Panama : le paradis surf encore trop discret d’Amérique centrale

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Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Entre le Costa Rica, devenu une référence mondiale, et le Nicaragua, de plus en plus courtisé par les surfeurs, le Panama avance encore à l’ombre de ses voisins. Pourtant, ce petit pays d’Amérique centrale concentre 2 façades maritimes, des vagues puissantes, des plages sauvages et une vraie diversité de spots, du Pacifique aux Caraïbes. Une destination surf plus riche qu’elle n’en a l’air, encore capable de surprendre les voyageurs en quête de sessions, de nature et d’ambiance tropicale.

Entre le Costa Rica, devenu une référence mondiale, et le Nicaragua, de plus en plus courtisé par les surfeurs, le Panama avance encore à l’ombre de ses voisins. Pourtant, ce petit pays d’Amérique centrale concentre 2 façades maritimes, des vagues puissantes, des plages sauvages et une vraie diversité de spots, du Pacifique aux Caraïbes. Une destination surf plus riche qu’elle n’en a l’air, encore capable de surprendre les voyageurs en quête de sessions, de nature et d’ambiance tropicale.

© AdobeStock

Une destination qui a tout pour plaire aux surfeurs

Le Panama n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit lorsqu’on pense surf en Amérique centrale. Le pays évoque plutôt son canal, sa capitale verticale, ses îles caribéennes ou ses forêts tropicales. Pourtant, pour les amateurs de vagues, il possède un atout rare : 2 côtes très différentes, ouvertes sur le Pacifique d’un côté et sur la mer des Caraïbes de l’autre. Cette double exposition permet de varier les ambiances, les conditions et les niveaux de pratique, avec des spots accessibles aux surfeurs intermédiaires comme des vagues plus engagées réservées aux pratiquants confirmés. C’est justement cette variété qui rend la destination intéressante. Le Panama ne se résume pas à une plage iconique ou à une station surf déjà saturée. Le voyage se construit par étapes, entre villages côtiers, routes secondaires, traversées en bateau et séjours insulaires. L’expérience reste plus aventureuse que dans certaines destinations voisines, avec ce mélange de confort, de nature et d’imprévu qui donne souvent les meilleurs souvenirs.

 

Santa Catalina, le nom qui revient toujours

Sur la côte Pacifique, Santa Catalina occupe une place à part. Longtemps village de pêcheurs, cette destination de la province de Veraguas s’est imposée comme l’un des spots les plus réputés du pays. Sa vague principale attire surtout des surfeurs expérimentés, avec une houle régulière et une puissance qui peut devenir sérieuse lorsque les conditions sont bien alignées. Santa Catalina est souvent citée comme l’un des spots les plus constants du Panama, et sert aussi de porte d’entrée vers le parc national de Coiba, connu pour sa richesse marine. L’intérêt de Santa Catalina ne tient pas seulement à la vague. Le lieu garde une atmosphère assez brute, loin des grandes stations balnéaires trop aménagées. Les journées s’organisent autour de la mer, entre session matinale, sortie vers Coiba, plongée, snorkeling ou simple pause face au Pacifique. Pour un voyageur qui cherche une destination surf avec du relief, de la nature et un vrai sentiment d’éloignement, Santa Catalina coche beaucoup de cases.

 

Playa Venao, la version plus accessible

Plus au sud, sur la péninsule d’Azuero, Playa Venao offre une autre lecture du surf panaméen. La plage s’étire en large arc de sable gris, avec des vagues qui cassent dans les 2 sens et une atmosphère plus ouverte aux différents niveaux. C’est l’un des spots les plus connus du pays pour progresser, prendre des cours, louer une planche ou simplement vivre quelques jours dans une ambiance surf sans devoir affronter tout de suite les vagues les plus puissantes. Playa Venao a aussi l’avantage d’être plus facile à appréhender pour un premier voyage surf au Panama. Le cadre reste tropical, mais l’offre d’hébergements, de restaurants et d’écoles de surf s’est développée. Le lieu attire une clientèle internationale, sans perdre totalement son côté bout du monde. C’est souvent le bon compromis pour ceux qui veulent surfer tous les jours, voyager léger et garder un peu de confort entre 2 sessions.

Cambutal, l’option plus sauvage

Toujours sur la péninsule d’Azuero, Cambutal s’adresse davantage aux voyageurs qui aiment sortir des itinéraires les plus évidents. Le village reste plus discret, la côte plus ouverte, l’ambiance plus isolée. Ici, le surf se mêle à une impression de bout de route, avec des paysages plus bruts et une relation plus directe à l’océan. La destination est notamment connue pour attirer les surfeurs et les amateurs de pêche sportive, dans un décor moins développé que Playa Venao. C’est précisément ce qui fait son charme. Cambutal n’a pas besoin d’en faire trop. Le lieu parle aux voyageurs qui veulent moins de monde, moins de bruit, moins de mise en scène. Le surf y devient un prétexte pour prendre le temps, observer la côte, suivre le rythme de la marée et accepter que le voyage ne soit pas totalement calibré.

Bocas del Toro, le visage caribéen du surf panaméen

À l’opposé du pays, Bocas del Toro propose une toute autre ambiance. Ici, le surf se vit dans un archipel caribéen, entre Isla Colón, Isla Carenero et Isla Bastimentos. Les spots sont nombreux, les déplacements se font souvent en bateau taxi, et les vagues peuvent prendre des formes très différentes : reef breaks, point breaks, tubes, droites et gauches selon les secteurs. Bocas del Toro donne au surf panaméen une couleur particulière. L’eau turquoise, les villages sur pilotis, les fonds coralliens et la végétation dense composent un décor plus insulaire, presque plus dépaysant que la côte Pacifique. Les meilleurs mois pour profiter des vagues se situent surtout de décembre à mars, avec aussi de bonnes conditions possibles en juin, juillet et août. En septembre, octobre et novembre, la mer devient souvent plus avare en vagues, mais la destination reste intéressante pour le snorkeling, la plongée et la découverte de l’archipel. 

 

Une saison à choisir selon la côte

L’un des grands intérêts du Panama est de ne pas fonctionner comme une destination surf uniforme. Sur le Pacifique, les conditions les plus solides se rencontrent souvent pendant la saison des houles du sud, avec une période particulièrement recherchée entre le printemps et l’été. Les débutants et intermédiaires peuvent aussi préférer les mois plus secs, lorsque les vagues sont parfois plus lisibles et les conditions plus confortables. Sur la côte caribéenne, le calendrier change. À Bocas del Toro, les meilleures fenêtres se concentrent plutôt entre décembre et mars, puis sur certaines périodes de juin à août. Ce décalage permet d’imaginer plusieurs types de voyage selon la saison, le niveau de surf et l’envie d’un décor plus Pacifique ou plus caribéen.

 

Une destination surf, mais pas seulement

Réduire le Panama à ses vagues serait passer à côté de ce qui rend le voyage si intéressant. Le pays permet d’enchaîner assez facilement une étape urbaine à Panama City, une traversée du canal, une immersion dans la forêt tropicale, quelques jours sur la côte Pacifique et une parenthèse dans les Caraïbes. Pour un surfeur, cela change tout : le voyage ne dépend pas uniquement de la houle du jour. Cette diversité donne aussi au Panama une vraie valeur pour les accompagnants qui ne surfent pas. Plongée, snorkeling, randonnée, observation de la faune, sorties en bateau, pêche, villages côtiers, plages isolées : les journées ne tournent pas exclusivement autour de la planche. C’est l’une des raisons pour lesquelles le pays mérite davantage d’attention. Il offre une expérience complète, avec le surf comme fil conducteur, mais sans enfermer le séjour dans une seule pratique.

 

Comment s’y rendre et organiser son voyage

L’arrivée se fait généralement par Panama City, bien connectée au reste du continent américain et à plusieurs destinations internationales. Pour rejoindre Bocas del Toro, l’option la plus rapide consiste à prendre un vol intérieur d’environ 45 minutes entre Panama City et Bocas Town, sur Isla Colón. Il est aussi possible de rejoindre la région par la route, puis par bateau depuis le continent. Pour la côte Pacifique, l’organisation dépend du spot choisi. Playa Venao, Santa Catalina ou Cambutal demandent plus de route, mais c’est aussi ce qui préserve une partie de leur caractère. Louer une voiture reste souvent la solution la plus souple pour combiner plusieurs étapes, surtout si l’objectif est de passer d’un spot à l’autre en fonction des conditions.

 

Le Panama, une alternative crédible aux grands classiques

Le Panama ne cherche pas à remplacer le Costa Rica, ni à devenir une destination surf trop évidente. Son intérêt est ailleurs. Il séduit par sa diversité, par ses contrastes et par ce sentiment qu’il reste encore de la place pour voyager autrement. Les surfeurs expérimentés y trouvent des vagues puissantes, les intermédiaires peuvent progresser sur des spots plus accessibles, et les voyageurs curieux découvrent un pays où le surf dialogue avec la jungle, les îles, les villages et la mer.

C’est peut-être pour cela que le Panama reste sous-estimé. Il ne s’offre pas en une seule image. Il faut le parcourir, changer de côte, accepter quelques trajets, suivre les saisons et composer avec l’océan. Mais pour ceux qui aiment les destinations surf avec du caractère, c’est justement ce qui fait toute la différence.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.