Pêche aux encornets de nuit : technique, matériel et meilleurs spots en Méditerranée

Pêche en mer

Il y a des nuits où la mer semble vide, silencieuse, presque immobile… et puis, d’un coup, une forme blanche traverse le halo d’un lampadaire, une turlutte s’alourdit, et tout commence. La pêche aux encornets de nuit en Méditerranée a ce côté imprévisible qui la rend passionnante. On peut attendre longtemps sans rien voir, puis enchaîner plusieurs prises en quelques minutes. Ceux qui pratiquent régulièrement le savent bien : ici, la patience compte autant que la technique.

Il y a des nuits où la mer semble vide, silencieuse, presque immobile… et puis, d’un coup, une forme blanche traverse le halo d’un lampadaire, une turlutte s’alourdit, et tout commence. La pêche aux encornets de nuit en Méditerranée a ce côté imprévisible qui la rend passionnante. On peut attendre longtemps sans rien voir, puis enchaîner plusieurs prises en quelques minutes. Ceux qui pratiquent régulièrement le savent bien : ici, la patience compte autant que la technique.
© AdobeStock

Car pêcher l’encornet n’a rien d’un jeu de hasard. C’est une pêche fine, presque discrète, où l’observation fait souvent la différence. Et surtout, une pêche qui récompense ceux qui prennent le temps de comprendre ce qui se passe sous la surface.

Pourquoi la nuit change tout
La nuit, la mer se transforme. Les lumières des quais et des digues attirent d’abord les petits poissons, puis les prédateurs suivent naturellement. Les encornets font partie des premiers à entrer dans la danse. Ils tournent autour des zones éclairées, patrouillent lentement, puis surgissent pour attaquer une proie. C’est souvent dans ces moments-là que la magie opère. Une turlutte descend tranquillement, on accompagne la ligne, et soudain une résistance inhabituelle se fait sentir. Pas un choc brutal, plutôt une lourdeur, comme si quelque chose retenait doucement le leurre. C’est typiquement la touche d’un encornet. Beaucoup de pêcheurs débutants cherchent le spot parfait sur une carte. En réalité, les meilleurs postes sont souvent les plus simples à lire : une zone éclairée qui plonge rapidement dans l’ombre, une cassure près d’un quai, ou une digue où le courant amène du fourrage. Ce sont ces petits détails qui font la différence.

La technique : moins de gestes, plus de rythme
La première chose à comprendre, c’est que l’encornet n’est pas un poisson nerveux comme un bar ou une bonite. Il attaque différemment. Il saisit, il teste, parfois il suit le leurre avant de se décider. Du coup, l’erreur la plus fréquente consiste à animer trop vite. On secoue la canne, on accélère, on insiste… et on passe à côté de la touche. La bonne approche est presque l’inverse : on lance, on laisse descendre, on imprime deux ou trois tirées franches, puis on marque une pause. C’est très souvent pendant cette pause que l’encornet se décide. Et surtout, il ne faut pas ferrer brutalement. Une mise en tension progressive suffit largement. Les paniers de la turlutte font le reste si la ligne reste tendue. C’est un détail, mais il évite beaucoup de décrochages, notamment sur les petits sujets. Avec l’expérience, on apprend aussi à varier la profondeur. Certains soirs, les encornets chassent juste sous la surface. D’autres fois, ils restent collés au fond ou au pied des structures. La clé, c’est de tester calmement chaque couche d’eau avant de conclure que le poste est vide.

Le matériel : simple, mais cohérent
Bonne nouvelle, la pêche aux encornets ne demande pas un équipement compliqué. Un ensemble léger et bien équilibré suffit largement. Une canne d’environ 2,20 m à 2,50 m est idéale pour pêcher du bord. Elle doit être assez sensible pour sentir les touches discrètes, mais suffisamment nerveuse pour animer correctement la turlutte. Côté moulinet, la fluidité du frein est plus importante que la puissance. Un encornet mal piqué peut se décrocher facilement, surtout au moment de le sortir de l’eau.
La ligne joue aussi un rôle important. Une tresse fine permet de mieux ressentir ce qui se passe au bout du fil, et un bas de ligne en fluorocarbone apporte discrétion et résistance sur les quais ou les rochers. Mais le vrai cœur du système reste la turlutte. Là, l’expérience montre qu’il n’existe pas de couleur miracle. Certains soirs, le rose fonctionne parfaitement. D’autres fois, un modèle plus naturel ou plus lumineux fait la différence. Ce qui compte surtout, c’est la vitesse de descente et la capacité à rester dans la bonne zone de pêche. Et puis il y a un détail que tous les habitués connaissent : une épuisette ou un chiffon à portée de main. Parce qu’un encornet qui arrive au bord n’abandonne jamais sans une dernière défense.

Où chercher les encornets en Méditerranée
Plutôt que de parler de “meilleurs spots”, il vaut mieux comprendre les endroits qui fonctionnent régulièrement. En Méditerranée, certains types de zones sont particulièrement productifs.
Les entrées de port et les quais éclairés
C’est souvent là que tout commence. Les lumières attirent le fourrage, et les encornets suivent. Les zones les plus intéressantes ne sont pas toujours sous le lampadaire, mais juste à côté, là où l’ombre rencontre la lumière. Ces transitions créent des couloirs de chasse très efficaces.
Les digues et les jetées
Les digues extérieures sont des postes classiques, et pour de bonnes raisons. Elles concentrent les courants, abritent du poisson et offrent des profondeurs variées sur quelques mètres seulement. Les angles, les extrémités et les zones où la houle change de direction sont souvent les plus intéressants. Il suffit parfois d’une courte activité pour déclencher une série de touches.
Les zones rocheuses proches du littoral
Moins fréquentées, elles peuvent réserver de très belles surprises. Les encornets y trouvent des abris et des zones de chasse naturelles. Ces postes demandent un peu plus d’observation, mais ils offrent souvent des poissons moins sollicités.
Les secteurs qui donnent régulièrement en Méditerranée
Certaines zones sont connues pour leur régularité, même si la pêche reste toujours dépendante des conditions. Sur la côte catalane, entre Cerbère et Banyuls, les reliefs marqués et la proximité des fonds profonds créent des conditions idéales pour les encornets. C’est une zone très appréciée des pêcheurs du bord. Plus à l’est, le littoral marseillais et les abords des Calanques offrent une grande variété de postes, avec des digues, des ports et des zones rocheuses accessibles. Les conditions y changent vite, ce qui peut rendre la pêche très dynamique.
La façade varoise et la Côte d’Azur restent également des valeurs sûres, notamment autour des ports secondaires et des structures éclairées. L’activité y est souvent régulière, surtout lorsque le courant se met en place. En Corse, la logique est la même : des zones rocheuses proches du rivage, une eau claire et une bonne circulation du fourrage favorisent la présence des encornets.

Ce qui fait vraiment la différence sur une session
Les pêcheurs expérimentés ne changent pas immédiatement de spot quand les touches tardent à venir. Ils ajustent d’abord leur approche. Ils modifient la profondeur, ralentissent l’animation, changent le poids de la turlutte, puis éventuellement la couleur. Ils observent les mouvements dans l’eau, les petits poissons qui s’agitent, les ombres qui apparaissent sous la lumière. Souvent, la réussite tient à peu de choses. Un léger courant, une variation de luminosité, ou simplement le moment où le banc entre dans la zone. Et quand cela arrive, tout peut basculer en quelques minutes.

Une pêche de patience… et de timing
La pêche aux encornets de nuit en Méditerranée n’est pas une pêche de quantité permanente. C’est une pêche de moments. On peut rester longtemps sans action, puis vivre une demi-heure intense qui marque la soirée. Ceux qui réussissent le mieux ne sont pas forcément les mieux équipés. Ce sont ceux qui prennent le temps de regarder, d’adapter leur rythme, et de rester concentrés.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.