Requin marteau : le seigneur aux yeux écartés qui transforme l’océan en terrain de chasse

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Avec sa tête élargie en forme de marteau, le requin marteau fait partie de ces animaux que l’on reconnaît au premier regard. Sa silhouette semble presque irréelle, comme dessinée pour un film de science-fiction. Pourtant, derrière cette apparence spectaculaire, il y a surtout un prédateur remarquablement bien adapté, taillé pour sentir, repérer et capturer ses proies avec une efficacité redoutable.

Avec sa tête élargie en forme de marteau, le requin marteau fait partie de ces animaux que l’on reconnaît au premier regard. Sa silhouette semble presque irréelle, comme dessinée pour un film de science-fiction. Pourtant, derrière cette apparence spectaculaire, il y a surtout un prédateur remarquablement bien adapté, taillé pour sentir, repérer et capturer ses proies avec une efficacité redoutable.

© AdobeStock

 

Le nom de requin marteau ne désigne pas une seule espèce, mais une famille entière de requins, les Sphyrnidae, qui compte 10 espèces. Parmi les plus connues figurent le grand requin marteau, le requin marteau halicorne et le requin marteau lisse. Certaines vivent dans les mers tropicales, d’autres fréquentent aussi des eaux tempérées chaudes, et le requin marteau halicorne est présent jusque dans l’Atlantique est et en Méditerranée.

 

Une tête étrange, mais loin d’être un caprice de la nature
Chez le requin marteau, la tête n’a rien d’un simple trait esthétique. Cette forme aplatie, appelée céphalofoil, élargit la surface sensorielle de l’animal. Les yeux, placés aux extrémités, lui offrent un champ visuel particulièrement large, tandis que les récepteurs électriques répartis sur une plus grande zone l’aident à mieux détecter les signaux émis par les proies cachées dans l’eau ou près du fond. Ce qui peut sembler extravagant vu depuis un bateau est en réalité un formidable outil de chasse. `Cette architecture lui donne aussi une allure très particulière en mouvement. Le requin marteau ne traverse pas l’eau comme les autres. Il semble la découper avec précision, comme s’il pilotait son corps à l’aide d’un gouvernail vivant. Chez les plus grandes espèces, cette impression est encore renforcée par une taille imposante. Le grand requin marteau peut dépasser 6 m, ce qui en fait le géant de la famille.

 

Un prédateur bien plus subtil qu’il n’en a l’air
Le requin marteau traîne souvent une réputation de tueur spectaculaire, mais la réalité biologique est plus intéressante que le cliché. Selon les espèces et les zones, il se nourrit de poissons, de céphalopodes, de crustacés, mais aussi de raies et parfois d’autres petits requins. Son système sensoriel lui permet notamment de localiser des proies discrètes, y compris lorsqu’elles sont enfouies dans le sable. Chez le requin marteau halicorne, les scientifiques observent aussi un comportement fascinant. L’espèce peut former de grands groupes dans la journée, puis se disperser la nuit pour aller chasser. Cette alternance entre rassemblements spectaculaires et activité solitaire contribue largement à son aura. À distance, on peut croire à une armée silencieuse. En réalité, chaque individu suit une logique précise de déplacement, d’alimentation et parfois de migration sur de longues distances.

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Une silhouette iconique, mais des espèces sous pression
C’est tout le paradoxe du requin marteau. Il est l’un des requins les plus célèbres au monde, mais plusieurs de ses espèces sont aujourd’hui gravement menacées. Le requin marteau halicorne et le grand requin marteau figurent parmi les espèces classées en danger critique d’extinction par l’UICN, tandis que le requin marteau lisse est classé vulnérable. La surpêche, les captures accidentelles et surtout la forte valeur commerciale des ailerons ont lourdement pesé sur leurs populations. Face à cette pression, les mesures de protection se renforcent par endroits. Le requin marteau halicorne est inscrit à l’ESA aux États Unis selon plusieurs segments de population, ainsi qu’à l’Annexe II de la CITES. NOAA a aussi interdit depuis 2024 la rétention des grands, lisses et halicornes dans les eaux caribéennes américaines. Ces décisions ne suffisent pas à elles seules à restaurer les populations, mais elles montrent que le statut de simple “grand requin impressionnant” ne tient plus. Le requin marteau est désormais aussi un symbole de la fragilité du vivant marin.

 

Un animal qui fascine parce qu’il ne ressemble à aucun autre
Croiser un requin marteau, ce n’est pas seulement voir un grand poisson. C’est assister à l’une des formes les plus étonnantes produites par l’évolution marine. Rien, dans sa silhouette, ne paraît banal. Et pourtant tout y est fonctionnel. Sa tête démesurée, ses sens affinés, sa nage souple, ses déplacements parfois collectifs, tout raconte un animal ancien, efficace et infiniment plus complexe que l’image simpliste du prédateur inquiétant. Le requin marteau rappelle surtout une chose essentielle. Dans l’océan, les espèces les plus fascinantes ne sont pas toujours celles qui bondissent hors de l’eau ou qui occupent les gros titres. Certaines imposent le respect par leur seule présence, par une silhouette impossible à confondre, et par le mystère qu’elles conservent encore malgré des décennies d’observation. Le requin marteau appartient clairement à cette catégorie.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.