Zéro déchet en croisière : comment éliminer le plastique sans se compliquer la vie à bord ?

Culture nautique

En mer, le plastique n’est pas une abstraction. Il envahit les coffres, gonfle les poubelles, retient les odeurs et complique la vie à bord. Pourtant, supprimer l’essentiel du jetable en croisière ne relève ni du militantisme ni de l’utopie. Avec une organisation simple et des choix pragmatiques dès l’avitaillement, il est possible de naviguer longtemps en produisant très peu de déchets. Voici une méthode concrète, pensée pour les plaisanciers, loin des grands discours et proche de la réalité du bord.

En mer, le plastique n’est pas une abstraction. Il envahit les coffres, gonfle les poubelles, retient les odeurs et complique la vie à bord. Pourtant, supprimer l’essentiel du jetable en croisière ne relève ni du militantisme ni de l’utopie. Avec une organisation simple et des choix pragmatiques dès l’avitaillement, il est possible de naviguer longtemps en produisant très peu de déchets. Voici une méthode concrète, pensée pour les plaisanciers, loin des grands discours et proche de la réalité du bord.

Zéro déchet en croisière : 10 astuces pour supprimer le plastique à bord

En navigation côtière comme au large, la gestion des déchets est rarement anticipée avec autant de rigueur que la sécurité ou la météo. Pourtant, après quelques jours en mer, le constat est implacable : les emballages plastiques occupent un volume disproportionné par rapport à leur utilité. Une croisière de 7 à 10 jours peut produire plusieurs sacs de déchets, dont une grande part constituée de films, de sachets et de bouteilles.

À l’échelle mondiale, les estimations sur la pollution plastique marine se comptent en dizaines de millions de tonnes déjà présentes dans les océans. Les projections montrent qu’en l’absence de réduction à la source, les flux annuels pourraient encore augmenter dans les décennies à venir. Le plaisancier n’est évidemment pas le principal responsable de cette situation, mais il peut, à son échelle, cesser d’alimenter le problème.

La clé n’est pas d’embarquer des gadgets écologiques. Elle consiste à repenser trois moments précis : l’avitaillement, la conservation à bord et la gestion des déchets jusqu’à leur dépôt à terre.

Penser “emballages” avant de penser “produits”

La réduction du plastique commence au quai, avant même le départ. La plupart des déchets sont achetés avec la nourriture. Un paquet sous film, une barquette, une bouteille d’appoint semblent anodins isolément. Ensemble, ils saturent les coffres.

Une méthode efficace consiste à raisonner en termes d’entrées à bord. Chaque produit doit être évalué non seulement pour son intérêt alimentaire, mais aussi pour ce qu’il laissera comme résidu. Les contenants en métal, en verre ou en carton se stockent et se trient plus facilement. Les films plastiques, eux, s’accumulent et se déchirent.

De nombreux chefs de bord adoptent une règle simple : tout ce qui peut être déballé à terre doit l’être avant de larguer les amarres. Cela évite de transformer le carré en atelier de tri improvisé.

Remplacer le jetable par l’organisation

Le film alimentaire est l’un des plus grands pourvoyeurs de déchets invisibles. À l’usage, il est fragile, peu adapté aux mouvements du bateau et souvent jeté après une seule utilisation. Des contenants rigides empilables et quelques bocaux robustes assurent une meilleure conservation, résistent aux chocs et limitent considérablement les déchets.

Le vrac, longtemps perçu comme une pratique urbaine, trouve en réalité tout son sens en mer. Riz, pâtes, céréales, fruits secs ou café, stockés dans des boîtes étanches, permettent de réduire les emballages souples et d’améliorer la visibilité des stocks. Moins d’oubli signifie aussi moins de gaspillage, et donc moins de déchets organiques.

L’eau, poste stratégique de la croisière

La bouteille d’eau en plastique reste un classique des départs précipités. Pourtant, sur une croisière de plusieurs jours, elle représente un volume important de déchets et une manutention inutile.

Rendre l’eau du bord fiable et rassurante est un levier majeur. Une routine claire de remplissage, des contenants durables pour chaque équipier et une solution adaptée pour sécuriser l’eau permettent d’éviter l’achat réflexe de packs supplémentaires. Le bénéfice est immédiat : moins de plastique, moins d’encombrement, plus de cohérence.

Les petits formats individuels doivent être bannis autant que possible. Une gourde solide par personne devient vite aussi indispensable que le gilet de sauvetage lors des manœuvres.

Cuisiner pour réduire les déchets

Une part importante des emballages provient des repas improvisés, des portions individuelles et des produits prêts à consommer. En croisière, revenir à des plats simples, préparés à partir de produits de base, réduit fortement le volume de plastique.

Il ne s’agit pas de transformer la cuisine en contrainte permanente, mais de viser un socle cohérent. Quatre jours sur sept, une cuisine structurée permet d’éviter la multiplication des emballages jetables. Les conserves en métal ou en bocal, par exemple, sont plus simples à gérer que les sachets multicouches.

La gestion des restes joue également un rôle déterminant. On peut facilement, à bord, s’imposer comme règle d’intégrer chaque reste dans un nouveau repas dans les 24 heures. Cette discipline limite à la fois le gaspillage et le volume de déchets organiques à stocker.

Anticiper grâce à la météo

Les achats de dernière minute, motivés par la crainte d’une dégradation des conditions, génèrent souvent des emballages supplémentaires. Une bonne anticipation des étapes et des fenêtres météo permet de calibrer plus précisément les quantités embarquées.

Gérer les déchets comme un poste de sécurité

À bord, la gestion des déchets doit être organisée avec la même rigueur que la sécurité. Un contenant pour les recyclables, un autre pour les déchets résiduels, un compartiment fermé pour les matières odorantes : cette structuration simple évite la saturation du bateau.

Les réglementations internationales encadrent strictement les rejets en mer, et le plastique ne bénéficie d’aucune tolérance. Les ports, notamment en Europe, disposent d’installations dédiées à la réception des déchets des navires de plaisance. Arriver avec des sacs triés et compacts facilite la dépose et limite le temps passé à quai.

Un gain concret pour le plaisancier

Réduire le plastique à bord n’est pas seulement un geste environnemental. C’est aussi un choix de confort et d’efficacité. Un bateau moins encombré de sacs, de films et de bouteilles est plus agréable à vivre, plus sain et plus simple à organiser.

La transition ne se fait pas en une seule croisière. Elle repose sur des décisions répétées jusqu’à devenir des réflexes. Lorsque l’équipage commence à se demander comment éviter un emballage avant même qu’il n’entre à bord, le changement est réel.

Naviguer sans plastique superflu n’enlève rien à la liberté de la croisière. Au contraire, cela allège le bateau, clarifie l’organisation et renforce le lien entre le marin et le milieu dans lequel il évolue. Une écologie pragmatique, adaptée aux contraintes du large, qui transforme la gestion des déchets en un véritable savoir-faire de plaisancier.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.