Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : bulletin météo du mercredi 4 novembre
• Matthieu Perraut a chaviré mardi soir sur son Ocean Fifty Elvest, à 400 milles au nord des Açores.
• Charles Caudrelier, Jérémie Beyou et Armel Tripon ont annoncé leur abandon.
• Armel Le Cléac'h a chaviré ce matin vers 5h30, au large des Açores.
• Au pointage de mercredi à 7 heures, Thomas Coville revient à 19 milles du leader des Ultim, Tom Laperche.
• Les Class40 seront les plus exposés à la dépression des Açores et devront adapter leur trajectoire pour préserver leurs bateaux.
• Une seconde dépression pourrait confronter les IMOCA et les Ocean Fifty à quelques heures de gros temps ce week-end.
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Nouveau coup dur sur la Route du Rhum : Matthieu Perraut a chaviré mardi soir à bord de son Ocean Fifty Elvest, à 400 milles au nord des Açores. Le navigateur a pu prévenir la direction de course. Selon les dernières informations transmises, il se trouvait en attente des secours. Ce chavirage prolonge une journée marquée par plusieurs abandons majeurs. Charles Caudrelier, tenant
du titre, a fait demi-tour vers Lorient après la découverte d’importants dommages sur le foil bâbord de son Maxi Edmond de Rothschild. En IMOCA, Jérémie Beyou a abandonné pour raisons médicales et Armel Tripon à la suite d’une avarie de safran.
En tête des Ultim, Tom Laperche conserve les commandes sur SVR-Lazartigue au pointage de ce mercredi à 7 heures. Thomas Coville remonte au deuxième rang, à 19 milles, devant Armel Le Cléac’h, qui a chaviré tôt ce matin.
Basile Bourgnon mène les Ocean Fifty devant Léonard Legrand. En IMOCA, Corentin Horeau dispose d’une avance plus confortable sur Boris Herrmann et Francesca Clapcich. Robin Follin prend la tête des Class40 devant Guillaume Pirouelle. En Vintage Multi, quelques milles séparent Éric Péron et Damien Seguin. Tanguy Caradec devance Kieran Le Borgne et Sidney Gavignet en Vintage Mono. Ces duels vont désormais se jouer sous une contrainte météo croissante.
L’Atlantique présente une situation complexe entre deux anticyclones, l’un sur le nord de l’Europe, l’autre au large de Terre-Neuve. Une étroite dorsale anticyclonique associée à des vents plus faibles, contrarie la progression du milieu de flotte. Plus à l’ouest, un couloir dépressionnaire apporte davantage de vent aux premiers Ultim qui retrouvent un vent portant derrière un front perturbé. Les concurrents évoluent ainsi dans des conditions très différentes selon leur position, entre ralentissements et reprise de vitesse.
Une dépression se creusera rapidement pour atteindre 1001 hPa jeudi à la mi-journée, à environ 300 milles au nord-ouest des Açores. Son influence gagnera une grande partie de la flotte. Sur son flanc ouest, un fort courant de nord instable s’installera. À l’est, le vent de sud-est se renforcera à l’approche d’un front perturbé actif. Les Class40 seront les plus exposés à ce système. La priorité passera de la performance à la préservation des bateaux. Il leur faudra adapter leur trajectoire pour limiter autant que possible le temps passé dans le vent fort et la mer forte.
La dépression devrait se creuser jusqu’à 994 hPa tout en restant à quelques centaines de milles au nord- ouest des Açores. Dans sa partie ouest, les vents de nord deviendront très forts, avec des rafales tempétueuses. Pour les Class40 concernés, la trajectoire et la durée d’exposition aux conditions les plus difficiles prendront le pas sur la recherche de vitesse. Plus au sud-ouest de l’Atlantique, une autre dépression, à caractère orageux, circulera à quelques centaines de milles au nord-est des Grandes Antilles. Elle générera un fort régime d’est sur sa bordure nord. Les Ultim puis les IMOCA et les Ocean Fifty risquent d’être confrontés à quelques heures de gros temps entre vendredi et ce week-end. Leur exposition dépendra de leur progression et de la position du système. Après la dépression tempétueuse des Açores, cette seconde dépression constituera le prochain point de vigilance sur la route de la Guadeloupe.
Les premiers Ultim qui ont traversé une dorsale et accepté de rallonger leur route pour chercher davantage de vent voient leurs efforts récompensés. Après le passage d’un front perturbé en début de journée, ils retrouvent un flux de nord très soutenu, permettant de filer vers le sud avec des pointes de vitesse à plus de 40 nœuds. Derrière, certains poursuivants doivent encore sortir des vents faibles de la dorsale. Thomas Coville a choisi une route plus au sud : si cette option lui a permis de combler une partie de son retard sur Tom Laperche, les prochaines heures devraient lui offrir des conditions moins favorables. Au nord des Açores, les premiers Ocean Fifty progressent rapidement dans un vent de nord-est assez fort, mais doivent multiplier les empannages, ces changements de bord au vent arrière. Deux possibilités se présentent : poursuivre vers le sud dans un vent de nord qui faiblira un peu, ou gagner vers l’ouest pour rejoindre le nouveau système perturbé et profiter du vent de nord portant derrière le front. Une grande partie des IMOCA évolue dans des vents plus faibles et irréguliers, à quelques centaines de milles au nord des Açores. La plupart cherchent à rejoindre un couloir plus venté à l’ouest pour accélérer et tenter d’échapper à la partie la plus active de la dépression en formation.
Les premiers Ultim poursuivront leur progression rapide vers le sud-ouest dans un vent de nord-est d’une vingtaine de nœuds, en bordure de l’anticyclone de l’ouest de l’Atlantique. En fin de journée, à l’approche d’une nouvelle dépression aux caractéristiques tropicales, le vent tournera à l’est et se renforcera jusqu’à 25 à 28 nœuds. Des grains orageux pourront produire des rafales proches de 40 nœuds. Dans une mer forte, les changements de voilure et les manœuvres demanderont une vigilance constante.
Une grande partie des Ocean Fifty et des IMOCA retrouvera un flux de nord se renforçant nettement derrière un front proche des Açores. Le vent atteindra 25 à 30 nœuds, avec des rafales autour de 40 nœuds sous les grains. La mer deviendra forte, avec des vagues de plus de 3 mètres. Les bateaux progresseront au portant vers le sud-ouest, avec l’objectif de s’éloigner rapidement de la dépression. Pour la plupart des Class40, le vent de sud-est se renforcera à l’avant du système, jusqu’à 25 à 28 nœuds en fin de journée. Les rafales pourront atteindre 35 à 40 nœuds au passage du front. Les vagues se creuseront jusqu’à 2,5 à 3 mètres, dans une mer devenant agitée à forte.
Les premiers Ultim passeront au sud de la dépression située au nord-est des Grandes Antilles. Ils retrouveront alors un vent de sud-ouest d’une vingtaine de nœuds, les obligeant à naviguer au près, face au vent de biais, en direction de la Guadeloupe. La mer forte et désordonnée rendra cette séquence exigeante, avec la fatigue déjà accumulée depuis le départ. Les premiers Ocean Fifty et IMOCA bénéficieront temporairement de conditions moins fortes. Entre l’anticyclone au large des côtes américaines et la seconde dépression, ils avanceront au portant dans un vent de nord-est modéré. Celui-ci tournera progressivement à l’est en se renforçant à l’approche du système. Quelques heures de gros temps restent possibles ce week-end. Pour une grande partie des Class40, vendredi s’annonce particulièrement éprouvant sous l’influence de la dépression des Açores, avec du vent violent et une mer très forte. La performance passera au second plan : il faudra préserver le matériel et adapter la route pour sortir au plus vite des zones les plus exposées. Traverser cette séquence sans avarie constituera l’enjeu majeur des prochains jours.
