
Une croisière d’une semaine n’a rien d’une expédition extrême. Et pourtant, elle révèle très vite un problème bien connu des plaisanciers : le plastique prend une place disproportionnée à bord. Non pas parce qu’il est lourd, mais parce qu’il est volumineux, envahissant et difficile à gérer dans un espace confiné. Très rapidement, les sacs se remplissent, les odeurs apparaissent, et l’on passe plus de temps à gérer les déchets qu’à profiter de la navigation.
La première chose à rappeler est évidente, mais indispensable. Aucun déchet, quel qu’il soit, ne doit être jeté à la mer. Ni plastique, ni papier, ni restes alimentaires, ni objets “biodégradables”. Tout revient à terre. C’est une obligation morale, environnementale et réglementaire. Partir avec cet état d’esprit change déjà beaucoup de choses dans la manière de préparer sa croisière.
Penser l’eau autrement que par la bouteille
Sur une semaine, les bouteilles d’eau représentent souvent le premier poste de déchets plastiques. Elles prennent de la place, s’écrasent mal et s’accumulent rapidement. De nombreux navigateurs ont depuis longtemps adopté une organisation plus rationnelle, basée sur des gourdes rigides et l’eau stockée à bord dans de grands contenants, voire en filtrant l’eau des réservoirs. Cette approche permet non seulement de réduire fortement les déchets, mais aussi de libérer des coffres entiers et d’éviter les allers-retours incessants pour refaire le plein de bouteilles.
Faire les courses comme un marin, pas comme un consommateur pressé
La majorité des déchets plastiques provient d’achats faits “au cas où”. Portions individuelles, produits sur-emballés, lots promotionnels inutiles. En croisière, cette logique est contre-productive. Les équipages expérimentés raisonnent plutôt en repas planifiés. En sachant précisément ce qui sera cuisiné sur sept jours, on achète moins, mais mieux. Résultat : moins d’emballages, moins de nourriture gaspillée, et moins de déchets organiques difficiles à stocker.
Remplacer les sachets par des contenants durables
Le plastique souple est l’ennemi numéro un à bord. Il gonfle les sacs, se recycle mal et finit toujours par envahir la poubelle ou s’envoler… en mer ! Une solution simple consiste à transférer les aliments secs dans des bocaux ou des boîtes rigides avant le départ. Pâtes, riz, céréales, biscuits, fruits secs, café ou sucre se conservent mieux, se rangent plus facilement et ne génèrent aucun déchet pendant la croisière.
Éliminer le film plastique et les sacs jetables
Le film alimentaire et les sacs à fermeture glissante sont très pratiques à terre, mais redoutables en mer. Ils se multiplient, se déchirent et finissent systématiquement à la poubelle. Des boîtes hermétiques et des emballages réutilisables en tissu enduit remplissent exactement la même fonction, tout en étant plus robustes et plus adaptés à la vie à bord, notamment dans un réfrigérateur soumis aux mouvements du bateau.
Dire adieu aux portions individuelles
Café en capsule, jus en mini-bouteilles, biscuits emballés à l’unité, dosettes de lait ou de sauce. Tout cela génère une quantité impressionnante de déchets pour un bénéfice très limité. À bord, les formats familiaux, les produits à partager et les préparations simples sont bien plus adaptés. Une cafetière manuelle, du café moulu ou du thé en vrac suffisent largement pour une semaine, sans produire une montagne de plastique inutile.
Passer l’hygiène en version solide
Les flacons de produits d’hygiène sont une source constante de plastique, mais aussi de fuites et de désordre. Savon, shampoing, produit vaisselle ou même certains produits de rasage existent aujourd’hui sous forme solide. En plus de réduire considérablement les déchets, ces solutions sont plus faciles à ranger, ne coulent pas et durent souvent plus longtemps qu’un équivalent liquide.
Utiliser des produits d’entretien concentrés
Les bidons et pulvérisateurs prennent beaucoup de place pour une utilisation limitée. Les versions concentrées, à diluer dans un contenant déjà présent à bord, permettent de réduire fortement le volume de plastique embarqué. C’est un détail, mais à l’échelle d’une croisière, il contribue à alléger considérablement la gestion des déchets.
Organiser les déchets comme un rangement technique
Même avec les meilleures intentions, il reste toujours une part de déchets. L’erreur consiste à tout mélanger dans un seul sac. Privilégiez une organisation claire : un contenant pour les déchets recyclables secs, compactés au maximum, un récipient étanche pour les déchets organiques à vider régulièrement à terre, et un sac résiduel réduit au strict minimum. Cette méthode évite les odeurs, limite les volumes et simplifie la gestion des poubelles lors des escales.
Transformer chaque escale en point de dépose, pas en point d’achat
À chaque arrêt, la tentation est grande de refaire des courses complètes. Pourtant, les escales sont surtout l’occasion de déposer les déchets accumulés et de recharger ce qui est réellement nécessaire. En limitant les achats impulsifs et en privilégiant les produits durables ou rechargeables, on évite de recréer le problème à chaque étape de la croisière.
Ce que change vraiment une croisière presque sans plastique
Naviguer en réduisant fortement ses déchets ne relève ni de la contrainte ni du militantisme. C’est avant tout une question de confort, d’espace et de bon sens marin. Moins de sacs à gérer, moins d’odeurs, moins de désordre, et une relation plus respectueuse avec le milieu dans lequel on évolue. En mer, tout ce qui est embarqué doit être assumé jusqu’au retour à terre. C’est une règle ancienne, mais plus actuelle que jamais.
Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.
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