La sécheresse écourte la saison sur le canal de Nantes à Brest. En Loire-Atlantique, la navigation prendra fin dès le 4 octobre 2026, soit trois semaines avant la date initialement prévue. En cause : des réserves en eau devenues insuffisantes après un été marqué par les fortes chaleurs et un déficit hydrique persistant.

La saison devait se poursuivre jusqu’au 25 octobre. Les plaisanciers devront finalement quitter le canal bien plus tôt que prévu. Le Département de Loire-Atlantique a annoncé la fermeture de la navigation le dimanche 4 octobre 2026 à 18 heures, entre l’écluse de Quiheix, à Nort-sur-Erdre, et celle des Bellions, à Fégréac.
Une décision directement liée aux conditions climatiques de ces derniers mois et, surtout, au niveau des réserves du réservoir de Vioreau, indispensable au fonctionnement d’une partie du canal.
Un été déjà compliqué pour la navigation
Cette fermeture anticipée n’arrive pas vraiment comme une surprise. Depuis plusieurs semaines, les conséquences de la sécheresse se font déjà sentir sur la voie d’eau. Le 20 août, le Département avait ainsi été contraint de suspendre le service d’éclusage entre Guenrouët et Saint-Nicolas-de-Redon. Trois ouvrages étaient concernés : les écluses de Melneuf, des Bellions et de la Digue. Les niveaux étaient devenus trop faibles pour assurer normalement leur alimentation en eau.
Sur une autre portion, entre les écluses du Gué de l’Atelier et de Melneuf, le tirant d’eau avait également été limité à 0,90 mètre. Entre Nort-sur-Erdre et Guenrouët, la navigation restait possible, mais les bateaux étaient regroupés autant que possible lors des passages d’écluses afin d’économiser la ressource. Des mesures qui témoignaient déjà d’une situation tendue.
400 m³ d’eau pour le passage d’une écluse
Car sur un canal, naviguer ne dépend pas seulement de la profondeur disponible sous la coque. Chaque franchissement d’écluse nécessite une quantité importante d’eau.
En Loire-Atlantique, environ 400 m³ sont nécessaires à chaque passage d’une écluse, selon le Département. Lorsque les bateaux sont peu nombreux, les regrouper permet donc de limiter le nombre de manœuvres et d’économiser une ressource devenue précieuse.
Le fonctionnement du canal repose notamment sur le réservoir de Vioreau, au nord de Nantes. L’eau y est acheminée jusqu’au bief de partage par une rigole d’alimentation longue de 21,3 kilomètres. Contrairement à une rivière naturelle, le canal doit en effet composer avec différents niveaux successifs, reliés par ses nombreuses écluses. Lorsque les réserves diminuent, maintenir la navigation revient donc à puiser davantage dans une ressource déjà fragilisée.
Une saison amputée de trois semaines
Dans des conditions normales, la navigation sur cette partie du canal se poursuit jusqu’à la fin du mois d’octobre, avant la traditionnelle fermeture hivernale consacrée notamment aux travaux d’entretien et de restauration.
Pour 2026, les bateaux pouvaient initialement circuler du 3 avril au 25 octobre. La nouvelle échéance du 4 octobre fait perdre trois semaines de navigation aux plaisanciers.
La mesure concerne la portion du canal gérée par le Département de Loire-Atlantique. Celle-ci représente environ 95 kilomètres entre Nantes et Saint-Nicolas-de-Redon, en empruntant d’abord l’Erdre, et compte 18 écluses.
La sécheresse impose de plus en plus son calendrier
Au-delà de cette fermeture anticipée, l’épisode illustre la vulnérabilité des voies navigables face aux périodes prolongées de sécheresse. Sur le canal de Nantes à Brest, les restrictions se sont ainsi accumulées au fil de l’été, à mesure que les niveaux baissaient.
Pour les plaisanciers souhaitant encore profiter des dernières semaines de navigation, la prudence reste donc de mise. Les conditions peuvent varier selon les secteurs et le Département recommande de consulter les avis aux usagers avant tout départ. Cette année, ce ne sera donc pas le calendrier qui donnera le signal de la fin de saison sur le canal, mais bien le niveau de l’eau.
vous recommande