
Pouvez-vous présenter l’association que vous présidez et son rôle sur la Côte d’Émeraude ?
"L’Association des professionnels du nautisme de la Côte d’Émeraude regroupe les acteurs de la filière nautique, de Cancale jusqu’au Cap Fréhel. Elle est née d’une volonté commune des professionnels de se structurer pour porter un projet collectif, en premier lieu celui du Salon nautique de Saint-Malo. L’idée était de nous rassembler pour faire entendre la voix du terrain et défendre les intérêts des exposants."
Cette association a-t-elle été créée spécifiquement pour le salon ?
"Elle a été créée dans cette perspective, oui. Même si elle existe officiellement depuis un peu plus longtemps, son action est aujourd’hui principalement tournée vers la mise en place du Salon nautique de Saint-Malo. C’était une attente forte des professionnels du territoire."
Quel est votre rôle dans l’organisation du salon aux côtés de la CCI ?
"En tant que présidente de l’association, je représente les professionnels du nautisme et prend part aux comités de pilotage du salon depuis le début, aux côtés de la CCI Ille-et-Vilaine, de la Ville, du Port et de l’ensemble des partenaires. Cette coopération est essentielle, car ce sont les professionnels qui connaissent le mieux le marché et les attentes des exposants."
Comment qualifieriez-vous aujourd’hui la situation économique de la filière nautique ?
"Le marché est clairement sous tension. L’activité est morose depuis plusieurs mois et les volumes ne sont pas au rendez-vous. Malgré tout, nous avons constaté lors du dernier salon nautique de Paris un regain d’intérêt du public, avec des ventes qui se sont conclues et qui ne se seraient probablement pas faites sans ce type d’événement."
Vous croyez donc toujours au rôle des salons nautiques ?
"Oui, profondément. Un salon reste un moment à part. Il fait rêver, bien sûr, mais surtout il met les acheteurs potentiels dans de bonnes conditions. Il permet de présenter une offre globale que toutes les concessions ne peuvent pas montrer seules, faute de place ou de moyens. Dans ce contexte économique, le Nautique de Saint-Malo est un outil commercial essentiel."
Le retour du salon nautique de Paris est-il une bonne nouvelle pour les salons régionaux comme Saint-Malo ?
"Ce qui est important, ce sont des salons de qualité. Les petits événements locaux ont parfois moins d’impact, mais lorsque l’on réussit à réunir de grandes marques avec des stands ambitieux, comme c’est le cas à Saint-Malo, cela change la donne. Il faut donner envie et continuer à faire rêver les visiteurs, même dans une période compliquée."
Pourquoi avoir choisi une date au mois d’avril pour le Salon nautique de Saint-Malo ?
"Le printemps est une période stratégique. Après les grands salons d’automne et d’hiver, il n’y avait plus rien sur notre façade maritime. Avril permet aux professionnels de vendre des bateaux en stock et de les livrer rapidement, avant la saison. C’est aussi le moment où les plaisanciers se projettent de nouveau dans leurs projets nautiques."
Le salon a-t-il un impact concret sur l’activité des entreprises locales ?
"Oui, clairement. L’édition précédente a montré que le salon pouvait générer des ventes directes et soutenir l’activité annuelle des entreprises. Cette année, à deux mois de l’événement, environ 80 % des surfaces intérieures et extérieures sont déjà réservées, avec une dynamique encore meilleure que l’an dernier à la même période."
Ce salon joue-t-il aussi un rôle pour l’économie locale au sens large ?
"Absolument. Le Salon nautique de Saint-Malo est un projet collectif qui dépasse largement le cadre des seuls marchands de bateaux. La CCI porte le salon avec le soutien de la Ville, du port, et des associations nautiques. Cette mobilisation commune est, selon moi, l’une des clés de la réussite du salon."
Peut-on s’attendre à des nouveautés pour cette édition ?
"Oui, mais certaines choses restent encore confidentielles. Il y aura évidemment un clin d’œil fort à la Route du Rhum, dont Saint-Malo est la ville de départ, avec des animations et des temps forts spécifiques. L’objectif est de renforcer encore l’attractivité et le rayonnement du salon."
Quel message souhaitez-vous faire passer aux professionnels et aux visiteurs ?
"Ce salon est la démonstration qu’en travaillant collectivement, avec l’appui de la CCI et de l’ensemble des acteurs du territoire, il est possible de créer un événement nautique ambitieux, à rayonnement régional, voire au-delà. Nous avons besoin de ce type de rendez-vous pour soutenir durablement la filière nautique et continuer à la faire vivre."
Rendez-vous pris pour la prochaine édition, du 16 au 19 avril à Saint-Malo !
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