Foilboard électrique : la nouvelle génération de glisse motorisée

Glisse
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Il décolle au-dessus de l’eau, avance presque sans bruit et n’a besoin ni de vague ni de vent pour procurer des sensations de glisse. En quelques années, le foilboard électrique, plus souvent appelé e-foil, est passé du statut d’étrange engin futuriste à celui de véritable nouvelle discipline nautique. Derrière son apparente simplicité se cache une technologie qui a profondément changé la manière de voler au-dessus de l’eau.

Il décolle au-dessus de l’eau, avance presque sans bruit et n’a besoin ni de vague ni de vent pour procurer des sensations de glisse. En quelques années, le foilboard électrique, plus souvent appelé e-foil, est passé du statut d’étrange engin futuriste à celui de véritable nouvelle discipline nautique. Derrière son apparente simplicité se cache une technologie qui a profondément changé la manière de voler au-dessus de l’eau.

© AdobeStock - Angela

 

À quelques dizaines de mètres du rivage, la scène reste déroutante pour qui la découvre. Une planche avance au-dessus de la surface, son pilote debout, sans voile, sans vague et presque sans bruit. Sous ses pieds, aucune coque ne semble réellement toucher l’eau. Le secret se trouve plus bas : un foil immergé porte progressivement l’ensemble jusqu’à faire décoller la planche. Le principe du foil n’est pourtant pas nouveau. Depuis longtemps, ces ailes sous-marines capables de générer de la portance sont utilisées sur des bateaux, avant de conquérir la voile légère, le surf, le kite ou encore le wingfoil. Le foilboard électrique ajoute simplement un élément décisif : un moteur. Et cette motorisation change presque tout.

 

Voler sans attendre le vent ou la vague

Sur un e-foil, un mât relie la planche au foil immergé. Celui-ci comporte généralement une aile avant, un stabilisateur et une propulsion électrique installée sous la surface. Une batterie intégrée dans la planche alimente le moteur, tandis que le pilote contrôle sa vitesse grâce à une télécommande tenue en main. Au démarrage, la planche repose encore sur l’eau. En prenant de la vitesse, le foil commence à produire suffisamment de portance pour soulever progressivement l’ensemble. La surface mouillée diminue alors brutalement et, avec elle, la résistance à l’avancement.

C’est à cet instant que l’e-foil révèle sa singularité. Le clapot semble presque disparaître sous les pieds, la planche quitte la surface et la sensation devient davantage celle d’un vol rasant que d’une navigation traditionnelle. La grande différence avec les autres disciplines de foil tient surtout à son autonomie. En surf foil, il faut exploiter une vague ou la houle. En wingfoil ou en kitefoil, le vent fournit l’énergie nécessaire. Avec un moteur électrique, le pratiquant peut partir sur une eau presque plate et choisir lui-même son allure.

 

Une glisse étonnamment technique

L’assistance électrique ne transforme pourtant pas l’e-foil en simple planche motorisée. Accélérer est facile. Voler proprement l’est beaucoup moins. Une fois la planche décollée, quelques centimètres de déplacement du corps vers l’avant ou vers l’arrière suffisent à modifier son altitude. Trop d’appui sur le pied arrière et le foil monte jusqu’à risquer de sortir de l’eau ; trop de poids vers l’avant et la planche redescend. Les virages imposent eux aussi de coordonner vitesse, équilibre et inclinaison.

Les premières séances ressemblent donc rarement aux images parfaitement fluides des pratiquants expérimentés. On commence généralement à genoux ou couché, avant de se mettre debout puis d’apprendre progressivement à contrôler le décollage. Une fois ce cap franchi, l’intérêt de l’engin apparaît pleinement. Il devient possible d’enchaîner de longues courbes ou simplement de parcourir plusieurs kilomètres au-dessus d’une mer calme. La vitesse apporte des sensations, mais la véritable fascination vient souvent d’ailleurs : cette impression de glisser sans presque toucher l’eau.

L’électrique ouvre un nouveau terrain de jeu

L’e-foil appartient à une génération d’engins nautiques où l’électrification ne sert plus uniquement à remplacer un moteur thermique. Elle permet de créer des pratiques qui auraient été beaucoup plus difficiles à imaginer autrement. Le moteur électrique est compact, pilotable avec précision et relativement silencieux. Il permet surtout de conserver une poussée régulière, indispensable pour contrôler le foil. Les progrès réalisés sur les batteries ont parallèlement rendu possible une autonomie suffisante pour transformer l’expérience en véritable sortie nautique.

Les modèles récents travaillent également sur d’autres leviers : poids de la planche, rendement des ailes, gestion électronique de la puissance, sécurité ou modularité des foils. Selon le matériel choisi, le comportement peut ainsi être orienté vers la stabilité, la maniabilité ou la vitesse. Cette sophistication a un coût. L’e-foil reste un équipement haut de gamme, avec une batterie importante, une électronique embarquée et des éléments de foil fabriqués dans des matériaux techniques. À cela s’ajoutent les contraintes propres à tout équipement électrique utilisé en milieu marin : rinçage soigneux, surveillance de la batterie, transport et entretien.

 

Une pratique qui demande quelques précautions

Le sentiment de facilité peut également être trompeur. Un foil comporte des éléments rigides et relativement fins évoluant sous l’eau, tandis qu’un e-foil peut rapidement prendre de la vitesse. Chutes, proximité des baigneurs, profondeur insuffisante ou obstacles immergés imposent donc une vraie vigilance. La phase de départ nécessite notamment suffisamment d’eau sous la planche pour que le mât et les ailes restent éloignés du fond. Le port d’équipements de protection adaptés et l’apprentissage dans une zone dégagée permettent aussi de limiter les risques.

À cela s’ajoute une particularité souvent oubliée : motorisé ne signifie pas libre de naviguer partout. Selon les pays et les zones fréquentées, l’utilisation de ces engins peut être encadrée par des règles spécifiques concernant la navigation, les plages ou les zones réservées à la baignade.

 

Plus qu’un gadget nautique

Le foilboard électrique aurait pu rester une curiosité réservée aux amateurs de nouvelles technologies. Il s’est finalement installé dans le paysage de la glisse parce qu’il apporte une expérience qui n’existait réellement sous aucune autre forme. Il ne remplace ni le surf, ni le wingfoil, ni le kite. Il supprime simplement l’une de leurs principales contraintes : l’obligation d’attendre les bonnes conditions.

C’est sans doute là que réside la petite révolution de l’e-foil. Là où la plupart des sports de glisse consistent à exploiter une énergie naturelle, lui embarque la sienne. Une baie sans houle, une matinée sans vent ou un plan d’eau parfaitement calme deviennent ainsi des terrains de jeu.

Et lorsque la planche finit par quitter l’eau, le moteur lui-même passe presque au second plan. Ce que recherche finalement le pratiquant n’est pas tellement la vitesse que cette étrange sensation devenue emblématique du foil : celle de naviguer quelques dizaines de centimètres au-dessus de la mer. Là, on garde vraiment le fond tout en supprimant quelques répétitions et passages un peu plus lourds.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.