Alexia Barrier met le cap sur la Route du Rhum en Ultim : « Ouvrir la voie et donner envie de tenter l’impossible »

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Française la plus rapide autour du monde à la voile, Alexia Barrier s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. La navigatrice prendra le départ de la prochaine Route du Rhum, le 1er novembre 2026 à Saint-Malo, à bord du mythique maxi-trimaran IDEC SPORT. Un défi en solitaire, en classe Ultim, qui mêle ambition sportive, symbole fort et volonté d’ouvrir la voie aux nouvelles générations.

Française la plus rapide autour du monde à la voile, Alexia Barrier s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. La navigatrice prendra le départ de la prochaine Route du Rhum, le 1er novembre 2026 à Saint-Malo, à bord du mythique maxi-trimaran IDEC SPORT. Un défi en solitaire, en classe Ultim, qui mêle ambition sportive, symbole fort et volonté d’ouvrir la voie aux nouvelles générations.

 

Une Route du Rhum qui ressemble à une première fois

Alexia Barrier connaît déjà la Route du Rhum. Mais cette nouvelle participation aura une saveur très particulière. Ce sera sa deuxième fois sur la mythique transatlantique en solitaire, et pourtant, tout donne le sentiment d’un nouveau départ. Nouveau projet, nouveau bateau, nouvelle dimension : à bord d’IDEC SPORT, la navigatrice française s’apprête à entrer dans l’univers exigeant des Ultim. « J’ai hâte de refaire une course en solitaire. J’aime apprendre, et naviguer seule sur un Ultim va me permettre d’apprendre encore plus, encore mieux », a-t-elle confié lors de sa conférence de presse.

Après l’aventure du Trophée Jules Verne avec The Famous Project, Alexia Barrier retrouve donc le solitaire avec l’envie de progresser encore. Cette Route du Rhum n’est pas seulement une course de plus à son calendrier. Elle marque une nouvelle étape, plus engagée, plus technique, plus intense, sur une machine hors norme.

Première femme en Ultim sur la Route du Rhum

L’annonce porte aussi une dimension historique. En prenant le départ en classe Ultim, Alexia Barrier deviendra la première femme engagée dans cette catégorie sur la Route du Rhum. Un symbole fort, qu’elle assume avec lucidité, mais sans jamais réduire son projet à cette seule première.

« Être la première femme au départ en Ultim, c’est évidemment une étape importante. Mais ce que je souhaite surtout, c’est ouvrir la voie à d’autres femmes, à de nouvelles générations », explique-t-elle.

Pour la navigatrice, l’enjeu dépasse donc la performance individuelle. Il s’agit de montrer que ces grands multicoques, longtemps réservés à quelques profils très expérimentés, peuvent aussi devenir le terrain d’expression de nouvelles ambitions féminines. Dans cette trajectoire, Alexia Barrier n’oublie pas celles qui ont ouvert la voie avant elle.

Elle a notamment évoqué Florence Arthaud, immense figure de la course au large et première femme victorieuse de la Route du Rhum. Une source d’inspiration évidente pour celle qui s’apprête, à son tour, à prendre le départ en solitaire sur un grand multicoque. « J’ai envie de lui faire honneur », a-t-elle rappelé, en évoquant l’héritage laissé par cette navigatrice qui a marqué l’histoire de la voile.

Cette dimension symbolique donne une profondeur supplémentaire au projet. Pour Alexia Barrier, il ne s’agit pas seulement de traverser l’Atlantique. Il s’agit aussi de prolonger une histoire, de transmettre un message et de montrer que les lignes peuvent encore bouger. « J’aimerais que cette aventure donne aux gens l’envie de tenter l’impossible », résume-t-elle.

IDEC SPORT, un bateau de légende à remettre en ordre de bataille

Au centre de cette aventure, il y a un bateau mythique : IDEC SPORT. Ce maxi-trimaran fait partie des grands noms de la course au large. Avec près de vingt ans de navigation et un palmarès exceptionnel, il reste l’un des Ultim les plus emblématiques de sa génération.

Pour Alexia Barrier et son équipe, l’enjeu est désormais de remobiliser le projet autour de ce bateau de légende. IDEC SPORT est actuellement en chantier à Brest et doit être remis à l’eau le 3 août. D’ici là, plusieurs travaux importants sont en cours.

Le foil est en réparation, tout comme la grand-voile, qui avait été déchirée lors du Trophée Jules Verne. Mais le chantier ne se limite pas à une remise en état. L’équipe travaille aussi à faire évoluer le bateau pour le rendre plus sûr, plus ergonomique et plus adapté à une navigation en solitaire.

Le plancher est notamment rehaussé, tandis que certains éléments sont abaissés afin de faciliter les manœuvres. Sur un Ultim, où chaque déplacement demande de l’énergie et où chaque geste compte, ces ajustements peuvent faire une vraie différence.

« Aujourd’hui, on fait évoluer le bateau pour plus de sécurité, mais aussi avec davantage de technologie », explique Alexia Barrier. L’objectif est clair : arriver à Saint-Malo avec un bateau fiable, performant et mieux adapté aux contraintes d’une traversée en solitaire.

Une préparation physique capitale

Naviguer seule sur un Ultim impose une préparation très spécifique. Sur ces machines puissantes, la performance ne dépend pas seulement de la stratégie météo ou de la capacité à faire avancer le bateau. Elle repose aussi sur l’endurance physique.

Alexia Barrier le sait : les cent prochains jours seront décisifs. « Mon enjeu personnel aujourd’hui, c’est d’arriver forte au départ », insiste-t-elle. À bord, les efforts seront nombreux, répétés, parfois éprouvants. Une grande partie du temps peut se passer au moulin à café pour actionner les winchs et régler les voiles. La navigatrice évoque jusqu’à huit heures par jour consacrées à ces efforts physiques sur ce type de bateau.

Pour mieux répartir la charge, un vélo sera également installé à bord afin de solliciter les jambes en complément du haut du corps. Une adaptation importante, pensée pour tenir dans la durée et préserver la lucidité tout au long de la traversée. Cette préparation physique s’annonce donc comme l’un des grands chantiers avant le départ. Il faudra être prête à encaisser, à récupérer vite, à répéter les manœuvres et à rester concentrée dans des conditions parfois très exigeantes.

Une équipe solide autour d’une navigatrice seule en mer

La Route du Rhum se court en solitaire, mais elle se prépare en équipe. Autour d’Alexia Barrier, plusieurs marins expérimentés vont accompagner la montée en puissance du projet. La navigatrice doit notamment s’entraîner avec Brian Thompson, Loïck Peyron, ainsi qu’avec plusieurs navigatrices engagées dans l’aventure du Trophée Jules Verne. Cette phase d’entraînement sera essentielle pour reprendre pleinement la main sur IDEC SPORT, affiner les manœuvres, tester les évolutions apportées au bateau et accumuler de la confiance avant le grand départ.

Alexia Barrier aborde cette nouvelle étape avec plus de sérénité qu’il y a quelques années. « Je me sens beaucoup moins stressée qu’au moment du Trophée Jules Verne. J’ai plus de maîtrise, plus d’expérience, je connais mieux le bateau », confie-t-elle.

Mais elle sait aussi que le départ de Saint-Malo sera un moment à part. La foule, l’émotion, la pression sportive, la puissance du bateau : tout contribuera à rendre cette journée intense. « Le départ de la Route du Rhum, c’est une sacrée étape. Oui, je serai stressée, mais ce sera du bon stress. »

Une wild card pour un projet hors norme

Alexia Barrier bénéficie d’une wild card pour prendre le départ de cette prochaine Route du Rhum. Une invitation qui permet à son projet de rejoindre la ligne de départ et de s’inscrire dans l’histoire singulière de cette course, connue pour réunir des profils très différents. Dans ce plateau, la présence d’Alexia Barrier en Ultim aura forcément une résonance particulière. Elle incarne à la fois un défi de très haut niveau, un projet collectif et une volonté de faire bouger les lignes dans la course au large.

Un projet scientifique et pédagogique

Cette Route du Rhum ne sera pas seulement une aventure sportive. Alexia Barrier souhaite aussi embarquer une dimension scientifique et pédagogique. Pendant la course, IDEC SPORT transportera des capteurs destinés à la recherche, dans la continuité de l’engagement porté par The Famous Project. L’objectif est de profiter de la traversée pour collecter des données utiles, tout en donnant du sens à cette navigation. La mer devient alors un terrain de performance, mais aussi d’observation, de transmission et de sensibilisation.

Un programme pédagogique sera également mis en place pour permettre aux enfants de suivre l’aventure. À travers la course, ils pourront découvrir la navigation, la météo, l’océan, la vie à bord et les enjeux d’un grand projet au large. « Donner envie aux enfants de suivre cette aventure, c’est aussi leur donner envie de croire que les grandes histoires sont possibles », souligne Alexia Barrier.

Cette volonté de transmission donne une dimension plus large à sa participation. La Route du Rhum devient un récit à partager, un support d’apprentissage et une manière d’ouvrir l’univers de la course au large au plus grand nombre.

Si le projet sportif est lancé, son équilibre économique reste un enjeu majeur. Alexia Barrier cherche encore des partenaires pour accompagner cette campagne jusqu’à Saint-Malo et permettre à IDEC SPORT d’arriver dans les meilleures conditions au départ.

À Brest, un pôle partenaires a été initié afin de réunir des entreprises locales autour du projet. L’idée est d’ouvrir l’aventure à des acteurs économiques qui n’ont pas forcément les moyens des grands sponsors, mais qui souhaitent s’associer à une histoire forte, visible et porteuse de sens. « Nous cherchons toujours des partenaires. Nous voulons aussi permettre à des entreprises locales de rejoindre l’aventure, avec des budgets plus accessibles, tout en leur offrant une vraie visibilité », explique la navigatrice.

Cette approche correspond bien à l’esprit du projet : fédérer, embarquer, créer un collectif autour d’une aventure sportive et humaine.

Dernière ligne droite avant Saint-Malo

La dernière ligne droite se jouera en septembre et octobre. Avant cela, il faudra remettre IDEC SPORT à l’eau, enchaîner les navigations, finaliser les réglages, poursuivre la préparation physique et renforcer le projet avec de nouveaux partenaires.

À Saint-Malo, Alexia Barrier souhaite aussi que le public puisse célébrer IDEC SPORT, son histoire et ce nouveau chapitre. Le village de la Route du Rhum sera l’occasion de mettre en lumière ce bateau de légende, mais aussi le message porté par cette participation.

Car ce départ ne sera pas seulement celui d’une navigatrice sur une transatlantique. Ce sera celui d’une femme seule en Ultim, sur un bateau mythique, avec l’envie assumée d’ouvrir une voie.

Le 1er novembre 2026, Alexia Barrier s’élancera donc vers la Guadeloupe avec un défi immense devant elle : traverser l’Atlantique, tenir le rythme, maîtriser une machine hors norme et porter un message. Celui d’une navigatrice qui veut avancer, transmettre, inspirer et rappeler que les grandes aventures commencent souvent par une décision simple : oser prendre le départ.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.