
Vainqueur de la Mini Transat en 2001 puis du Vendée Globe en 2021, le marin rochelais accompagnera la prochaine génération de solitaires au départ de La Rochelle, le 12 septembre 2027.
Il y a des courses qui marquent une carrière. Et d’autres qui continuent d’habiter les marins longtemps après leur arrivée. Pour Yannick Bestaven, la Mini Transat est de celles-là. Vainqueur de l’épreuve en 2001, il sera le parrain de la Mini Transat Legallais 2027, qui s’élancera de La Rochelle le 12 septembre prochain pour renouer avec un parcours historique jusqu’à Salvador de Bahia, au Brésil. Un choix qui fait particulièrement écho à son histoire personnelle : en 2001, Yannick Bestaven s’était imposé dans cette même course, alors partie de La Rochelle et arrivée à Salvador de Bahia.
« La Mini est toujours très présente dans ma tête », confie aujourd’hui le vainqueur du Vendée Globe 2020-2021. Plus de 25 ans après sa victoire, cette première traversée de l’Atlantique en solitaire reste un souvenir fondateur pour le marin, mais aussi une étape déterminante dans sa trajectoire.
« La course qui m’a ouvert la voie de la course au large »
À l’époque, Yannick Bestaven n’est pas encore le marin reconnu qu’il deviendra. Avec son ami Arnaud Boissières, « Cali », il choisit même de construire son propre bateau pour prendre le départ de la Mini Transat. Une expérience qui résume, à ses yeux, tout ce qui fait la singularité de cette course : la découverte, la technologie, l’aventure et le voyage, mais aussi une première confrontation avec l’immensité de l’océan.
« La Mini Transat représente tout pour moi puisque c’est par elle que j’ai commencé. Elle m’a ouvert la voie de la course au large. Ça a été la course de la découverte. Mais aussi la course de la technicité puisque, avec mon ami Cali, nous avions décidé de construire notre bateau. Cette Mini a aussi été symbole d’aventure et de voyage car c’était en 2001 et l’arrivée était à Salvador de Bahia. Pour la première fois de son histoire, la Mini nous faisait passer par le Pot au Noir » complète le Rochelais.
La Mini Transat Legallais qui fêtera l’année prochaine ses 50 ans, reste cette porte d’entrée unique vers la course au large. À bord d’un voilier de seulement 6,50 mètres, les marins s’engagent dans une traversée de l’Atlantique sans assistance ni routage, avec des moyens de communication volontairement limités. Une expérience qui oblige chacun à apprendre à tout gérer seul : la navigation, la météo, la stratégie, la technique… et la solitude. « Pour moi, c’est la plus belle des courses car c’est la première quand on entre en course au large. Et puis, c’est la seule où tu navigues vraiment en solitaire. Tu ne communiques avec personne ou juste avec la VHF. C’est très limité. C’est un vrai isolement »
Cette dimension explique aussi pourquoi la Mini Transat occupe une place si particulière dans le parcours de nombreux marins. Beaucoup y ont fait leurs premières armes avant de rejoindre les plus grandes classes de la course au large.
Un parrain en écho au parcours de 2027
La Rochelle elle-même est intimement liée à cette histoire et accueillera de nouveau l’épreuve en 2027 et 2029. Le choix de Yannick Bestaven comme parrain prend donc une dimension particulière pour cette édition 2027, qui marque un véritable retour aux sources.
Le départ sera donné à la ville blanche, avant une première étape vers les Canaries puis une traversée de l’Atlantique jusqu’à Salvador de Bahia. Cette destination brésilienne avait accueilli six éditions consécutives de la Mini Transat entre 2001 et 2011.
C’est précisément sur ce parcours que Yannick Bestaven avait construit sa première grande victoire océanique. Depuis, le Rochelais a parcouru un long chemin. Il a notamment remporté plusieurs grandes courses transatlantiques avant de s’imposer dans le Vendée Globe 2020-2021, devenant l’un des grands noms de la course au large française. Il vit à La Rochelle, où il poursuit ses projets véliques et entrepreneuriaux. Mais malgré les années, la Mini reste là. « Cette course représente beaucoup, beaucoup, beaucoup pour moi. Elle est toujours très présente dans ma tête et pourtant, ça commence à dater ! »
« Je suis vraiment super content d’être le parrain »
En 2027, Yannick Bestaven vivra donc la Mini Transat Legallais depuis l’autre côté de la ligne de départ. Avec un regard forcément différent, mais une proximité intacte avec les 90 marins qui s’apprêtent à vivre, eux aussi, leur première grande aventure océanique. « Je suis vraiment super content d’être le parrain de la prochaine édition. Je suis ravi qu’on ait pensé à moi. C’est génial de renouer avec ce parcours vers Salvador de Bahia, un parcours qui a vraiment fait son histoire et sa réputation. Et c’est formidable que la course s’installe à nouveau à La Rochelle. Ça va être un très bel événement partagé avec les Rochelais, un événement festif. »
Le 12 septembre 2027, ils seront ainsi des dizaines à quitter La Rochelle avec le même rêve : traverser l’Atlantique en solitaire à bord d’un Mini 6,50. Pour certains, ce sera l'aboutissement de plusieurs années de préparation. Pour d’autres, le début d’une carrière. Pour Yannick Bestaven, ce sera surtout l’occasion de partager, d’encourager et de faire remonter quelques-uns des plus beaux souvenirs de sa carrière de marin.
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