Apercevoir un aileron ou une silhouette imposante sous l’eau suffit à provoquer un sérieux coup d’adrénaline. Pourtant, lorsqu’un requin apparaît près d’un baigneur, la panique est précisément la réaction à éviter. En France métropolitaine, une telle rencontre reste exceptionnelle et ne signifie pas nécessairement que l’animal représente une menace. Alors, si la situation se présente, comment réagir ?

Première règle : rester calme
C’est évidemment plus facile à dire depuis la plage qu’une fois dans l’eau. Pourtant, le premier réflexe doit être de limiter les mouvements brusques. Battre frénétiquement des jambes, éclabousser ou tenter de rejoindre le rivage dans une nage désordonnée n’est pas la meilleure stratégie. Lorsqu’un requin est aperçu, les recommandations utilisées par les spécialistes consistent au contraire à rester aussi calme que possible et à observer son comportement. Dans de nombreux cas, l’animal est simplement de passage ou curieux et poursuit sa route. L’objectif est donc simple : ne pas transformer une rencontre en interaction.
Ne pas perdre le requin de vue
Si l’animal reste à proximité, mieux vaut savoir où il se trouve. On garde donc le requin dans son champ de vision tout en commençant à se rapprocher calmement du bord, d’un bateau ou de tout autre point permettant de sortir de l’eau. Pas question de chercher à le suivre, de s’en approcher pour le filmer ou de tenter de le toucher. Même lorsqu’il paraît calme, un requin reste un animal sauvage dont il est impossible de prévoir parfaitement la réaction.
Si plusieurs personnes sont dans l’eau, mieux vaut également rester groupées plutôt que de partir chacune dans une direction différente.
Rejoindre la plage sans partir dans un sprint aquatique
Le rivage est proche ? Il faut regagner la terre ferme, mais progressivement. On nage de manière régulière, sans agitation excessive, tout en continuant à surveiller l’animal. Si l’eau permet déjà d’avoir pied, sortir calmement est préférable à une course accompagnée de grandes éclaboussures. Une fois hors de l’eau, il faut prévenir les autres baigneurs et, sur une plage surveillée, avertir immédiatement les sauveteurs. Ce signalement peut permettre de faire évacuer temporairement la zone et surtout d’identifier ce qui a réellement été observé.
Et si le requin s’approche franchement ?
La situation change si l’animal ne se contente plus de passer et adopte un comportement insistant, revient à plusieurs reprises ou réduit nettement la distance. Dans ce cas, il faut continuer à lui faire face autant que possible et chercher à sortir de l’eau. L’idée n’est toujours pas de provoquer l’animal. En revanche, si un contact ou une attaque devient imminent, il faut se défendre.
Un objet disponible – planche, palmes ou équipement de plongée – peut servir à maintenir une distance. En dernier recours, face à une attaque, il faut viser les zones sensibles, notamment les yeux et les branchies, plutôt que de rester passif. Il s’agit toutefois du scénario extrême. Une simple observation d’un requin nageant à proximité ne doit pas être interprétée automatiquement comme le début d’une attaque.
Peut-on réellement rencontrer un requin sur les côtes françaises ?
Oui. Les requins ne sont pas réservés à l’Australie, à l’Afrique du Sud ou aux eaux tropicales. Ils sont présents dans tous les grands océans, y compris en Atlantique et en Méditerranée. Plus de 500 espèces sont répertoriées à travers le monde et leurs tailles comme leurs comportements sont extrêmement variables. Certaines espèces fréquentant les eaux françaises sont d’ailleurs impressionnantes sans être des prédatrices de baigneurs. Le requin-pèlerin, par exemple, peut atteindre plusieurs mètres mais se nourrit essentiellement de plancton. D’autres espèces pélagiques évoluent davantage au large. Les requins constituent ainsi une composante naturelle des écosystèmes marins français, même si la probabilité d’en rencontrer un pendant une baignade classique en métropole reste extrêmement faible.
Méditerranée : des requins bien présents, mais rarement près des baigneurs
La Méditerranée abrite elle aussi différentes espèces de squales. On y rencontre notamment le requin bleu, espèce pélagique qui fait d’ailleurs l’objet de travaux scientifiques dans la partie occidentale du bassin. Le fait que des requins vivent en Méditerranée ne signifie donc pas qu’ils fréquentent régulièrement les plages. Beaucoup évoluent au large ou à des profondeurs qui rendent les rencontres avec les baigneurs inhabituelles. Voir un requin depuis un bateau et en croiser un à quelques dizaines de mètres de la serviette de plage sont deux réalités très différentes.
Attention : « en France » ne signifie pas partout le même niveau de risque
Il faut en revanche distinguer très clairement la métropole de certains territoires ultramarins. À La Réunion, la problématique requin possède une histoire et un contexte particuliers. Une succession d’accidents impliquant notamment des requins bouledogues et tigres a conduit les autorités à mettre en place des dispositifs spécifiques de prévention et des restrictions sur certaines activités nautiques. Les travaux scientifiques consacrés à la région montrent que la situation réunionnaise ne peut pas être transposée aux plages de métropole.
La Nouvelle-Calédonie possède également son propre contexte. Une étude recensant les attaques entre 1958 et 2020 fait état de plusieurs dizaines d'incidents, concernant différentes activités nautiques, dont la baignade et le snorkeling. Autrement dit, avant de se baigner dans un territoire où le risque requin fait l’objet d’une surveillance particulière, les consignes locales priment toujours sur les recommandations générales.
Quelques précautions simples avant d’entrer dans l’eau
Même lorsque le risque est minime, quelques habitudes relèvent du bon sens. Sur une plage inconnue, privilégier une zone de baignade autorisée et surveillée permet notamment de bénéficier d’informations locales et d’une intervention rapide en cas de problème. Si une alerte est diffusée ou si les sauveteurs demandent de sortir de l’eau, inutile d’attendre de voir soi-même l’animal pour obéir. De même, après l’observation confirmée d’un requin à proximité d’une plage, mieux vaut laisser aux professionnels le soin d’évaluer la situation avant de retourner nager. Enfin, un animal aperçu au large ne doit jamais devenir une attraction à rejoindre à la nage, en paddle ou en snorkeling pour obtenir une vidéo spectaculaire.
Requin aperçu : les réflexes à retenir
En pratique, la conduite à tenir tient en quelques principes : garder son calme, éviter les mouvements désordonnés, maintenir l’animal dans son champ de vision, rester groupé si possible et rejoindre progressivement un endroit sûr. Une fois à terre, il faut signaler l’observation aux sauveteurs ou aux autorités locales en indiquant le lieu, l’heure, la distance approximative, la taille supposée de l’animal et son comportement.
Et surtout, il faut garder une notion essentielle en tête : voir un requin ne signifie pas être attaqué par un requin. Ces prédateurs occupent naturellement les mers et océans français et jouent un rôle important dans leur fonctionnement écologique. À l’échelle mondiale, beaucoup d’espèces sont d’ailleurs davantage menacées par les activités humaines et la surpêche que l’être humain ne l’est par elles. La bonne attitude consiste donc à remplacer la panique par la prudence : prendre ses distances, sortir tranquillement de l’eau et laisser l’animal poursuivre sa route.
Et, avant de partir en mer ou de vous rendre sur une plage, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.
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