La météo et les records à la voile

Dimanche 14 avril 2019 à 6h39

Les records à la voile ne cessent de s'améliorer. Les performances des hommes et surtout des machines en sont très largement à l’origine mais la connaissance et la bonne utilisation de la météo y contribuent dans sa mesure. Un des plus jolis terrains de jeu pour exprimer la richesse de cette science est évidemment le tour du monde qui fait passer par tous, ou presque, les systèmes météorologiques de notre globe.

©© Jean-Marie Liot
Les records à la voile ne cessent de s'améliorer. Les performances des hommes et surtout des machines en sont très largement à l’origine mais la connaissance et la bonne utilisation de la météo y contribuent dans sa mesure. Un des plus jolis terrains de jeu pour exprimer la richesse de cette science est évidemment le tour du monde qui fait passer par tous, ou presque, les systèmes météorologiques de notre globe.

A l’heure où la Classe Ultime est en pleine effervescence, il est intéressant de se projeter dans les prochaines tentatives d’amélioration du record des voiliers les plus rapides autour du globe, porté à 40 jours et 23h30’ par l’équipage de Francis Joyon en janvier 2017, et d’envisager si notre météo aura toujours autant d’importance dans la chasse au Trophée Jules Verne.

Constatons d’abord que depuis 1993, où l’équipage de Bruno Peyron avait mis la barre à 79 jours, l’amélioration s’est faite constamment en 24 ans. Les 12 premières années ont vu un gain de 28 jours, les 12 années suivantes, un gain de 12 jours. C’est une évidence, la marge de progression se réduit, on tend vers une asymptote, vers un  « seuil maximal de performance ». On y est pas encore, contrairement à l’athlétisme où la performance n’est qu’humaine (si on fait abstraction du dopage), le sport mécanique fait progresser la science. Les progrès faits dans la conception des voiliers est « sans borne » et le nouveau bateau de Thomas Coville a bénéficié de 50 000 heures d’études pour intégrer moult nouvelles technologies.

L’application de la météo dans le domaine de la course au large est aussi une science qui nécessite qu’on lui consacre du temps d’étude pour en tirer toujours meilleur profit.

L’exploit de Francis Joyon réalisé durant l’été austral 2016-2017 doit l’essentiel de sa réussite aux conditions rencontrées, et brillamment utilisées, dans les mers du sud. Le potentiel de vitesse du bateau lui a permis de tenir à l'avant d’un front qui s'est déplacé à une vitesse idoine et qui a maintenu pendant 12 jours un vent portant de plus de 30 nœuds. Il faut reconnaître que c’est une grande chance que d’avoir pu bénéficier de ces conditions idéales pour ce bateau. On pourra de moins en moins compter sur la chance pour améliorer le record, et si une bonne gestion de la météo permet actuellement de choisir le créneau de départ pour, depuis Ouessant, être le plus rapide jusqu’à l’équateur, il faut enrichir nos connaissances pour ne pas avoir à s’en remettre au hasard en ce qui concerne les situations météorologiques des 30 jours qui suivent.

Y-a-t-il un rapport entre la circulation dépressionnaire dont Joyon a bénéficié et le phénomène El Niño qui se produit de façon cyclique dans le Pacifique et qui a de fortes répercussions, encore mal connues, à l’échelle planétaire ? Une recherche, orientée dans ce sens, sur les effets de l’ENSO (El Niño et Southern Oscillation), le phénomène climatique qui relie El Niño et l’oscillation australe de la pression atmosphérique, permettrait vraisemblablement de mieux utiliser ces marqueurs du climat.

Nous avons en tout cas besoin de voir plus loin. Il faut que la fenêtre météo qui détermine la période de la tentative d’améliorer le  record passe de l’état de lucarne qui permet actuellement d’apercevoir la météo jusqu’à l’équateur à l’état de large baie vitrée pour repousser notre horizon jusqu’au grand sud, et plus tard sur la déterminante remontée de l’Atlantique.

Il y a du boulot ! Peut-être pas les 50 000 heures dédiées à la conception du bateau, mais il deviendra de plus en plus nécessaire de s’investir dans la météo, car depuis toujours, il ne suffit pas de posséder le bateau le plus rapide, il faut savoir par où le mener.

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Sophie Liman
Sophie Liman
Sophie est la dernière recrue de l'équipe de rédaction. Passionnée de loisirs nautiques et de voyages au bout du monde, Sophie est curieuse et dynamique, à l'affut des derniers évènements, bons plans, infos, bonnes adresses, mais ce n'est pas tout ! Douée pour le montage vidéo, elle est derrière la plupart de nos sujets multimédia et elle assure également l'animation des réseaux sociaux de Figaro Nautisme.
Thomas Darbois
Thomas Darbois
Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.