Quoi de plus à la mode que la température ressentie ?

Par Eric Mas
Vendredi 12 mai 2017 à 14h37

Ce n’est pas vraiment une température mais une sensation... Une sensation qui fait du sensationnel puisqu’elle fait surtout parler d’elle quand on est dans les extrêmes. Autrement dit lors des grands froids hivernaux ou des grandes chaleurs estivales.

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Ce n’est pas vraiment une température mais une sensation... Une sensation qui fait du sensationnel puisqu’elle fait surtout parler d’elle quand on est dans les extrêmes. Autrement dit lors des grands froids hivernaux ou des grandes chaleurs estivales.

Plutôt que de parler de température on devrait parler de flux thermique. Pour ce qui nous concerne, le flux thermique, c’est la quantité de chaleur qui passe à travers la surface de notre peau. Il dépend de l’écart de température entre notre corps et ce qui est en contact avec lui. Plus cet écart est important plus le flux sera élevé. La sensation dépend aussi de la force de conduction de la matière qui se frotte à notre épiderme.

L’eau ou l’huile, le bois ou le fer, l’air humide ou l’air sec… chaque matière a sa propre capacité à conduire la chaleur.

L’hiver en ville vous posez une main sur le mât métallique du réverbère, l’autre sur le poteau en bois planté facétieusement juste à côté par la compagnie du téléphone. Le mât semble beaucoup plus froid que le poteau. Pourtant, « croix de bois croix de fer si je mens je vais en enfer »,  les deux sont à la même température. Mais le métal conduit mieux la chaleur que le bois, et même si les deux sont à 15°C, il y a beaucoup plus de chaleur qui vous quitte par la main posée sur le métal que par celle posée sur le bois. D’où la sensation de froid plus importante. « Touchons du bois » quand on ne veut pas avoir de mauvaises surprises.

L’été, un beau matin sur votre plage bretonne préférée, l’air est à 16°C et le thermomètre affirme que la mer aussi. Pourtant ce n’est pas ce que l’on ressent quand il s’agit d’y entrer. On est forcé d’admettre que l’eau est bien meilleure conductrice que l’air. D’ailleurs, pour une même température on perd 25 fois plus de chaleur dans l’eau que dans l’air et notre organisme ne peut pas lutter longtemps pour maintenir l’équilibre thermique qui nous convient. Même si l’on soutient, dans un sourire crispé, « qu’une fois qu’on y est, elle est bonne », l’hypothermie gagne. Notre espérance de vie n’est que de 2 à 3 heures dans de l’eau à 16°C.

On se sent donc mieux dans l’air. Oui mais on fait tous l’expérience dans nos voitures qui proposent l’air conditionné, ce 20° pénible à supporter dans une ambiance lourde et orageuse, autrement dit air chargé d’humidité, devient quasiment trop froid quand il passe à travers le filtre desséchant de la clim. Ce qui est efficace pour le désembuage se manifeste aussi sur notre peau. L’air sec favorise l’évaporation de l’eau que notre corps s’évertue à fournir par la transpiration. Pour servir cette évaporation notre corps cède donc de sa propre chaleur… se refroidit, quoi.

La ventilation s’en mêle aussi pour accélérer le processus de refroidissement du corps par évaporation. Et puis il y a le rayonnement, celui que l’on reçoit, celui que l’on émet. Evidemment ici le soleil est largement gagnant quand il s’agit de chauffer notre épiderme.

Alors, la soit disant température ressentie communiquée dans un bulletin météo doit tenir compte de l’humidité de l’air, de la vitesse du vent et du rayonnement solaire.

Le cuir de chacun, plus ou moins épais, velu, pigmenté…  autant de petites différenciations de nos climatiseurs internes, et les adaptations au climat, culturelles et physiques, sont de vraies raisons de gérer « chacun à sa manière » ces flux thermiques.  La notion de température ressentie est finalement une moyenne de ce que croiraient vivre de nombreux membres d’une population vivant nue. A défaut d’être tous en tenue d’Adam et Eve, nous nous fions à ce que nous racontent nos visages et nos mains quand on a perdu chapeau de paille l’été et moufle l’hiver….  Ce n’est déjà pas si mal.

 

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.