Cette ville andalouse est encore plus agréable une fois l’été passé
Málaga a longtemps été une ville que l'on traversait. On y atterrissait avant de filer vers Marbella, Nerja ou les stations balnéaires de la Costa del Sol. La capitale provinciale a depuis repris le premier rôle. Son centre historique a retrouvé de l'allure, les quais ont été transformés et une constellation de musées a installé une vie culturelle capable de rivaliser avec l'appel des plages.
L'Alcazaba domine le centre depuis les pentes du mont Gibralfaro. Cette forteresse-palais, édifiée à l'époque musulmane puis remaniée, superpose remparts, cours et jardins. À son pied, le théâtre romain rappelle que l'histoire de Málaga se lit par strates. La montée jusqu'au château de Gibralfaro demande un effort, surtout aux heures chaudes, mais elle ouvre une vue remarquable sur les arènes, le port et la baie.
En redescendant, les rues piétonnes se resserrent autour de la cathédrale. Sa tour sud inachevée lui a valu le surnom de « Manquita », la manchote. Autour, les terrasses attirent, mais quelques pas suffisent pour retrouver des rues plus tranquilles et des adresses fréquentées par les habitants.
Pablo Picasso est né à Málaga en 1881. Le musée qui porte son nom occupe le palais de Buenavista, à proximité de l'Alcazaba, et présente un parcours à travers ses différentes périodes. La maison natale, sur la plaza de la Merced, complète cette découverte.
La ville ne s'est toutefois pas contentée d'un seul nom. Le Centre Pompidou Málaga a pris place près du port sous un cube de verre coloré ; le musée Carmen Thyssen explore notamment la peinture espagnole du XIXe siècle ; d'autres lieux occupent d'anciens bâtiments industriels. Cette densité permet d'alterner facilement visites et pauses au grand air.
Le marché central d'Atarazanas conserve une porte monumentale héritée des anciens arsenaux musulmans. À l'intérieur, poissons, fruits, charcuteries et comptoirs de dégustation donnent une lecture très vivante de la ville. C'est ici que l'on comprend que Málaga ne se résume pas aux espetos, ces sardines grillées sur des brochettes près de la plage, même s'ils restent un passage presque obligé.
Pour les goûter dans leur décor naturel, direction Pedregalejo ou El Palo. Ces anciens quartiers de pêcheurs à l'est du centre alignent de petites plages, des barques et des restaurants ouverts sur la promenade. L'atmosphère y devient plus locale, surtout en dehors des week-ends les plus chargés.
Le centre historique concentre les monuments, mais Málaga devient plus intéressante lorsqu'on en sort. Au nord, le quartier de la Victoria grimpe vers Gibralfaro et conserve une vie quotidienne moins tournée vers les visiteurs. À l'ouest du Guadalmedina, Soho s'est fait connaître par ses fresques, ses galeries et la reconversion d'anciens espaces urbains. Le fleuve, souvent réduit à un large lit sec, rappelle de son côté le caractère irrégulier des pluies méditerranéennes.
Plus loin, l'ancienne zone industrielle a accueilli de nouveaux lieux culturels, tandis que le front de mer continue d'évoluer. Cette transformation n'efface pas les tensions liées au succès touristique : saturation du centre, hausse des locations de courte durée et pression sur le logement sont devenues des sujets majeurs. Le voyageur peut limiter son empreinte en choisissant un hébergement déclaré, en fréquentant les commerces de quartier et en évitant de réduire la ville à quelques rues autour de la calle Larios.
Le réaménagement du port a rapproché Málaga de son front de mer. Muelle Uno relie le centre au terminal de croisière par une promenade bordée de boutiques, de restaurants et d'espaces culturels. La perspective sur l'Alcazaba et la cathédrale y est particulièrement belle en fin de journée. Un peu plus loin, la plage de la Malagueta reste la plus immédiate, pratique pour une baignade sans quitter la ville.
Muelle Uno reste facile à rejoindre à pied depuis le centre historique. Les voyageurs arrivant en croisière peuvent eux aussi gagner rapidement les principaux monuments, tandis que bus et taxis permettent de poursuivre vers Pedregalejo ou El Palo. Le port conserve cependant une activité commerciale importante : les promenades se concentrent dans les secteurs clairement aménagés pour le public.
Un premier jour peut réunir l'Alcazaba, le théâtre romain, la cathédrale et les ruelles du centre. Le deuxième se partage entre musée, marché, port et plage. Avec une journée supplémentaire, Pedregalejo, le jardin botanique historique de La Concepción ou une escapade vers les villages de la côte élargissent le séjour.
Les amateurs de nature peuvent également rejoindre les Montes de Málaga, massif boisé situé au nord de la ville. Les sentiers y offrent une rupture nette avec l'agitation du littoral, mais ils demandent de l'eau, une protection solaire et une vérification du risque d'incendie. Sur la côte, Nerja et ses falaises se prêtent à une excursion, tandis que l'intérieur conduit vers les villages blancs et vers le Caminito del Rey, accessible uniquement avec une organisation et une réservation adaptées.
Le printemps et l'automne sont particulièrement agréables. L'été, les températures et l'affluence incitent à visiter tôt, à ralentir en milieu de journée et à retrouver la mer en soirée. Málaga se savoure alors comme elle s'est réinventée : une ville de culture, certes, mais toujours guidée par son port et par la lumière méditerranéenne.
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