
Un quota 2026 bien défini pour la France
La base de la réglementation tient d’abord au quota national. L’arrêté du 25 février 2026 fixe à 7 833 tonnes le quota de thon rouge accordé à la France pour l’année 2026 dans la zone Atlantique Est et Méditerranée. Dans cet ensemble, 6 971,4 tonnes reviennent aux navires immatriculés en Méditerranée, 783,3 tonnes aux navires immatriculés en Atlantique et 78,3 tonnes sont affectées collectivement à la pêche de loisir. Cette enveloppe de 78,3 tonnes ne correspond pas à un droit individuel accordé aux plaisanciers. Elle constitue un volume global pour l’ensemble de la pêche récréative française. La logique est simple : les captures de loisir sont autorisées, mais elles doivent rester dans une limite collective, suivie au fil de la campagne.
Une pêche de loisir toujours possible, mais sous autorisation
Le thon rouge ne fait pas partie des espèces que l’on peut cibler librement comme n’importe quelle autre prise de loisir. En France, cette pêche repose sur une autorisation spécifique délivrée par navire dans le cadre d’une campagne annuelle. Le dernier texte complet publié sur Légifrance pour encadrer concrètement cette pêche est l’arrêté du 26 mars 2025, qui organise la campagne 2025 et rappelle le caractère strictement non commercial de la pêche de loisir du thon rouge. Un poisson capturé dans ce cadre ne peut donc pas être vendu.
Le cadre 2026 est déjà clair sur le quota national. Pour les modalités détaillées de campagne, le dernier texte de référence publié reste celui de 2025, qui permet de comprendre très concrètement comment s’articulent les autorisations, les périodes et les obligations applicables à cette pêcherie de loisir.
Deux pratiques distinctes selon la campagne : relâcher ou conserver
Le dispositif français distingue 2 régimes bien différents. Le premier est celui du pêcher relâcher. Dans ce cas, le thon rouge est capturé puis remis vivant à l’eau immédiatement. Pour la campagne 2025, cette pratique était autorisée du 1er juin au 15 novembre. Le second régime concerne la capture avec conservation et débarquement. Pour 2025, cette possibilité était ouverte du 11 juillet au 10 octobre, dans la limite de 1 thon par navire et par jour. Le texte précise aussi qu’une fermeture peut intervenir lorsque le sous quota approche de son plafond. Cette distinction est essentielle, car elle change tout dans la pratique. Le pêcher relâcher autorise l’action de pêche, mais pas la conservation du poisson. La capture avec débarquement ouvre, elle, la possibilité de garder le thon à bord et de le ramener à terre, sous réserve de respecter l’ensemble des formalités prévues par la campagne.
Une bague obligatoire dès qu’un thon est conservé
Lorsqu’un thon rouge est gardé à bord dans le cadre autorisé, la traçabilité devient immédiate. Le poisson doit être identifié par une bague officielle de marquage, posée sans attendre après la capture. Ce système permet de relier chaque poisson conservé à un navire autorisé et à une déclaration précise. L’avis ministériel publié le 28 mars 2025 précise en outre que les bagues utilisées doivent être transmises à FranceAgriMer avec la déclaration de débarquement dans les 48 heures suivant celui-ci.
Le marquage n’est donc pas un détail administratif. Il fait partie du cœur du dispositif de contrôle. Sans bague, pas de traçabilité complète, et sans traçabilité, pas de conservation régulière du poisson dans le cadre de la pêche de loisir.
Une taille minimale fixée à 30 kg ou 115 cm
La réglementation française fixe aussi un seuil minimal très précis. Pour pouvoir conserver un thon rouge en pêche maritime de loisir, le poisson doit atteindre 30 kg ou 115 cm de longueur à la fourche. Cette référence figure dans l’arrêté du 26 octobre 2012, dans sa version en vigueur, et elle reste aujourd’hui le repère réglementaire à respecter pour l’espèce. Ce seuil s’ajoute à toutes les autres conditions. Autrement dit, une autorisation seule ne suffit pas. Il faut aussi que la période adéquate soit ouverte, que le navire entre bien dans la campagne, que la capture respecte la limite journalière lorsqu’elle s’applique, que le poisson soit bagué s’il est conservé, et qu’il atteigne bien le poids ou la taille minimum prévus par le texte.
Des captures qui doivent être déclarées
Le suivi du thon rouge passe également par la déclaration des prises. Pour la campagne 2025, les captures constatées mortes lors d’une session de pêcher relâcher devaient faire l’objet d’une déclaration et étaient décomptées du quota loisir. Lorsqu’un thon était conservé et débarqué, la déclaration à FranceAgriMer devait être transmise dans les 48 heures, avec la bague correspondante.
La logique reste constante d’un texte à l’autre : chaque poisson conservé doit pouvoir être suivi, identifié et intégré au décompte global du quota réservé à la pêche récréative. C’est ce suivi fin qui permet à la fois le maintien de la pratique et le respect du plafond national alloué au loisir.
RECFishing, nouvelle étape du suivi des pêches de loisir
Depuis le 10 janvier 2026, la pêche de loisir en mer a franchi une nouvelle étape avec l’entrée en vigueur de l’arrêté du 7 novembre 2025. Ce texte impose un enregistrement préalable sur la plateforme Recreational Fisheries ou via l’application RECFishing pour les pêcheurs de loisir de 16 ans et plus ciblant certaines espèces. Il précise aussi qu’en Méditerranée, tous les pêcheurs de loisir, hors pêche à pied, sont concernés par cet enregistrement, quelle que soit l’espèce recherchée. Les captures des espèces visées doivent ensuite être déclarées le jour même, avant 23 h 59. Ce nouveau volet numérique s’ajoute au reste du dispositif. La pêche au thon rouge s’inscrit désormais dans un suivi plus moderne, plus centralisé et plus précis des pratiques récréatives en mer.
Pourquoi le thon rouge reste autant encadré
Le thon rouge reste une espèce à part dans la réglementation halieutique. Sa gestion repose sur des quotas et sur un contrôle très étroit des captures, qu’elles soient professionnelles ou récréatives. C’est ce qui explique l’empilement apparent des règles : autorisation du navire, distinction entre relâcher et conservation, taille minimale, bague de marquage, déclaration du débarquement et désormais enregistrement numérique préalable. L’objectif n’est pas d’empêcher la pratique, mais de la rendre compatible avec une gestion durable de l’espèce. La pêche de loisir du thon rouge continue ainsi d’exister, mais dans un cadre où chaque capture compte et où chaque poisson conservé doit pouvoir être retracé.
Ce qu’il faut retenir en 2026
En 2026, la France dispose donc d’un quota de 7 833 tonnes de thon rouge pour l’Atlantique Est et la Méditerranée, dont 78,3 tonnes réservées à la pêche de loisir. Le cadre français maintient une pratique possible, mais organisée autour d’une autorisation spécifique par navire, d’une distinction entre pêcher relâcher et capture avec conservation, d’une taille minimale de 30 kg ou 115 cm, d’un marquage obligatoire pour les poissons conservés et d’obligations déclaratives renforcées. Depuis janvier 2026, l’enregistrement sur RECFishing ajoute une nouvelle brique à ce suivi.
vous recommande