Route du Rhum - Destination Guadeloupe 2026 : SVR-Lazartigue embarque un sonar inédit pour éviter les collisions avec les baleines

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

À quelques jours du départ de la Route du Rhum 2026, le trimaran SVR-Lazartigue de Tom Laperche s’apprête à tester une innovation qui pourrait changer la course au large. Développé par Thales, en collaboration avec Kresk Développement et MerConcept, un système sonar embarqué doit permettre de détecter les mammifères marins et les objets flottants avant qu’ils ne représentent un danger. Une première mondiale qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la sécurité des navigateurs et la protection des cétacés.

À 40 nœuds, soit près de 75 km/h, quelques secondes peuvent faire toute la différence. Pour les skippers engagés dans les grandes courses océaniques, les collisions avec des objets flottants ou des mammifères marins constituent un risque permanent. À ces vitesses, repérer une baleine à la surface et modifier sa trajectoire à temps relève parfois de l’impossible.

C’est précisément pour répondre à cette problématique que le trimaran SVR-Lazartigue s’apprête à embarquer une technologie inédite. À l’occasion de la Route du Rhum 2026, dont le départ sera donné le 1er novembre à Saint-Malo, Tom Laperche pourra compter sur un système sonar capable de détecter les obstacles sous-marins en temps réel et de l'alerter suffisamment tôt pour envisager une manœuvre d'évitement. Développé dans le cadre d’un partenariat entre Kresk Développement, Thales et MerConcept, ce dispositif représente un investissement de plusieurs millions d’euros. Son ambition est double : protéger les grands cétacés tout en réduisant les risques pour les marins et leurs bateaux.

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Un sonar adapté aux contraintes extrêmes des Ultim

Si les sonars sont utilisés depuis longtemps dans le domaine maritime, leur intégration à un trimaran de course de 32 mètres représente un véritable défi technique. Les Ultim sont conçus pour atteindre des vitesses considérables grâce à leurs foils, qui leur permettent de s’élever au-dessus de l’eau et de réduire leur résistance à l’avancement. À pleine vitesse, seuls quelques mètres carrés du bateau restent en contact avec l’eau. Sur SVR-Lazartigue, la surface immergée peut ainsi se limiter à environ 4 m², avec notamment la dérive centrale. Une configuration particulièrement complexe pour installer un dispositif acoustique capable de fonctionner efficacement sans compromettre les performances du trimaran.

Les équipes de Thales et de MerConcept ont donc travaillé à adapter une technologie issue de l’expertise de Thales dans les sonars aux exigences de la course au large. Poids, consommation énergétique, hydrodynamisme et résistance aux hautes vitesses ont dû être pris en compte. Le système repose sur des capteurs acoustiques et des algorithmes de traitement du signal capables d’identifier la présence de mammifères marins ou d’objets flottants non identifiés, les fameux OFNIS, qui constituent l’une des grandes préoccupations des navigateurs océaniques.

Autre enjeu essentiel : rendre ces informations immédiatement compréhensibles pour le skipper. Le team SVR-Lazartigue a ainsi développé une interface permettant de transformer les données recueillies par le sonar en alertes directement exploitables en navigation. L’objectif est de donner au marin le temps nécessaire pour adapter sa trajectoire, même lorsque son bateau évolue à très grande vitesse.

Tom Laperche : « Détecter l’invisible et réagir en quelques secondes »

Pour Tom Laperche, qui prendra le départ de la Route du Rhum à bord de SVR-Lazartigue, cette innovation pourrait constituer une avancée majeure dans la manière d’aborder les risques de collision. « Quand nous naviguons à 40 nœuds, nous pouvons croiser la route d'une baleine sans la voir venir. Cette technologie doit nous permettre de détecter l'invisible et de réagir en quelques secondes. C'est une vraie chance de pouvoir l'embarquer et la tester dans des conditions réelles, pendant la Route du Rhum. »

Car malgré des premiers essais jugés très prometteurs, le dispositif reste expérimental. La prochaine Route du Rhum constituera donc une étape importante pour évaluer son fonctionnement en situation réelle, au fil d’une traversée de l’Atlantique où les conditions de mer, les vitesses et les contraintes de navigation évolueront constamment. Il faudra encore du temps pour fiabiliser complètement cette technologie. Son installation ne garantit donc pas, à ce stade, la disparition des collisions, mais elle représente une piste particulièrement intéressante pour améliorer la cohabitation entre les voiliers de compétition et la faune marine.

Une première mondiale née d'un projet lancé en 2022

L'arrivée de ce sonar sur SVR-Lazartigue est l'aboutissement de plusieurs années de réflexion. Les premières discussions autour du projet remontent à 2022, avant que Kresk Développement, le family office de Didier Tabary et propriétaire des marques SVR et Lazartigue, décide en 2024 de financer son développement. Deux ans plus tard, le système est prêt à être expérimenté en course. Une première mondiale qui témoigne d'une volonté de faire évoluer les pratiques dans un sport où la recherche de performance doit désormais composer avec les enjeux de préservation de l'environnement marin.

Cette initiative s’inscrit notamment dans les engagements de Kresk Développement, qui a créé en 2021 le fonds de dotation Kresk4Oceans, consacré à la protection des océans. « Si ce dispositif fonctionne comme nous l'espérons, il révolutionnera la course au large, la rendant plus éco-responsable en préservant la biodiversité marine et en particulier les grands cétacés. Il permettra également de rendre ces courses plus sûres pour les marins et leurs bateaux », souligne Didier Tabary, président de Kresk Développement.

Du côté de Thales, cette collaboration illustre également la possibilité de mettre des technologies acoustiques avancées au service de nouveaux usages maritimes, au-delà de leurs applications traditionnelles.

Une technologie qui pourrait dépasser le cadre de la course au large

Si les premiers résultats se confirment, les perspectives pourraient être importantes. L’objectif ne serait plus seulement d’équiper les trimarans de compétition, mais d’envisager, à plus long terme, une adaptation de cette technologie à d’autres catégories de navires.

Didier Tabary évoque notamment la possibilité d’étudier son application à la navigation de plaisance, voire à certains navires de commerce. Une perspective intéressante alors que les collisions entre navires et grands cétacés constituent une menace pour plusieurs populations de mammifères marins.

Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers SVR-Lazartigue et sa prochaine traversée de l’Atlantique. En plus de relever le défi sportif de la Route du Rhum, Tom Laperche participera à une expérimentation grandeur nature dont les enseignements pourraient contribuer à faire évoluer les équipements de sécurité en mer. Une innovation qui rappelle que la course au large peut aussi servir de laboratoire pour imaginer une navigation plus sûre et davantage respectueuse de la vie marine.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.