Golden Globe Race : Damien Guillou affronte ses premières dépressions australes avant le cap de Bonne-Espérance

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Après 52 jours de mer, Damien Guillou conserve la tête de la Golden Globe Race. À l'approche du cap de Bonne-Espérance, le skipper de Solarem vient d'affronter son premier véritable coup de vent, avec des rafales proches de 50 nœuds et une mer particulièrement agitée. Un premier test réussi pour le navigateur, qui découvre progressivement les conditions redoutables des mers australes.

Après 52 jours de mer, Damien Guillou conserve la tête de la Golden Globe Race. À l'approche du cap de Bonne-Espérance, le skipper de Solarem vient d'affronter son premier véritable coup de vent, avec des rafales proches de 50 nœuds et une mer particulièrement agitée. Un premier test réussi pour le navigateur, qui découvre progressivement les conditions redoutables des mers australes.

© polaRYSE | Effets Mer | Solarem

 

Le grand Sud commence à montrer les dents ! Après plusieurs semaines de navigation relativement paisibles depuis son départ de Bretagne, Damien Guillou vient de connaître un sérieux changement d'ambiance. Toujours leader de la Golden Globe Race, le navigateur français a dû composer ces derniers jours avec ses premières dépressions australes, à l'approche du cap de Bonne-Espérance, qu'il devrait franchir en début de semaine prochaine.

Pour retrouver du vent et éviter une vaste zone de hautes pressions, le skipper de Solarem a été contraint de descendre davantage vers le sud. Un choix stratégique qui lui a permis de poursuivre sa progression, mais qui l'a également exposé à des conditions nettement plus musclées. « On a eu notre premier coup de vent assez sérieux. Ça s'est bien passé, pas de souci avec le bateau. Je pense qu'on a eu aux environs de 50 nœuds, en tout cas largement plus de 40. J'ai passé le coup de vent sous tourmentin seul, grand-voile affalée. Ça l'a fait nickel ! », raconte Damien Guillou.

Malgré la violence des rafales, le bateau n'a montré aucun signe de faiblesse. Une première épreuve rassurante pour le skipper, même si les conditions restent délicates. Car lorsque le vent faiblit, la forte houle continue de secouer Solarem, rendant parfois la navigation particulièrement inconfortable.

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Froid, humidité et nuits agitées : le quotidien se complique à bord

L'arrivée dans les latitudes australes ne se traduit pas seulement par des vents plus puissants. À bord, les conditions de vie changent elles aussi rapidement. La température intérieure est descendue à 14 °C, l'humidité gagne du terrain et les nuits deviennent de moins en moins reposantes. « Je dors habillé en polaire et ça caille quand même la nuit ! J'ai rajouté des sacs dans ma bannette pour réduire la largeur, parce que je bouge trop », confie le navigateur.

Des ajustements qui peuvent sembler anodins, mais qui prennent toute leur importance dans une course autour du monde en solitaire. Avec une mer formée et un bateau constamment en mouvement, réussir à dormir quelques heures devient un véritable enjeu pour préserver ses forces. Et Damien Guillou n'en est encore qu'au début de cette nouvelle phase de navigation. Devant lui se profilent les longues traversées des océans Indien et Pacifique, où les dépressions australes peuvent s'enchaîner pendant plusieurs semaines.

Vincent Riou : « C'est un peu maintenant que l'aventure commence »

Pour Vincent Riou, vainqueur du Vendée Globe 2004-2005, cette première confrontation avec les dépressions australes marque un tournant important dans la course du skipper français. « Il a dû faire du sud pour retrouver du vent et, forcément, il s'est fait cueillir par les premières dépressions australes. C'est comme s'il était passé de l'autre côté de la barrière. C'est un peu maintenant que l'aventure commence pour lui », analyse l'ancien vainqueur du tour du monde en solitaire.

Jusqu'à présent, Damien Guillou avait bénéficié de conditions plutôt favorables. Désormais, il entre dans une zone où les systèmes dépressionnaires se succèdent, où les vagues peuvent devenir imposantes et où les possibilités de récupération se réduisent considérablement. « Il est rentré dans la période dure de sa course. Jusqu'ici, il a connu du beau temps depuis son départ de Bretagne et, d'un coup, il bascule dans l'ambiance des mers australes. Il est rentré dans le pays de l'ombre », poursuit Vincent Riou.

Une avance à préserver avant l'océan Indien

Sur le plan sportif, Damien Guillou conserve les commandes de la Golden Globe Race, même si ses poursuivants ont profité des dernières conditions météorologiques pour réduire une partie de leur retard. Le Français possède néanmoins un avantage : il a été le premier à rejoindre les latitudes australes. Son positionnement plus au sud pourrait lui permettre de raccourcir sa trajectoire et de bénéficier d'une route intéressante à l'entrée de l'océan Indien.

Encore faudra-t-il trouver le bon équilibre entre performance et préservation du bateau. Dans ces régions, descendre en latitude peut offrir une route plus directe, mais expose également les navigateurs à des conditions météorologiques particulièrement exigeantes.

À quelques jours du cap de Bonne-Espérance, Damien Guillou semble en tout cas avoir trouvé ses marques. Son premier gros coup de vent a été négocié sans avarie et le skipper conserve sa sérénité, malgré un quotidien devenu nettement plus éprouvant. Mais le répit pourrait être de courte durée. Un nouvel épisode de vent fort était déjà annoncé après cette première dépression. De quoi rappeler que, dans les mers australes, les conditions peuvent rapidement changer et que chaque journée apporte son lot de défis.

Après 52 jours de course, Damien Guillou aborde ainsi une nouvelle étape de son tour du monde. Toujours en tête et avec un Solarem qui répond présent, le navigateur français s'apprête désormais à affronter la partie la plus exigeante de son aventure.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.