
4e de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe en Ocean Fifty ce mercredi au nord des Açores, Baptiste Hulin sur Viabilis Océans, enchaîne les manœuvres dans une météo particulièrement exigeante, au cœur d’une course aussi physique que stratégique. À une cinquantaine de milles du leader Basile Bourgnon, il ferraille avec Pierre Quiroga et Léonard Legrand, deux copains de régate avec lesquels ils ne se lâchent pas d’une semelle. Et malgré l’intensité de ce début de transatlantique, le moral est au beau fixe !
Dix empannages en 24 heures : ça tricote à mailles serrées
Coincé dans un étroit couloir de vent de nord-nord-est, entre deux zones de calme, Baptiste Hulin n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Dix empannages en 24 heures ! Il faut sans cesse ajuster la trajectoire pour conserver de la pression dans les voiles, tout en gardant suffisamment d’énergie pour tenir la distance. Car à ce petit jeu, la lucidité compte autant que la vitesse. Les chavirages de Matthieu Perraut hier soir, d’Armel Le Cléac’h ce mercredi et de Francis Joyon lundi rappellent aussi combien ces multicoques, quelle que soit leur taille, exigent une vigilance de chaque instant.
Pour autant, Baptiste garde le sourire. Ce mercredi midi, il savourait même la proximité de ses camarades de jeu, Pierre Quiroga et Léonard Legrand, avec lesquels il se tient en huit petits milles, à une cinquantaine de milles du premier. « C’est incroyable de se retrouver entre copains au milieu de l’Atlantique. En plus, il y a Corentin Horeau en IMOCA à côté de nous. On avait terminé 2e de la Route des Terre-Neuvas ensemble. C’est vraiment chouette ! » racontait-il dans une vidéo envoyée du bord.
Et si la fatigue commence forcément à peser après plusieurs jours de course, le skipper de Viabilis Océans semble avoir trouvé son rythme. « La nuit a été bonne, j’ai mangé et dormi. Ça fait du bien ! J’ai perdu un peu sur certains angles, mais il reste beaucoup de milles encore, ce n’est que le début de la partie d’échecs. On pousse les bateaux à 100 %, ce début de Rhum est intense pour tout le monde. Il n’y a pas la récompense des alizés au bout, mais c’est la vie qu’on a choisi de mener, c’est le jeu et tout va bien pour moi en mer ! »
Front à venir
À terre, Thomas Rouxel et Gilles Favennec, chargés du routage de Viabilis Océans, ont eux aussi fort à faire. Car le couloir de vent dans lequel progressent les premiers Ocean Fifty se rétrécit à mesure qu'ils descendent vers le sud. Et une grosse dépression arrive par l’ouest, avec un front tonique à négocier dans les prochaines heures.
« Les premiers Ocean Fifty naviguent dans un couloir, mais plus on descend, plus ce couloir diminue. C’est en fait une course-poursuite pour garder du vent. Une grosse dépression arrive de l’ouest. Ils vont continuer leur descente jusqu’à ce soir. Cette nuit, le vent va passer à l’ouest, puis après le front, ils toucheront du nord-ouest. Ils navigueront à 90° du vent par 25 nœuds. Quelques heures inconfortables s’annoncent demain matin. Leur route restera proche de l’orthodromie, de la route directe donc » explique Thomas Rouxel.
Le routage demande lui aussi une attention permanente. « Il y a un gros travail de stratégie. On ne dort pas assez - comme ceux qui sont en mer - mais on est contents. On est là où on voulait être et Baptiste a l’air en forme ! », souligne Thomas Rouxel.
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