Prix d’un bateau électrique en 2026 : combien faut-il vraiment prévoir

Le bateau électrique attire de plus en plus de plaisanciers, mais au moment de regarder les devis, la même réalité s’impose vite : les prix restent élevés. En 2026, le marché est plus lisible qu’il y a encore 3 ans, avec de vraies offres pour la balade, la pêche et la sortie à la journée, mais il demeure très loin de l’abondance et des tarifs du thermique. Entre un petit bateau pour profiter de la côte, un modèle plus ambitieux et le simple remplacement d’un hors-bord, les écarts sont considérables.

Des bateaux bien réels, mais pas encore à prix doux

Pour un plaisancier, l’entrée de marché commence désormais avec de petits bateaux électriques de balade qui existent en série, mais qui restent vendus à des niveaux encore élevés. Chez RAND Boats, on trouve par exemple des Breeze 20 affichés à 51 260 €, 57 490 € ou 60 030 € hors TVA selon les configurations visibles en stock. Même sur ce segment, l’électrique n’est donc plus une curiosité, mais ce n’est pas encore une solution bon marché. 
Dès que l’on monte vers un bateau plus polyvalent, capable d’embarquer davantage de monde et d’offrir un programme plus large, le budget grimpe vite. Toujours chez RAND, des Mana 23 apparaissent à 57 720 € hors TVA pour certaines unités, tandis qu’une autre configuration plus équipée est annoncée à 82 100 € avec un Torqeedo Cruise 10.0 RS et une batterie lithium de 10 kWh. 
Le cap psychologique des 100 000 € est ensuite franchi très rapidement. X Shore présente son X Shore 1 comme un daycruiser de 6,5 m à partir de 129 000 €, ce qui donne une bonne idée du prix d’accès à une vraie plaisance électrique plus premium. À ce niveau, on ne parle plus d’un bateau d’initiation, mais d’un produit déjà très positionné. Plus haut encore, le haut de gamme reste clairement réservé à une clientèle fortunée. Candela annonce son C 8 à 330 000 € hors TVA, tandis que des Eelex 8000 d’occasion ou de démonstration apparaissent encore à 199 000 € sur la page officielle de stock de X Shore. Autrement dit, l’électrique sait déjà couvrir le segment premium, mais il ne l’a pas encore démocratisé.

Ce que cela veut dire, concrètement

En 2026, un plaisancier qui veut acheter un bateau électrique neuf pour se promener, pêcher ou sortir à la journée doit retenir un ordre de grandeur assez simple. Sous les 50 000 €, l’offre reste encore rare. Entre 50 000 € et 90 000 €, on commence à trouver de vraies unités de plaisance. Entre 100 000 € et 150 000 €, on entre dans une catégorie plus statutaire, plus équipée et plus aboutie. Au-delà, on bascule dans un univers premium où la technologie, le design et l’image comptent autant que l’usage lui-même.

 

© RAND

 

Changer seulement le moteur, une porte d’entrée bien plus accessible

Pour beaucoup de plaisanciers, le passage à l’électrique ne commence pas par l’achat d’un bateau neuf. Il commence par le remplacement du hors-bord. C’est aujourd’hui l’option la plus réaliste pour une annexe, une petite barque, un bateau léger de pêche ou une unité utilisée sur de courtes sorties. Là encore, les prix varient fortement selon la puissance et surtout selon la batterie choisie. Chez Torqeedo, le Travel s’adresse aux petites embarcations avec un moteur de 1 100 W, tandis que le Travel XP monte à 1 600 W et est présenté comme un équivalent 5 ch. Torqeedo affiche aussi une batterie Travel UL à 1 399 € TTC et une Travel Battery XP à 1 699 € TTC, ce qui montre bien qu’en électrique, la batterie pèse immédiatement dans le budget global. 
Chez Mercury, la gamme Avator vise clairement les plaisanciers qui veulent remplacer un petit thermique par une solution plus moderne. La marque affiche l’Avator 7.5e à partir de 3 555 dollars US sur une version régionale de son site. Plus haut, l’Avator 20e est annoncé à partir de 3 940 dollars US, et l’Avator 35e est proposé chez des revendeurs spécialisés à 4 749 € avec une puissance de 4,4 kW. Sa batterie de 5,40 kWh est, elle, affichée à 2 559 €, ce qui fait rapidement grimper la facture une fois le système complet assemblé. 
Chez ePropulsion, le Navy 3.0 Evo développe 3 kW et se présente comme un équivalent 6 ch, adapté notamment aux annexes, petits pneumatiques et bateaux de pêche en aluminium. Au-dessus, le Navy 6.0 Evo atteint 6 kW. Un revendeur l’affiche à 3 499 € pour le moteur, puis à 4 957 € pour un ensemble comprenant moteur, télécommande, batterie 48 V 100 Ah et chargeur. Là encore, la logique du marché est limpide : le moteur seul ne raconte jamais toute l’histoire. 
Pour résumer ces conversions, un petit hors-bord électrique destiné à une annexe ou à une très petite embarcation démarre aujourd’hui autour de 1 500 € à 2 000 € hors accessoires ou batterie selon les marques. Un ensemble cohérent pour un usage plaisance léger se situe plus souvent entre 3 000 € et 6 000 €. Et dès que l’on veut davantage de puissance et d’autonomie, le budget dépasse facilement les 7 000 €.

 

© Mercury

 

Pourquoi l’électrique coûte encore si cher

Le premier poste, ce sont les batteries. C’est vrai pour les moteurs seuls, et encore plus pour les bateaux complets. L’Agence internationale de l’énergie rappelle que les prix des packs lithium ion ont baissé de 20 % en 2024, soit la plus forte baisse depuis 2017. Cela va dans le bon sens, mais la plaisance reste un marché de faibles volumes, avec des contraintes marines fortes et des coûts d’intégration encore élevés. 
Le second frein, c’est l’échelle industrielle. Le bateau thermique bénéficie d’une offre immense, de chaînes d’approvisionnement bien rodées et de décennies d’optimisation. L’électrique, lui, progresse vite mais reste concentré sur quelques marques et sur des volumes modestes. C’est ce qui explique qu’un petit moteur ou un bateau de balade puisse sembler cher par rapport à un équivalent thermique encore très diffusé.

 

© Candela

 

L’usage peut compenser une partie de l’investissement

Une fois sur l’eau, l’électrique garde malgré tout des arguments solides. Candela affirme par exemple que le coût d’usage de son C 8 est 95 % plus faible que celui d’un bateau à moteur thermique comparable, et met aussi en avant un prix de possession très inférieur sur la durée. Même si ce discours concerne un modèle très particulier, la logique vaut à plus petite échelle pour beaucoup d’usages de plaisance : l’électricité coûte moins cher que l’essence, et l’entretien mécanique est généralement plus limité. 
Cela ne veut pas dire que l’électrique est automatiquement plus rentable dans tous les cas. Pour quelqu’un qui navigue peu, longtemps, loin ou vite, le surcoût à l’achat peut rester difficile à amortir. En revanche, pour des sorties courtes, régulières et bien cadrées, le calcul devient déjà beaucoup plus intéressant qu’il y a quelques années. 
Un marché encore cher, mais enfin concret

Aujourd'hui, acheter un bateau électrique de plaisance demande encore un vrai budget. Pour un bateau neuf, il faut souvent viser au moins 50 000 € à 60 000 € pour entrer sur le marché, puis accepter que les prix montent très vite vers 80 000 €, 100 000 € ou davantage. En revanche, le passage à l’électrique par le hors-bord est déjà beaucoup plus accessible et beaucoup plus crédible pour un plaisancier qui veut surtout naviguer autrement sans changer tout son bateau. L’électrique n’est donc plus une promesse floue. Il reste cher, oui, mais il est désormais bien installé dans le paysage nautiques. 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.