, des responsables politiques, des organisations internationales, des ONG, des acteurs économiques et des représentants de la société civile, afin de rapprocher les diagnostics, les priorités et les moyens d’action.

Cette méthode prend une importance particulière dans le contexte actuel. La protection de l’océan se heurte encore à une gouvernance morcelée, à des intérêts parfois divergents et à des besoins financiers considérables. Les aires marines protégées, la haute mer, la biodiversité, la pêche, le transport maritime, la pollution ou encore l’économie bleue durable ne peuvent plus être traités séparément. Tout se tient, et c’est précisément ce que cherche à faire émerger la Monaco Blue Initiative : une vision cohérente de l’océan, au-delà des frontières et des silos institutionnels.

L’édition 2026 s’est ainsi concentrée sur plusieurs priorités fortes, parmi lesquelles l’agenda océanique post 2025, la gouvernance dans un monde fragmenté, le financement des solutions et les enjeux liés à l’accord international sur la biodiversité en haute mer. Ces sujets peuvent sembler techniques, mais ils dessinent une question très concrète : qui décide, qui finance et comment garantir que les engagements pris pour l’océan produisent de vrais effets ?

Gouverner l’océan, un défi politique autant qu’environnemental

La mer couvre l’essentiel de la planète, mais sa gouvernance reste l’un des grands défis contemporains. Entre eaux territoriales, zones économiques exclusives et haute mer, les responsabilités se superposent souvent sans toujours se rejoindre. Or, les pressions augmentent : réchauffement, acidification, surpêche, pollutions, artificialisation des littoraux, exploitation des ressources et concurrence croissante des usages.

Dans ce paysage complexe, Monaco défend une approche fondée sur la coopération. La Monaco Blue Initiative ne se contente pas de défendre l’idée d’un océan à préserver. Elle pose aussi la question des instruments nécessaires pour y parvenir. Les discussions autour des aires marines protégées, de la biodiversité au-delà des juridictions nationales ou encore des mécanismes de suivi sont devenues centrales, car les grandes déclarations ne suffisent plus.

Pour être efficace, la protection de l’océan suppose des règles lisibles, des objectifs mesurables et des financements durables. Elle suppose aussi d’associer les États, les entreprises, les chercheurs, les investisseurs et les territoires côtiers. C’est l’un des messages forts de cette édition 2026 : l’océan ne peut plus être gouverné uniquement par la contrainte ou par l’urgence. Il doit aussi entrer dans les stratégies économiques, les politiques publiques et les décisions d’investissement.

Le financement, nerf de la bataille pour l’économie bleue

La Monaco Blue Initiative 2026 a également servi de passerelle vers le Blue Economy and Finance Forum, organisé les 28 et 29 mai au Grimaldi Forum. Cette continuité est loin d’être anecdotique. Elle traduit une évolution majeure du débat océanique : la protection des mers doit désormais trouver des modèles financiers capables de soutenir les projets dans la durée.

Restaurer les écosystèmes, accompagner les pays côtiers, développer une pêche plus durable, accélérer la décarbonation du transport maritime, protéger les récifs ou structurer des filières d’économie bleue ne peut pas reposer uniquement sur des financements publics. Les capitaux privés, les banques, les investisseurs institutionnels, les fonds souverains et la philanthropie sont désormais appelés à jouer un rôle plus important.

Toute la difficulté consiste à orienter ces financements vers des projets réellement utiles, mesurables et compatibles avec la protection du vivant. C’est là que le lien entre gouvernance et finance devient essentiel. Sans cadre clair, les investissements restent dispersés. Sans financements, les ambitions restent théoriques. La force de la séquence monégasque est justement d’avoir réuni ces 2 dimensions : la décision politique et la capacité d’action économique.

Albert II et Charlène, un engagement monégasque très visible

La présence du prince Albert II et de la princesse Charlène a donné une portée particulière à cette édition. Le souverain monégasque est depuis longtemps identifié comme l’une des voix internationales les plus constantes sur les questions océaniques et environnementales. À travers sa fondation, mais aussi par l’engagement historique de Monaco dans les sciences de la mer, il inscrit la Principauté dans une diplomatie environnementale très active.

Aux côtés du prince, la princesse Charlène apporte une visibilité complémentaire à cette cause. Son engagement dans le domaine aquatique, notamment à travers sa fondation et ses actions autour de la prévention de la noyade, de l’éducation par le sport et de la sensibilisation à l’eau, donne à sa présence une dimension plus large qu’un simple rôle protocolaire. À Monaco, l’océan est à la fois un sujet scientifique, politique, économique et humain.

Cette alliance publique du couple princier autour de la Monaco Blue Initiative renforce le message porté par la Principauté : la préservation des océans ne relève plus seulement de la protection de la nature, mais d’un choix de société. Elle touche à la sécurité alimentaire, au climat, aux échanges commerciaux, aux littoraux, aux ressources, à la santé des écosystèmes et à l’avenir de millions de personnes vivant au contact direct de la mer.

Monaco veut faire passer l’océan de l’alerte à l’action

L’intérêt de la Monaco Blue Initiative tient à sa capacité à créer des ponts. Entre la science et la décision politique. Entre les États et les acteurs privés. Entre les grands objectifs internationaux et les moyens concrets pour les atteindre. Cette édition 2026 confirme que Monaco veut occuper une place stratégique dans cette interface, en faisant de la Principauté un laboratoire diplomatique de l’économie bleue durable.

Le défi reste immense. Les signaux envoyés par l’océan sont de plus en plus préoccupants, tandis que les financements restent encore trop faibles au regard des besoins. Mais la dynamique portée à Monaco montre une évolution importante : la protection des mers entre désormais dans le langage de la finance, des politiques publiques et des stratégies économiques.

C’est peut-être là que se joue le véritable enjeu. Sauver l’océan ne se résume plus à multiplier les appels à la mobilisation. Il faut organiser les responsabilités, structurer les financements, soutenir les projets capables de produire des effets concrets et donner aux acteurs publics comme privés les moyens de travailler ensemble. À travers la Monaco Blue Initiative, la Principauté rappelle que l’océan n’est pas seulement un patrimoine à préserver. C’est une condition d’équilibre pour la planète, l’économie mondiale et les générations à venir.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.