Le saviez-vous ? Il y a des câbles sous-marins qui parcourent les océans du monde

Culture nautique

On les imagine rarement, et pourtant ils soutiennent l’essentiel de notre vie numérique. Posés sur les fonds marins, enfouis près des côtes, réparés lorsqu’ils sont endommagés, les câbles sous-marins forment une infrastructure aussi discrète que stratégique. Ce réseau invisible relie les continents, transporte l’immense majorité des échanges de données internationaux et rappelle qu’Internet n’a rien d’un nuage abstrait : il passe, très concrètement, par les océans.

On les imagine rarement, et pourtant ils soutiennent l’essentiel de notre vie numérique. Posés sur les fonds marins, enfouis près des côtes, réparés lorsqu’ils sont endommagés, les câbles sous-marins forment une infrastructure aussi discrète que stratégique. Ce réseau invisible relie les continents, transporte l’immense majorité des échanges de données internationaux et rappelle qu’Internet n’a rien d’un nuage abstrait : il passe, très concrètement, par les océans.
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L’infrastructure invisible qui tient Internet debout
Quand on envoie un mail, qu’on regarde une série en streaming, qu’on passe un appel vidéo ou qu’on consulte un site hébergé à l’autre bout du monde, on pense souvent satellites, réseaux mobiles ou wifi. En réalité, la colonne vertébrale d’Internet se trouve surtout au fond des mers. L’Union internationale des télécommunications rappelle que les câbles sous-marins transportent plus de 99 % des échanges internationaux de données. En 2025, TeleGeography estimait à plus de 1,48 million de kilomètres la longueur des câbles en service dans le monde.  Le maillage est colossal. La carte 2026 de TeleGeography recense 694 systèmes de câbles et 1 893 stations d’atterrissement, c’est à dire les points où ces liaisons rejoignent la terre ferme. Autrement dit, presque tous les littoraux connectés au monde participent à cette géographie discrète mais essentielle des télécommunications mondiales.

 

Des câbles bien réels, loin de l’image d’un Internet immatériel
Le mot “câble” peut sembler rudimentaire face à la sophistication du numérique, et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit. Les câbles sous-marins modernes utilisent la fibre optique : des signaux lumineux circulent dans des fibres de verre extrêmement fines, protégées par plusieurs couches d’isolants et, selon les zones, par un blindage renforcé. Pour l’essentiel de leur trajet au large, ils n’ont rien de gigantesque : TeleGeography explique qu’ils sont généralement aussi épais qu’un tuyau d’arrosage, tandis que les fibres qui transportent l’information ont à peu près l’épaisseur d’un cheveu humain. Leur installation varie selon la profondeur. Près des côtes, là où les activités humaines sont les plus nombreuses, les câbles sont enfouis sous les fonds marins pour être protégés. En haute mer, ils reposent directement sur le plancher océanique, après des études de tracé destinées à éviter les zones les plus exposées aux risques naturels ou aux activités maritimes.

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Une histoire ancienne, devenue cruciale pour l’économie mondiale
Ces liaisons ne datent pas de l’ère des plateformes et de l’intelligence artificielle. Leur histoire remonte au télégraphe. Le premier câble transatlantique abouti est posé en 1858 entre l’Amérique du Nord et l’Europe, même si cette première prouesse reste de courte durée. À l’époque, il ne s’agissait pas encore de transporter des vidéos ou des données bancaires en temps réel, mais déjà de réduire brutalement le temps de circulation de l’information entre les continents. Ce qui a changé, c’est l’échelle de la dépendance. Aujourd’hui, ces câbles ne servent pas seulement aux télécommunications classiques. Ils soutiennent les transactions financières, les services cloud, les communications gouvernementales, le streaming, les usages mobiles et une grande partie de l’activité économique mondialisée. L’UIT insiste d’ailleurs sur leur rôle critique pour les services essentiels et pour la résilience numérique des États.

Des infrastructures vulnérables, malgré leur apparente robustesse
Ces artères du numérique sont solides, mais pas invulnérables. L’ICPC et l’UIT évoquent en moyenne 150 à 200 pannes par an dans le monde, soit environ 3 réparations par semaine. Les causes sont souvent beaucoup moins spectaculaires qu’on l’imagine : matériel de pêche, ancrage de navires, abrasion, vieillissement, ou encore événements naturels comme les séismes sous-marins. TeleGeography résume la situation de façon très claire : la plupart des ruptures proviennent d’agressions extérieures, notamment la pêche, l’ancrage et certaines catastrophes naturelles. Les ancres traînées représentent à elles seules environ 30 % des incidents annuels, selon l’ICPC. Ce type de dommage peut coûter très cher, provoquer plusieurs coupures à la fois et mobiliser des navires spécialisés pendant des jours, voire davantage selon la localisation de la panne.

 

Un enjeu géopolitique autant que technique
Les câbles sous-marins ne sont plus seulement l’affaire des opérateurs télécoms historiques. TeleGeography souligne que les grands groupes du numérique, comme Google, Meta, Microsoft ou Amazon, figurent désormais parmi les investisseurs majeurs dans les nouveaux projets. Ce basculement dit beaucoup de la valeur stratégique de ces liaisons : contrôler les routes de données, c’est aussi sécuriser des usages, des marchés et des capacités d’échange à l’échelle mondiale.  C’est aussi pour cela que la question de leur protection est montée en puissance. L’UIT a renforcé ses travaux sur la résilience de ces infrastructures, en soulignant que la connectivité internationale dépend d’un réseau qui reste physiquement exposé, dispersé sur des milliers de kilomètres et parfois concentré dans quelques points de passage sensibles. 
Les câbles sous-marins rappellent finalement une chose très simple : le monde numérique repose sur des objets bien concrets. Sous les océans, loin des regards, ils dessinent une autre carte du globe, faite de routes techniques, d’enjeux industriels et de dépendances stratégiques. On parle souvent d’un Internet dématérialisé. En réalité, il est posé sur le fond des mers. 
 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.