
Quatre ans après sa deuxième place en Class40, Ambrogio Beccaria retrouve la Route du Rhum – Destination Guadeloupe avec de nouvelles ambitions. À bord de son IMOCA Allagrande Mapei, le skipper italien entend jouer les premiers rôles sur cette 13e édition, dont le départ sera donné le 1er novembre à Saint-Malo. Fort d'une saison prometteuse et d'une préparation intensive, il ne cache pas son envie de victoire.
Ambrogio Beccaria est de retour à Saint-Malo. Arrivé dans la nuit du 20 au 21 octobre à bord d'Allagrande Mapei, le navigateur italien s'apprête à disputer sa deuxième Route du Rhum, mais sa première dans la catégorie IMOCA. Un nouveau défi pour celui qui avait marqué l'édition 2022 en décrochant la deuxième place en Class40.
Depuis, le skipper a franchi un cap. Passé en IMOCA en 2025, il a progressivement pris ses marques sur un monocoque à foils, bien plus puissant et exigeant que son précédent bateau. Et cette fois, il ne vient pas simplement pour découvrir la course. « La Route du Rhum, c’est une course importante. Il ne faut pas se cacher derrière un plan plus grand en se disant que ce n’est pas très important parce que c’est une étape vers le Vendée Globe 2028. J’ai vraiment envie d’y aller à fond », affirme-t-il.
Un IMOCA transformé pour viser les avant-postes
Pour se donner les moyens de ses ambitions, Ambrogio Beccaria et son équipe ont consacré une grande partie de l'année à l'optimisation d'Allagrande Mapei. Après un important chantier hivernal, le bateau a notamment été équipé de nouveaux foils V3, destinés à améliorer ses performances. Ces évolutions ont rapidement porté leurs fruits. Cette saison, Ambrogio Beccaria est devenu le premier Italien à remporter une course en solitaire en IMOCA en s'imposant sur la Vendée Arctique. Une performance suivie, en septembre, d'une deuxième place sur les 48H du Défi Azimut.
Deux résultats qui confirment sa capacité à rivaliser avec les meilleurs skippers de la classe, malgré une concurrence particulièrement relevée et des bateaux parfois plus récents que le sien.
Mais au-delà des performances, ces courses lui ont surtout permis d'accumuler de l'expérience. Réglages, choix de trajectoire, gestion des voiles et maîtrise du bateau en solitaire : autant de paramètres qu'il faudra parfaitement gérer lors de la traversée de l'Atlantique. « Avec l'équipe on avait envie de se donner tous les moyens possibles pour essayer de la gagner. Donc forcément, ça met un peu de pression », reconnaît le navigateur.
Une préparation intensive avant le grand départ
Depuis le Défi Azimut, le programme d'Allagrande Mapei n'a laissé que peu de place au repos. Navigations en solitaire, entraînements au contact d'autres IMOCA, sorties en équipage avec les techniciens ou encore séances en « faux solo » : Ambrogio Beccaria a multiplié les heures en mer pour pousser sa préparation aussi loin que possible. Une dernière sortie d'eau a également permis à l'équipe technique de procéder à une série de contrôles, afin de s'assurer de la fiabilité du bateau avant la transatlantique.
« Je n’ai jamais autant navigué sur un bateau avant de partir sur une course comme ça. J’ai l’impression qu’on a fait plein de choses pour améliorer le bateau, pour que je le connaisse mieux, que je le manie bien, qu’il soit fiable. Je me sens super prêt », confie-t-il.
Cette préparation contraste avec celle de sa première Route du Rhum, disputée en 2022 sur un Class40 neuf qu'il connaissait encore peu. Aujourd'hui, le skipper bénéficie d'un projet plus mature et d'une équipe avec laquelle il travaille depuis plusieurs saisons.
Reste désormais à transformer cette préparation en performance. Sur une course aussi exigeante que la Route du Rhum, la moindre erreur peut coûter cher. Un changement de voile trop tardif, une mauvaise option météo ou un problème technique peuvent rapidement bouleverser le classement.
Une deuxième Route du Rhum, mais une ambition bien différente
Quatre ans après sa première participation, Ambrogio Beccaria sait davantage à quoi s'attendre. Et cette expérience ne rend pas nécessairement la perspective de la traversée plus rassurante. « La première fois que je l’ai faite, il y a quatre ans, j’étais très préoccupé de ne pas savoir ce que c’était, la Route du Rhum. Là, je sais ce que c’est. Et du coup, ce n’est pas plus relaxant, parce que je sais que c’est très engagé », explique-t-il.
Si le Vendée Globe 2028 demeure l'objectif à long terme de son projet, le navigateur refuse de considérer cette transatlantique comme une simple étape de préparation. La Route du Rhum constitue un rendez-vous majeur de sa saison, avec un objectif clairement affiché : se battre pour la victoire. Il pourra notamment s'appuyer sur la confiance acquise lors de ses dernières courses et sur une connaissance approfondie de son IMOCA. Deux atouts précieux pour affronter une traversée où la vitesse pure ne suffit pas et où la régularité, la stratégie et la gestion de l'effort font souvent la différence.
Dernière ligne droite à Saint-Malo avant le départ du 1er novembre
Désormais amarré à Saint-Malo, Allagrande Mapei restera à quai jusqu'au samedi 31 octobre. Les prochains jours seront consacrés aux dernières vérifications techniques, mais aussi aux rencontres avec le public, les partenaires et les médias. Ambrogio Beccaria participera notamment à la conférence de presse des skippers italiens, organisée le jeudi 29 octobre à 18 h, quai du Bajoyer. Cette année, les navigateurs italiens représentent d'ailleurs le contingent étranger le plus important de la Route du Rhum.
Le samedi 31 octobre, Allagrande Mapei quittera le bassin à l'occasion de la sortie des écluses programmée à 11 h 08. Le lendemain, dimanche 1er novembre, à 13 h 02, Ambrogio Beccaria prendra le départ de la 13e Route du Rhum – Destination Guadeloupe.
À quelques jours de retrouver l'Atlantique en solitaire, le skipper italien semble déjà entièrement tourné vers la course. « En vrai, ma tête est partie », glisse-t-il. Une impatience qui en dit long sur son état d'esprit : quatre ans après avoir terminé sur la deuxième marche du podium en Class40, Ambrogio Beccaria revient avec un bateau différent, une expérience renforcée et la ferme intention de se mêler à la bataille pour la victoire en IMOCA.
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