Photographie sous-marine pour débutants : quel matériel choisir et quels réglages adopter

Plongée
Par Le Figaro Nautisme

Entre les couleurs qui disparaissent, la lumière qui baisse vite et les mouvements permanents du sujet comme du photographe, la photographie sous-marine demande quelques repères simples pour bien commencer. Inutile pourtant de viser tout de suite un équipement de professionnel. Avec un matériel cohérent, quelques réglages de base et une bonne méthode, il est déjà possible de rapporter des images nettes, lisibles et beaucoup plus vivantes que de simples souvenirs bleutés.

Entre les couleurs qui disparaissent, la lumière qui baisse vite et les mouvements permanents du sujet comme du photographe, la photographie sous-marine demande quelques repères simples pour bien commencer. Inutile pourtant de viser tout de suite un équipement de professionnel. Avec un matériel cohérent, quelques réglages de base et une bonne méthode, il est déjà possible de rapporter des images nettes, lisibles et beaucoup plus vivantes que de simples souvenirs bleutés.
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Pourquoi les photos sous l’eau sont si différentes
Sous l’eau, la lumière change très vite. Le rouge est absorbé en premier, puis les autres couleurs chaudes, ce qui explique pourquoi beaucoup d’images tirent vers le bleu ou le vert. À cela s’ajoutent la perte de contraste, les particules en suspension et un autofocus parfois moins à l’aise qu’en surface. C’est la raison pour laquelle la balance des blancs, la distance au sujet et la gestion de la lumière comptent autant, parfois plus, que le boîtier lui-même.

 

Le bon matériel pour débuter, sans se compliquer la vie
Pour un débutant, le plus raisonnable reste souvent un compact robuste ou un appareil étanche simple à prendre en main, plutôt qu’un gros reflex enfermé dans un caisson coûteux. PADI recommande d’ailleurs de commencer avec un petit système, plus accessible et moins intimidant, tandis qu’OM System met en avant ses compacts Tough comme porte d’entrée classique pour les snorkeleurs et plongeurs débutants. L’idée est simple : mieux vaut un ensemble léger que l’on maîtrise vraiment qu’un équipement ambitieux dont on exploite à peine 10 % des possibilités. 
Le point décisif n’est pas seulement l’appareil, mais aussi le caisson. Avant d’acheter un boîtier, il faut vérifier qu’un caisson fiable existe, qu’il soit de marque constructeur ou d’un fabricant spécialisé. PADI insiste sur ce point, car certains appareils séduisants sur le papier deviennent beaucoup moins intéressants dès lors qu’ils ne disposent pas d’une solution de protection réellement disponible et adaptée à la profondeur visée.

 

Les accessoires vraiment utiles au début
Le premier accessoire à ne pas négliger est l’entretien du caisson. Un joint mal installé, une poussière ou une fermeture mal contrôlée suffisent à ruiner une sortie. PADI recommande de préparer son matériel dans un environnement propre, avec chiffon non pelucheux, graisse silicone adaptée et, si possible, sachets de silice contre l’humidité. Ce n’est pas la partie la plus spectaculaire de la photo sous-marine, mais c’est celle qui évite les très mauvaises surprises. 
Vient ensuite la question de la lumière. Pour beaucoup de scènes, surtout dès que l’on s’éloigne un peu de la surface, un éclairage artificiel améliore fortement le rendu des couleurs. PADI rappelle qu’en photo sous-marine, la lumière additionnelle change souvent plus les résultats que le changement de boîtier lui-même. Pour commencer, il n’est pas indispensable d’investir tout de suite dans 2 flashs externes, mais une petite lampe vidéo ou un flash simple peut déjà transformer des images ternes en photos beaucoup plus lisibles.

 

Avec quoi commencer, smartphone, action cam ou compact ?
Le smartphone dans un caisson dédié peut suffire pour du snorkeling ou des images souvenir prises près de la surface, surtout si l’on reste dans une eau claire. L’action cam, elle, est pratique pour la vidéo et les scènes larges, mais elle devient vite limitée dès que l’on cherche un vrai contrôle de l’exposition ou un rendu plus photographique. Le compact expert reste souvent le meilleur compromis pour débuter sérieusement : il tient mieux la route en photo, accepte des modes semi automatiques, et reste plus facile à transporter qu’un hybride équipé d’un gros caisson.

 

Les réglages à connaître avant la première mise à l’eau
Le premier bon réflexe consiste à photographier en RAW dès que l’appareil le permet. Ce format conserve davantage d’informations et facilite ensuite la récupération des couleurs, notamment via la balance des blancs. Plusieurs guides spécialisés rappellent qu’en RAW, la correction colorimétrique en post traitement est beaucoup plus souple qu’en JPEG, surtout dans un univers où la dominante bleue arrive très vite. Ensuite, il faut raisonner en fonction du sujet. Pour un poisson, un détail de corail ou une petite scène proche, il vaut mieux rester près du sujet, activer le mode macro si nécessaire, et garder le zoom au minimum. UW Photography Guide conseille justement de rester en grand angle ou très peu zoomé au début, car cela aide à faire la mise au point de plus près et améliore nettement la netteté globale. Sous l’eau, la règle est connue : ce n’est pas le zoom qui fait la photo, c’est la proximité.

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Quels réglages simples utiliser au début
Pour démarrer sans se perdre dans des réglages trop techniques, le mode priorité ouverture est souvent le plus confortable. Il permet de garder la main sur la profondeur de champ tout en laissant l’appareil ajuster la vitesse. En ambiance lumineuse correcte, une ouverture modérée donne souvent de meilleurs résultats qu’une optique totalement ouverte, parce qu’elle aide à conserver plus de netteté sur le sujet. Si l’appareil propose un mode sous-marin crédible, il peut aussi servir de point de départ très correct pour les premières sorties. 
Côté sensibilité, l’idée est de rester le plus bas possible pour limiter le bruit, puis d’augmenter seulement si la lumière manque. La vitesse, elle, doit être assez rapide pour compenser à la fois les mouvements de l’eau, ceux du sujet et ceux du photographe. Dès qu’un poisson bouge vite ou que la visibilité devient moyenne, il faut éviter de descendre trop bas, sinon l’image devient molle. Ce sont des principes généraux de photo, mais ils deviennent encore plus importants sous l’eau où tout bouge en permanence.

 

La balance des blancs, le réglage qui change tout
La balance des blancs est sans doute le réglage le plus décisif pour un débutant. En lumière ambiante, un réglage manuel à partir d’une surface neutre, par exemple une ardoise blanche, permet d’obtenir des couleurs bien plus justes qu’un simple mode automatique, surtout à faible profondeur. UW Photography Guide recommande même de refaire cette balance régulièrement quand la profondeur change, car le rendu colorimétrique évolue très vite sous l’eau. En revanche, quand on utilise un flash ou un strobe, plusieurs guides conseillent de revenir à une balance des blancs automatique, car une balance manuelle peut produire des images trop rouges. C’est un détail technique, mais il explique pourquoi certains débutants obtiennent des résultats incohérents d’une photo à l’autre sans comprendre d’où vient le problème.

 

Flash intégré, lampe, ou lumière naturelle ?
Pour les sujets très proches, un flash intégré peut déjà redonner de la couleur. UW Photography Guide indique qu’à courte distance, en gros dans la zone des 60 à 90 cm, ce flash peut être utile, alors qu’au-delà il devient beaucoup moins efficace. C’est pour cette raison que les photos d’ambiance prises de loin avec le flash du boîtier restent souvent décevantes : la lumière n’atteint pas vraiment le sujet, mais elle éclaire très bien les particules entre l’objectif et lui. Pour les scènes plus larges, les paysages sous-marins ou les images en apnée près de la surface, la lumière naturelle peut suffire, à condition de travailler dans une eau claire et d’avoir le soleil avec soi. Nikon rappelle d’ailleurs que le snorkeling constitue une bonne porte d’entrée, justement parce que l’on reste dans les couches d’eau les plus lumineuses. C’est là que l’on comprend vite un principe essentiel : plus on garde le sujet près de soi et plus on reste près de la surface, plus la photo a de chances d’être belle.

 

Les erreurs qui gâchent presque toutes les premières photos
La première erreur consiste à photographier trop loin. L’eau réduit la netteté, le contraste et les couleurs, donc un sujet éloigné paraît vite plat. La deuxième erreur est de vouloir tout régler en même temps sous l’eau, sans avoir répété les manipulations à sec auparavant. PADI et UW Photography Guide insistent tous les 2 sur ce point : il faut connaître son appareil avant la plongée, et idéalement tester caisson, commandes et mode macro en dehors de l’eau avant la première vraie sortie. 
L’autre faute classique est d’oublier que la technique ne remplace pas la maîtrise de l’eau. PADI, Nikon et plusieurs guides de spécialité rappellent qu’une bonne flottabilité est indispensable, non seulement pour réussir ses images, mais aussi pour éviter d’endommager le milieu ou de se mettre soi-même en difficulté. Une photo ratée n’est jamais grave, un corail touché ou une remontée mal contrôlée l’est beaucoup plus.

 

Une base simple pour réussir ses premières images
Pour un débutant, la meilleure formule reste donc assez claire : un compact ou un appareil étanche bien protégé, un caisson sérieux, le format RAW, peu de zoom, une distance courte avec le sujet, une balance des blancs surveillée, et une pratique progressive dans une eau lumineuse. La photographie sous-marine devient compliquée quand on veut tout maîtriser d’emblée, mais elle devient passionnante dès qu’on comprend 2 ou 3 lois simples de lumière, de couleur et de distance. C’est souvent à ce moment-là que les premières vraies photos apparaissent, celles qui donnent envie de recommencer dès la sortie suivante.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.