Sous la surface en août, le scooter sous-marin change l’échelle de l’exploration

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Longtemps réservé à des usages techniques, le scooter sous-marin se décline désormais en modèles compacts pour le snorkeling, l’apnée et la plongée. Il permet de couvrir davantage de terrain et d’économiser ses jambes, mais sa vitesse et son autonomie imposent une vraie méthode. Dans les petits fonds estivaux, le plaisir commence par savoir ralentir.

Longtemps réservé à des usages techniques, le scooter sous-marin se décline désormais en modèles compacts pour le snorkeling, l’apnée et la plongée. Il permet de couvrir davantage de terrain et d’économiser ses jambes, mais sa vitesse et son autonomie imposent une vraie méthode. Dans les petits fonds estivaux, le plaisir commence par savoir ralentir.

© AdobeStock - JonMilnes

Un propulseur, pas un jouet aquatique

Le scooter sous-marin, ou DPV, pour « diver propulsion vehicle », utilise une hélice carénée pour tracter son utilisateur. Certains modèles légers sont conçus pour évoluer en surface et à faible profondeur ; d’autres, plus puissants, accompagnent des plongeurs équipés. Leur profondeur maximale, leur flottabilité, leur vitesse et leur autonomie diffèrent fortement. La première règle est donc simple : rester dans les limites du fabricant et dans celles de sa propre qualification.

Le bénéfice est immédiat. À vitesse modérée, on rejoint sans s’épuiser une zone d’observation, on suit un tombant peu profond ou l’on explore une baie plus largement. Mais la machine allonge aussi les distances : en quelques minutes, un utilisateur peut se retrouver loin de sa sortie, de son binôme ou de son bateau. L’autonomie affichée n’est jamais une invitation à vider la batterie au large.

Choisir le modèle pour son usage réel

Pour le snorkeling, on privilégie une commande intuitive, une grille empêchant les doigts d’atteindre l’hélice, un arrêt immédiat lorsqu’on relâche la gâchette et une flottabilité compatible avec l’eau douce ou salée. Le poids à transporter jusqu’à l’eau, la facilité de rinçage et la possibilité d’attacher la machine sans créer de piège comptent davantage qu’une vitesse maximale spectaculaire.

En plongée, le scooter doit être adapté à la profondeur prévue, au matériel porté et à l’organisation du binôme. Un appareil très positif oblige à lutter pour le maintenir ; un modèle négatif peut couler s’il est lâché. Les systèmes de remorquage, utilisés sur certains DPV, demandent un réglage et un apprentissage spécifiques : ils ne s’improvisent pas avec une longe quelconque.

L’autonomie annoncée dépend de la vitesse, de la température, de l’état de la batterie, du courant et de la charge tractée. Une batterie indiquée pour une durée donnée dans des conditions d’essai peut se décharger plus vite en mer. Il faut raisonner en réserve, pas en record.

Apprendre à partir, tourner et s’arrêter

Les premiers essais se déroulent dans une zone calme, peu profonde et dégagée, loin des baigneurs. Avant la mise en route, cheveux, sangles, flexibles et cordons sont rangés. Les mains restent sur les poignées prévues et jamais devant la grille. On teste à faible vitesse le démarrage, le relâchement de la commande, les virages larges et la façon de lâcher ou neutraliser l’appareil.

Le corps doit rester profilé dans l’axe du scooter, bras souples et regard porté loin devant. Tirer la machine vers le haut ou le bas avec les épaules crée des changements de profondeur brutaux et fatigue. En snorkeling, on conserve une allure qui permet de lever la tête, de s’arrêter et de communiquer. En plongée, la maîtrise de la flottabilité et de l’équilibrage des oreilles doit être acquise avant d’ajouter la propulsion.

Un DPV peut provoquer une remontée ou une descente trop rapide. Il ne sert donc jamais à arracher un plongeur au fond, à compenser un lestage inadapté ou à « gagner du temps » vers la surface. La profondeur se contrôle avec les techniques normales de plongée, et les procédures de remontée et de palier restent inchangées.

Planifier le retour avant le départ

La logique la plus sûre consiste à commencer face au courant ou aux conditions les plus défavorables, puis à revenir avec leur aide. Elle ne dispense pas d’une marge importante : le courant peut tourner et la mer se lever. Le groupe fixe avant l’immersion un point de demi-tour fondé sur le niveau de batterie, la réserve de gaz en plongée et l’état des participants.

Les binômes doivent disposer de performances compatibles. Un utilisateur équipé d’un scooter puissant ne doit pas distancer celui qui possède un modèle plus lent, et tous doivent pouvoir rentrer en nageant si une machine tombe en panne. On reste assez proche pour communiquer et intervenir, sans se placer dans le flux de l’hélice d’un autre scooter.

Grottes, épaves pénétrées, tunnels et zones sous plafond sont exclus d’une pratique improvisée. La vitesse y transforme une erreur d’orientation ou une panne en problème majeur. Ces environnements nécessitent des qualifications, une redondance et des procédures spécifiques.

Petits fonds : voir plus sans abîmer plus

Le scooter doit passer au-dessus du fond, à une distance qui empêche l’hélice de soulever sable et sédiments. Le jet ne sert pas à déloger un animal, nettoyer une roche ou créer un effet pour une vidéo. Herbiers, gorgones et organismes fixés sont vulnérables aux chocs ; à vitesse élevée, la distance d’arrêt s’allonge et la précision diminue.

Il faut également contourner largement nageurs, plongeurs, lignes de pêche et bateaux au mouillage. Le bruit et l’approche directe peuvent modifier le comportement des animaux. Pour observer, on coupe ou ralentit la propulsion en amont et l’on termine en palmant doucement.

 

Batterie, transport et entretien

Après chaque sortie en mer, le rinçage à l’eau douce porte sur le carter, la grille, les commandes et les zones prévues par le fabricant. On vérifie l’absence de fil de pêche autour de l’hélice, sans intervenir batterie connectée. Joints, verrouillages et connecteurs se contrôlent avant la recharge. Une batterie gonflée, endommagée ou anormalement chaude n’est pas remise en service.

Les batteries au lithium font l’objet de règles strictes dans les transports, notamment en avion. Capacité en wattheures, batterie amovible ou non, protection des bornes et transport en cabine ou en soute doivent être vérifiés auprès de la compagnie avant le voyage. On utilise uniquement le chargeur recommandé et l’on ne recharge pas un appareil sans surveillance dans un espace exposé à la chaleur.

En août, viser une mer lisible

Pour une découverte, une eau claire, peu de courant et une mer calme valent mieux qu’une longue autonomie. Le matin offre souvent moins de trafic et de clapot, mais la météo locale reste décisive. Une houle modeste au large peut rendre l’entrée et la sortie dangereuses sur les rochers ; une brise de terre peut éloigner rapidement un pratiquant en surface.

La chaleur estivale concerne aussi le matériel : batterie et scooter ne restent pas dans une voiture fermée ni en plein soleil. Avant de s’immerger, on vérifie visibilité, trafic, vent, courant et possibilité de rentrer sans moteur. Le scooter élargit le champ d’exploration ; il ne doit jamais élargir le risque accepté.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.