Compensation en plongée : 5 techniques pour éviter la douleur aux oreilles

Plongée
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Dès les premiers mètres, la pression augmente rapidement et pousse le tympan vers l’intérieur. La compensation rétablit l’équilibre en faisant entrer de l’air dans l’oreille moyenne par les trompes d’Eustache. Valsalva, Frenzel, Toynbee, Lowry ou béance tubaire volontaire : chaque méthode possède son mécanisme et ses limites. Le principe essentiel reste le même pour toutes : compenser tôt, doucement et sans jamais lutter contre une douleur.

Dès les premiers mètres, la pression augmente rapidement et pousse le tympan vers l’intérieur. La compensation rétablit l’équilibre en faisant entrer de l’air dans l’oreille moyenne par les trompes d’Eustache. Valsalva, Frenzel, Toynbee, Lowry ou béance tubaire volontaire : chaque méthode possède son mécanisme et ses limites. Le principe essentiel reste le même pour toutes : compenser tôt, doucement et sans jamais lutter contre une douleur.

© AdobeStock - Massimo

Pourquoi les oreilles réagissent dès le début

L’oreille moyenne est une petite cavité remplie d’air, séparée de l’eau par le tympan. À la descente, la pression ambiante augmente tandis que le volume d’air de cette cavité diminue. Si aucun air nouveau n’arrive par les trompes d’Eustache, le tympan se déforme vers l’intérieur. La gêne devient douleur, puis peut évoluer vers un barotraumatisme. La variation relative de pression est la plus forte près de la surface. Les premiers mètres exigent donc les compensations les plus fréquentes. Attendre d’avoir mal rend l’ouverture des trompes plus difficile : l’écart de pression plaque leurs parois et pousse le plongeur à forcer, exactement au moment où il devrait remonter légèrement.

Première technique la manœuvre de Valsalva

La méthode la plus connue consiste à pincer le nez, fermer la bouche et souffler très doucement comme si l’on voulait expirer par les narines. L’augmentation de pression dans le rhinopharynx peut ouvrir les trompes d’Eustache et envoyer de l’air vers les oreilles moyennes. Valsalva est simple à apprendre, mais elle doit rester brève et légère. Souffler fort ou longtemps peut irriter l’oreille interne et ne résout pas une trompe déjà bloquée par un écart de pression important. Si la manœuvre ne fonctionne pas immédiatement, le plongeur arrête sa descente, remonte de quelques dizaines de centimètres et recommence sans effort.

Deuxième technique la manœuvre de Frenzel

Frenzel utilise la langue comme un piston. Nez pincé et glotte fermée, le plongeur place l’arrière de la langue vers le palais, comme pour prononcer un son K. Ce mouvement comprime l’air dans la gorge et le dirige vers les trompes sans mobiliser les poumons. La méthode demande davantage d’apprentissage, mais elle est efficace avec un effort réduit. Elle est très utilisée en apnée, où le plongeur veut économiser son air et compenser dans des positions variées. Un moniteur peut aider à distinguer le mouvement de langue d’une poussée abdominale, souvent confondue avec Valsalva.

Troisième technique la manœuvre de Toynbee

Toynbee consiste à pincer le nez puis à avaler. La déglutition mobilise les muscles qui participent à l’ouverture des trompes d’Eustache. Cette méthode peut convenir aux plongeurs qui équilibrent facilement et sert aussi à gérer certaines différences de pression lors de la remontée. À la descente, son efficacité varie selon les personnes, car la déglutition peut créer une légère dépression avant l’ouverture. Elle ne doit pas être répétée avec force. Le plongeur peut l’essayer en surface, puis l’utiliser très tôt dans la descente, lorsque l’écart de pression reste faible.

Quatrième technique la manœuvre de Lowry

Lowry combine Valsalva et Toynbee. Le nez est pincé ; le plongeur souffle très légèrement tout en avalant. La surpression douce et le travail des muscles de la déglutition agissent ensemble pour faciliter l’ouverture des trompes. La coordination demande un peu de pratique hors de l’eau. Cette méthode peut aider lorsque Valsalva seul devient inconfortable, mais elle ne doit jamais servir à vaincre un blocage douloureux. Comme pour toutes les techniques, une ouverture asymétrique impose de ralentir et d’aider éventuellement le côté récalcitrant en inclinant la tête, sans geste brusque.

Cinquième technique la béance tubaire volontaire

La béance tubaire volontaire, souvent abrégée BTV, consiste à contracter volontairement les muscles qui ouvrent les trompes d’Eustache. Le plongeur reproduit la sensation d’un bâillement discret ou d’une ouverture au fond de la gorge, sans se pincer le nez. Lorsqu’elle est maîtrisée, la compensation peut devenir presque continue. Tout le monde ne parvient pas à isoler ces muscles. L’apprentissage demande du temps et des essais en surface. Les mouvements de mâchoire vers l’avant, proches de la technique d’Edmonds lorsqu’ils sont associés à une autre manœuvre, peuvent aider certains plongeurs. Une compensation mains libres ne dispense pas de contrôler la vitesse de descente.

Les gestes qui facilitent toutes les méthodes

Il est utile de compenser une première fois en surface, puis tous les quelques dizaines de centimètres au début. Une descente pieds en bas facilite souvent l’arrivée de l’air et permet de s’arrêter immédiatement. Le plongeur garde la tête dans une position neutre ou légèrement relevée et descend le long d’un mouillage lorsqu’il a besoin d’un repère. Un masque correctement équilibré évite une autre douleur liée à la pression. Il suffit d’expirer doucement par le nez pendant la descente. Les bouchons d’oreille ordinaires sont à proscrire : ils emprisonnent un volume d’air dans le conduit externe et peuvent créer un barotraumatisme supplémentaire.

Rhume allergie et douleur imposent de reporter

Une congestion, une inflammation ou un mucus épais peuvent empêcher l’ouverture des trompes. Plonger enrhumé, avec une otite ou des sinus douloureux augmente le risque de barotraumatisme et de blocage inversé à la remontée. Les décongestionnants ne doivent pas être utilisés pour masquer un problème sans avis médical : leur effet peut diminuer sous l’eau.

Une douleur, une baisse d’audition, des acouphènes, des vertiges ou un écoulement après la plongée justifient l’arrêt des immersions et un avis médical, idéalement auprès d’un médecin formé à la plongée. En cas de vertige sous l’eau, le plongeur signale son problème, stabilise sa position avec son binôme et remonte de manière contrôlée.

À la remontée on ne force jamais

Pendant la remontée, l’air de l’oreille moyenne se dilate et s’évacue normalement de lui-même. Si une oreille se bloque, il ne faut pas effectuer une Valsalva appuyée, qui ajouterait encore de l’air. Le plongeur redescend légèrement jusqu’à disparition de la gêne, avale, mobilise la mâchoire et reprend une remontée lente. Les cinq techniques ne sont pas des recettes interchangeables à utiliser dans l’urgence. Elles s’apprennent en surface, puis se testent dans une descente maîtrisée avec un encadrement. La bonne compensation est celle qui fonctionne tôt et sans effort. Dès qu’elle devient douloureuse, la seule décision sûre consiste à arrêter de descendre.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.