L’évolution des batteries : du plomb au Lithium

Equipements

Les batteries, de l’éclairage au démarrage moteur en passant par l’électronique, font partie de l’équipement incontournable sur un bateau. Depuis l’invention de l’accumulateur au plomb en 1859 par le français Gaston Planté, elles n’avaient guère évolué, c’était sans compter sur les nouvelles technologies au Lithium.

Les batteries, de l’éclairage au démarrage moteur en passant par l’électronique, font partie de l’équipement incontournable sur un bateau. Depuis l’invention de l’accumulateur au plomb en 1859 par le français Gaston Planté, elles n’avaient guère évolué, c’était sans compter sur les nouvelles technologies au Lithium.
batterie LithiumFlyboat
batterie LithiumFlyboat© Albert Brel

De la batterie ouverte à la batterie étanche

Pendant de nombreuses années, on a utilisé des batteries ouvertes avec bouchons, elles sont toujours sur le marché et certains chantiers en équipent encore les bateaux. Ces modèles sont bien adaptés lorsqu’un courant important est demandé, par exemple, pour le démarrage d’un moteur, mais pas pour une utilisation stationnaire (électronique, éclairage, etc.). Peu d’avantages par rapport aux inconvénients. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer un dégagement de gaz, une consommation d’électrolyte, il faut régulièrement refaire le niveau avec de l’eau distillée et un taux d’autodécharge important. En effet, ce taux est la perte de capacité lorsque l’on ne l’utilise pas, il peut atteindre 5% par mois ce qui représente 30% en 6 mois. En cas de décharge profonde (tension inférieure à 11 volts pour une batterie de 12 volts), elles sont fortement endommagées voire irrécupérables. Dernier point, elles ne sont pas étanches. Sur un bateau, elles doivent être installées dans un caisson étanche avec, en cas fuite, une évacuation extérieure. Pour minimiser ces inconvénients, les constructeurs ont imaginé des modèles scellés ayant suffisamment d’électrolyte pour la durée de vie de la batterie (en moyenne 5 ans) et possédant des additifs qui limitent l’autodécharge. Ces batteries couramment utilisées sur les bateaux conviennent pour la majorité des applications du démarrage moteur aux équipements de bord. La plupart possède un voyant qui donne suivant la couleur son état (vert chargée, rouge déchargée), mais, attention, ce ne sont pas des batteries étanches, elles possèdent des orifices pour évacuer les gaz voire l’électrolyte en cas de problème comme une surcharge. Pour rendre une batterie étanche, les constructeurs ont développé deux techniques : le GEL et l’AGM (Absorbed Glass Mat). Dans une batterie GEL, l’électrolyte est contenu dans un gel de silice et d’acide sulfurique. Dans une AGM, l’électrolyte est absorbé dans une microfibre de verre tissée. Ces deux modèles ont l’avantage d’être étanches. La batterie GEL est bien adaptée pour les décharges lentes et profondes (servitudes) et a une plage d’utilisation importante (- 10°C à 50°C). La durée de vie est plus longue qu’une batterie standard plomb-acide mais ne convient pas pour des courants importants comme le démarrage d’un moteur. L’AGM est plus polyvalente et peut être utilisée pour lancer un moteur avec toutefois une plage d’utilisation (0° à 50°C) moindre que celles au GEL, mais avec une durée de vie plus importante. Ces deux technologies, outre le fait d’être étanches, résistent bien aux chocs et vibrations, deux points importants sur un bateau. 

batterie GEL
batterie GEL


Comprendre chiffres et abréviations

VRLA : Cette abréviation que l’on trouve sur les batteries GEL et AGM signifie Valve Regulared Lead Acid Batterie, en clair comme sur une batterie plomb-acide il y a une régulation par soupape. Lorsque l’on demande du courant à une batterie, elle dégage de l’hydrogène qui est recombiné en eau, ce qui explique que sur ce type de batterie, il n’y a pas à refaire le niveau avec de l’eau distillée.
AGM : Absorbent Glass Mat signifie que l’électrolyte est absorbé dans une natte en fibre de verre placée entre les plaques de la batterie.
Autodécharge : Taux de perte de capacité mensuel donnée en % à une température définie. Par exemple 2% par mois à 20°C.
Cycles : Le nombre de cycles est le vieillissement de la batterie en fonction des charges/décharges. Il dépend de la décharge plus elle est profonde moins on a de cycles par exemple à 30% de décharge on a 1500 cycles, à 80% 500 cycles.
Courant de charge : Il est recommandé sur les technologies GEL et AGM de ne pas dépasser 0.2% de la capacité. Par exemple 20 A sur une batterie de 100 Ah. 
Tension nominale : Indication portée sur la batterie.
Capacité : En Ah dans un temps donné 20 heures (C20) ou     100 heures (C100). 

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batteries e?lectrolyte liquide ferme?e © Albert Brel


Batteries au Lithium

On trouve sur le marché plusieurs technologies de batteries au Lithium : Lithium-Ion (Li-ion), Lithium-polymère (Li-Po) et le Lithium-fer-phosphate (LiFePO4). La Li-ion est peu utilisée à cause de sa faible stabilité en cas de surcharge ou encore de chocs car elle peut prendre feu voire exploser. La Lithium-polymère est plus stable, toutefois celle qui est la plus sécurisante est la Lithium-fer-phosphate. C’est celle qui est proposée chez les accastilleurs sous l’appellation LiFePO4. Elle permet un nombre de cycles (charge/décharge) important (3000 cycles à 80% de décharge) avec durée de vie nettement supérieure aux autres technologies. 


Anatomie d’une batterie Lithium

Sur une batterie au plomb pour réaliser une batterie de 12 volts, on câble en série 6 cellules de 2.2 volts. On reprend le même principe sur une au Lithium mais avec moins de cellules (4) chaque cellule étant voisine de 3.2 volts. En plus de ces cellules, une batterie Lithium est équipée en interne d’un circuit électronique BMS (Battery Management System) dont le rôle est de surveiller en temps réel chaque cellule (température, courant, etc.). Ce BMS transmet en wifi toutes les informations concernant la batterie : tension courant, charge/décharge, température, etc. Toutes ces données sont récupérables sur une tablette, un smartphone, un ordinateur.   

batteries ouvertes
batteries ouvertes© Albert Brel


Quelques points forts du Lithium

Sur une batterie au plomb, pour ne pas la détériorer, il est recommandé de n’utiliser que 70% de la capacité, par exemple, sur une de 100 Ah, 70 Ah sont disponibles. La recharge doit se faire à C/10 soit au maximum 10 ampères sur notre 100 Ah. Un cycle complet de recharge peut prendre 10 heures. Sur une batterie LIFePO4, on peut utiliser toute la capacité 100 ampères sur une 100 Ah et la recharger en une heure sous 100 ampères. Ces conditions de recharge ne peuvent être remplies que si l’on possède un chargeur ou un alternateur adapté.


Association des batteries

Pour augmenter la capacité on câble les batteries en parallèle (+ au +, - au -), pour augmenter la tension on câble les batteries en série (- au +). Deux batteries de 100 Ah en parallèle équivalent à une batterie de 12 volts 200 Ah et en série à une batterie de 24 volts 100 Ah. Cette règle s’applique quelle que soit la technologie de batterie plomb ou Lithium. La seule règle à respecter est de ne pas mélanger les technologies. Les batteries au plomb ouvert doivent être associées à des modèles plomb ouvert, celles GEL au GEL, etc.
Doit-on modifier son installation avec des batteries Lithium ? La réponse est oui, que ce soit au niveau du câblage ou des moyens de recharge (alternateur, éolienne, solaire, chargeur). 

Vetus batterie AGM
Vetus batterie AGM


La fabrication des batteries

Les batteries traditionnelles (plomb, GEL, AGM) nécessitent pour leur fabrication des moyens techniques importants qui ne peuvent être mis en œuvre que par de grandes sociétés spécialisées. Ces batteries sont proposées sur le marché souvent sous des noms de marques différentes. Il est évident que les petites sociétés ne peuvent pas se lancer dans cette fabrication. Pour le Lithium, on retrouve le même principe y compris des sociétés qui se spécialisent dans cette technologie. Mais, en pratique, réaliser une batterie au Lithium ne nécessite pas obligatoirement des moyens importants. On peut acheter des cellules et des BMS, les conditionner dans un boitier et réaliser une batterie. Cette technique permet suivant la provenance des composants (cellules et BMS) retenus de réaliser des batteries à des prix relativement bas. A titre d’exemple, on trouve des batteries Lithium LiFePO4 de 100 Ah à moins de 200 Euros et des modèles de marques connues à 900 Euros. Qu’en est-il de la qualité ? C’est un des points qui sera repris dans le prochain article dédié au Lithium.


L’avenir est-il aux batteries Lithium ?

Dans le domaine terrestre de l’automobile à la trottinette, elles ont été retenues et ce pour deux raisons principales : la capacité et le temps de recharge réduit. Des incidents sont rapportés régulièrement comme le feu. Bien souvent, il se déclare pendant la charge (surcharge ou chargeur défectueux) et concerne principalement les batteries NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt) dont la stabilité est moindre que sur les LiFePO4.
Nous reviendrons prochainement sur les avantages et inconvénients de cette technologie.
 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.