Tourisme sous contrôle : comment obtenir un permis pour plonger à Sipadan, joyau protégé de Bornéo

Plongée
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Classée parmi les plus beaux sites de plongée de la planète, l’île malaisienne de Sipadan limite son accès à 120 plongeurs par jour. Un quota strict qui rend l’expérience aussi rare que spectaculaire. Voici comment espérer obtenir le précieux permis.

Classée parmi les plus beaux sites de plongée de la planète, l’île malaisienne de Sipadan limite son accès à 120 plongeurs par jour. Un quota strict qui rend l’expérience aussi rare que spectaculaire. Voici comment espérer obtenir le précieux permis.

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Sipadan, un sanctuaire sous haute protection

Au large de la côte est de Bornéo malaisien, dans l’État de Sabah, Sipadan surgit de la mer des Célèbes comme un piton isolé posé sur un tombant abyssal. Contrairement à la plupart des îles coralliennes de la région, elle repose sur un ancien volcan dont les parois plongent brutalement à plus de 600 m de profondeur. Cette configuration unique explique la richesse biologique du site. Les bancs de barracudas en spirale, les requins de récif, les tortues vertes et imbriquées, les carangues et les poissons perroquets à bosse composent un tableau sous-marin d’une densité rare. La réputation de Sipadan s’est construite sur cette concentration spectaculaire de vie, au point de devenir une référence mondiale pour les plongeurs confirmés. Mais ce succès a rapidement nécessité des mesures radicales.

Une réglementation drastique depuis 2004

Face à la pression touristique croissante, les autorités malaisiennes ont décidé en 2004 de fermer tous les hébergements situés sur l’île. Sipadan est désormais une réserve intégrale, sans possibilité de nuitée. L’accès est strictement limité à 120 plongeurs par jour. Aucun permis ne peut être acheté directement sur place. Le système repose sur un quota réparti entre les centres de plongée agréés basés principalement à :
•    Mabul
•    Kapalai
•    Semporna
Chaque structure dispose d’un nombre déterminé de permis quotidiens qu’elle attribue à ses clients selon ses propres critères internes.

 

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Anticiper, réserver, clarifier
La règle est simple : sans réservation préalable dans un centre autorisé, il n’y a aucune chance d’accéder à Sipadan. La plupart des opérateurs exigent un séjour de plusieurs nuits, généralement entre 3 et 5 minimum, incluant un forfait plongée. Même dans ce cadre, une journée à Sipadan n’est pas toujours garantie. Les centres fonctionnent souvent par rotation : un séjour de 4 ou 5 nuits donne accès à 1 journée sur l’île, parfois 2 selon la disponibilité des quotas. Il est donc essentiel de poser une question précise avant toute réservation : combien de jours de plongée à Sipadan sont inclus et garantis dans le forfait ? En haute saison, les permis peuvent être attribués plusieurs mois à l’avance. L’anticipation devient un élément clé du projet.

Peut-on augmenter ses chances ?
Certaines stratégies permettent d’optimiser ses probabilités sans jamais les assurer totalement. Séjourner plus longtemps augmente mécaniquement la possibilité d’obtenir au moins une journée à Sipadan. Voyager hors périodes de forte affluence peut également jouer en faveur du plongeur, même si la destination reste demandée toute l’année. Enfin, certains centres historiques disposent d’un quota plus conséquent que les petites structures. Le choix de l’opérateur peut donc influencer le résultat.

 

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Le jour de la plongée : un protocole précis
Les départs s’effectuent tôt le matin depuis Mabul ou Kapalai. La traversée dure environ 20 à 40 minutes selon les conditions de mer. À l’arrivée, l’enregistrement est obligatoire : vérification des permis, inscription nominative et contrôle strict du nombre de plongeurs. L’organisation est rigoureuse et aucune exception n’est tolérée. Chaque plongeur peut effectuer 2 à 3 immersions dans la journée avant de quitter l’île en début d’après-midi. Les sites emblématiques tels que Barracuda Point, South Point ou le célèbre Drop Off proposent des profils souvent engagés, avec des tombants vertigineux et des courants parfois soutenus. Un niveau intermédiaire à avancé est recommandé pour profiter pleinement des conditions.

Quel budget prévoir ?
Un séjour de 4 à 5 nuits incluant hébergement, repas et forfait plongée autour de Mabul ou Kapalai s’établit généralement entre 1 000 et 1 500 €, hors vols internationaux. Les vols s’organisent via Kuala Lumpur, puis Tawau, avant un transfert routier vers Semporna. Le permis de Sipadan est inclus dans les forfaits, mais c’est lui qui constitue la véritable valeur de l’expérience.

Une rareté devenue modèle de gestion durable
La limitation à 120 plongeurs par jour est aujourd’hui considérée comme un exemple de régulation réussie en Asie du Sud-Est. Contrairement à d’autres spots surexploités, Sipadan a conservé une biodiversité exceptionnelle et une atmosphère préservée. Obtenir l’un des précieux permis demande organisation et patience. Mais pour ceux qui font partie des 120 autorisés, l’immersion ne se résume pas à une simple plongée : elle devient l’accès privilégié à l’un des écosystèmes marins les plus spectaculaires de la planète.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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