SailGP à Halifax : l’Australie frappe fort, la Suisse surprend et Artemis prend les commandes

Régates
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

La première journée du Canada Sail Grand Prix a tenu toutes ses promesses dans la rade d’Halifax. Entre vent instable, flotte divisée en 2 groupes et retours très attendus, l’Australie a confirmé sa domination tandis que la Suisse a signé sa première victoire de la saison 2026.

La première journée du Canada Sail Grand Prix a tenu toutes ses promesses dans la rade d’Halifax. Entre vent instable, flotte divisée en 2 groupes et retours très attendus, l’Australie a confirmé sa domination tandis que la Suisse a signé sa première victoire de la saison 2026.

Une entrée en matière piégeuse à Halifax

La rade d’Halifax n’a pas offert une journée facile aux 13 équipages engagés sur cette nouvelle étape du Rolex SailGP Championship. Vent changeant, bascules rapides, parcours resserré au plus près du rivage : les conditions ont vite imposé une lecture fine du plan d’eau et une grande capacité d’adaptation.

Pour cette première journée, la flotte était répartie en 2 groupes, en fonction du classement général du championnat. Chaque groupe a disputé 2 manches, dans un format qui a rendu les débats plus lisibles, mais aussi plus nerveux. Sur ces F50 capables de filer à très haute vitesse dès que le vent permet de voler, la moindre erreur de placement s’est payée immédiatement.

Dans ce contexte instable, 2 équipes ont particulièrement marqué les esprits : les Bonds Flying Roos australiens dans le groupe A et Artemis dans le groupe B.

L’Australie confirme son statut de patron

Les Australiens ont terminé la journée avec un score parfait : 2 victoires en 2 manches validées. Ils avaient même franchi la ligne en tête lors de la toute première course, finalement abandonnée car le temps limite de 9 minutes venait d’être dépassé. Un contretemps qui n’a pas vraiment perturbé l’équipage de Tom Slingsby.

Dès la manche rejouée, les Bonds Flying Roos ont repris leur marche en avant. Après avoir dépassé la Nouvelle-Zélande dans le premier bord, ils ont contrôlé la course pour ouvrir leur compteur avec autorité. L’Espagne, sous les couleurs de Los Gallos, est venue prendre la 2e place grâce à un dépassement tardif, devant les Black Foils néo-zélandais, 3es pour leur retour à la compétition.

Tom Slingsby a résumé la journée avec satisfaction : « C’était une journée difficile, mais nous nous sommes adaptés du mieux possible. Chaque décision a tourné dans notre sens, donc nous sommes vraiment contents. »

La 2e manche du groupe A a confirmé cette impression. Même après un départ moins évident, l’Australie a su revenir et s’imposer dans un vent plus léger. Depuis plusieurs épreuves, les Flying Roos semblent avoir ajouté une corde à leur arc : leur capacité à rester dangereux même lorsque les conditions ne sont pas idéales pour voler en permanence.

La Nouvelle-Zélande retrouve le rythme

Le retour des Black Foils était l’un des grands événements de ce week-end canadien. Après 4 mois d’absence, l’équipage néo-zélandais a retrouvé le circuit avec une vraie solidité. Une 3e place puis une 2e place permettent à Peter Burling et ses hommes d’aborder la journée décisive dans une position intéressante.

Le duel avec l’Australie a déjà ravivé l’une des rivalités les plus suivies du championnat. Peter Burling n’a pas caché que le retour dans le rythme demandait un effort particulier : « C’est forcément très compliqué de revenir, mais c’est génial d’être de retour. »

Sur la dernière manche, les Néo-Zélandais ont longtemps pu espérer inquiéter les Australiens. Burling a reconnu que tout s’était joué sur quelques détails, dans un vent instable où la sortie de manœuvre et la capacité à rester sur les foils faisaient toute la différence. De quoi annoncer une suite de week-end très disputée.

La Suisse signe le gros coup du jour

Dans le groupe B, la première manche a offert les meilleures conditions de vol de la journée. L’équipe américaine a d’abord franchi la ligne en tête, avec Emirates GBR dans son sillage. Mais la course a surtout été marquée par la remontée spectaculaire de la Suisse.

L’Explora Journeys Swiss SailGP Team a multiplié les dépassements pour finalement s’imposer et signer sa première victoire de la saison 2026. Pour Sébastien Schneiter, ce résultat marque une étape importante : « Nous avions des conditions assez similaires à l’entraînement, où il fallait beaucoup regarder ce qui se passait autour du bateau. C’est un bon pas en avant pour nous dans ce type de conditions. »

Le skipper suisse a aussi salué le format en flotte divisée, particulièrement adapté à un circuit qui continue de grandir. Avec un parcours plus court et moins de bateaux sur la ligne, les options tactiques deviennent plus nombreuses et les courses plus ouvertes.

Artemis s’impose au bout du suspense

La dernière course de la journée a vu Artemis et Emirates GBR se livrer un duel très serré. Les 2 équipages se sont disputé la tête jusqu’aux derniers mètres, avec un final indécis et une victoire arrachée par Artemis devant les Britanniques.

Nathan Outteridge a reconnu que l’arrivée avait été un peu trop serrée à son goût : « C’était plus proche que ce que nous aurions voulu. Avec les Britanniques, quand ils se sont séparés, nous savions qu’il fallait réussir le dernier empannage. Le vent est tombé dans ce coin, mais eux aussi sont sortis des foils. »

Grâce à cette victoire, Artemis prend la tête du groupe B après une journée solide dans des conditions pourtant loin d’être évidentes.

Une journée plus compliquée pour le Canada

Devant son public, NorthStar Canada a vécu une première journée plus difficile, avec une 6e puis une 5e place dans les courses de son groupe. Giles Scott n’a pas cherché d’excuse après l’arrivée : « C’était une journée vraiment difficile pour tout le monde, mais parfois cela se passe comme ça. »

Le soutien du public a toutefois marqué l’équipage canadien. Plus de 6 000 spectateurs avaient pris place dans les zones payantes, auxquels se sont ajoutés des milliers de curieux massés le long du front de mer d’Halifax.

Pour Giles Scott, courir à domicile reste un moment particulier : « Le soutien du Canada et de tout Halifax a été incroyable pour SailGP et bien sûr pour NorthStar. Voir une tribune aussi impressionnante en étant l’équipe locale, c’est quelque chose de spécial. »

Une finale encore très ouverte

Après cette première journée, l’Australie a envoyé un message clair à ses rivaux. Les Bonds Flying Roos sont rapides, solides tactiquement et capables de s’imposer même dans des conditions irrégulières. Artemis a également frappé fort, tandis que la Suisse a rappelé que les surprises restent possibles dès que le plan d’eau devient imprévisible.

Avec la Nouvelle-Zélande de retour dans le match, Emirates GBR toujours dangereuse et une flotte plus dense que jamais, la journée finale s’annonce particulièrement ouverte. Halifax a déjà offert du spectacle, des dépassements et des arrivées serrées. Il ne reste plus qu’à savoir qui saura transformer cette première impression en victoire.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.
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