Pêche de loisir : 5 poissons à ne pas garder si vous les remontez cet été

Pêche en mer
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Un poisson au bout de la ligne, ce n’est pas toujours un poisson dans la glacière. Taille minimale, période de fermeture, quota journalier, autorisation spéciale ou moratoire : certaines prises doivent impérativement repartir à l’eau. En mer, la pêche de loisir est encadrée par des règles précises, destinées à préserver les stocks et à éviter les prélèvements abusifs. Tour d’horizon de cinq poissons à connaître avant de pêcher.

Un poisson au bout de la ligne, ce n’est pas toujours un poisson dans la glacière. Taille minimale, période de fermeture, quota journalier, autorisation spéciale ou moratoire : certaines prises doivent impérativement repartir à l’eau. En mer, la pêche de loisir est encadrée par des règles précises, destinées à préserver les stocks et à éviter les prélèvements abusifs. Tour d’horizon de cinq poissons à connaître avant de pêcher.

© AdobeStock - driftwood

Avant de garder un poisson, le bon réflexe : mesurer, vérifier, relâcher

En pêche de loisir, la règle est simple : une prise ne se conserve que si elle respecte la taille minimale, la période autorisée, le quota éventuel et les règles propres à la zone de pêche. Le ministère de la Mer rappelle que les pêcheurs doivent respecter les tailles minimales, les techniques autorisées, les zones et les périodes ouvertes à la pêche. Les prises sont destinées à la consommation familiale et ne peuvent pas être vendues. Depuis 2026, certaines espèces dites « sensibles » font aussi l’objet d’un suivi renforcé, avec enregistrement et déclaration des captures pour les pêcheurs concernés. Une raison de plus pour ne pas partir pêcher sans avoir vérifié la réglementation de sa façade maritime.

 

1. Le bar européen : à relâcher s’il est trop petit ou pêché au mauvais moment

C’est l’un des poissons les plus recherchés des pêcheurs de loisir. Le bar, aussi appelé loup en Méditerranée, fait pourtant partie des espèces les plus encadrées. En Manche, mer du Nord et Atlantique, la taille minimale de conservation est de 42 cm. En dessous, il repart à l’eau, même si la prise est belle. La saison compte aussi. En 2026, en Manche et mer du Nord, du 1er février au 31 mars, seule la pêche suivie d’un relâcher est autorisée à la canne ou à la ligne à main : il est interdit de détenir ou de débarquer un bar capturé pendant cette période. Hors fermeture, le quota est fixé à trois bars par pêcheur et par jour dans ces zones. En Atlantique, zone CIEM 8, le quota est de deux bars par pêcheur et par jour.

À retenir : ne gardez jamais un bar sous la maille, ni un bar capturé pendant une période de fermeture, ni un poisson au-delà du quota autorisé.

 

2. Le lieu jaune : fermeture stricte de janvier à avril

Le lieu jaune est un poisson emblématique des côtes bretonnes et atlantiques. Sa chair fine en fait une prise convoitée, mais sa réglementation est très stricte. En 2026, du 1er janvier au 30 avril, aucun lieu jaune ne peut être capturé et détenu. La pratique du pêcher-relâcher est même interdite pour cette espèce sur les façades concernées. À partir du 1er mai et jusqu’au 31 décembre, la pêche redevient possible, mais dans la limite de deux spécimens par pêcheur et par jour. La taille minimale est fixée à 42 cm. Un lieu trop petit, ou capturé pendant la fermeture, doit donc être relâché immédiatement.

À retenir : pas de lieu jaune gardé avant le 1er mai, pas plus de deux par jour ensuite, et jamais sous 42 cm.

 

3. Le thon rouge : une prise exceptionnelle, mais jamais improvisée

Avec le thon rouge, on change d’échelle. Ici, la pêche de loisir est soumise à autorisation. Pour 2026, la pratique du pêcher-relâcher est autorisée du 1er juin au 15 novembre, à condition de relâcher le poisson vivant immédiatement après la capture. La capture avec conservation est encore plus encadrée. Elle n’est possible que pour les navires battant pavillon français, avec autorisation, bague de marquage et dans la limite d’un thon par navire et par jour, sur la période du 10 juillet au 16 octobre 2026. Sans bague, pas de conservation. Une déclaration de débarquement doit ensuite être adressée dans les 48 heures.

La taille minimale du thon rouge est de 30 kg ou 115 cm de longueur à la fourche.

À retenir : un thon rouge ne se garde jamais sans autorisation, sans bague, hors période ou sous la taille minimale.

 

4. Le mérou : en Méditerranée, on admire, on ne prélève pas

Le mérou brun est l’un des symboles de la Méditerranée. Longtemps raréfié, il fait l’objet de mesures de protection fortes. La DIRM Méditerranée indique que différentes espèces de mérous sont concernées par des réglementations spécifiques, à la fois en Méditerranée continentale et autour de la Corse. En Corse, l’État a reconduit pour dix ans le moratoire sur les mérous et le corb. Le communiqué précise que les mérous, protégés depuis les années 1980, restent interdits de pêche afin de ne pas ralentir la reconstitution des populations. Même si l’arrêté national mentionne une taille minimale de 45 cm pour les mérous en Méditerranée, les moratoires locaux plus protecteurs priment : dans les zones concernées, le poisson doit être relâché, quelle que soit sa taille.

À retenir : en Méditerranée française, le mérou n’est pas une prise à conserver, mais une rencontre à préserver.

 

5. Le corb : un poisson fragile, à remettre à l’eau

Discret, sombre, souvent observé près des roches et des herbiers, le corb est lui aussi protégé en Méditerranée. Comme le mérou, il bénéficie de moratoires reconduits pour plusieurs années. En Corse, l’interdiction concerne la pêche sous-marine, mais aussi la pêche de loisir à l’hameçon, palangre et palangrotte. L’arrêté national fixe une taille minimale de 35 cm pour le corb, en Atlantique comme en Méditerranée. Mais là encore, en Méditerranée, les interdictions locales prennent le dessus : si un corb mord à l’hameçon, il doit repartir à l’eau.

À retenir : en Méditerranée, le corb est à relâcher, même s’il semble dépasser la taille minimale.

 

Le cas à ne pas oublier : la raie brunette

Elle ne figure pas toujours dans les listes des poissons les plus connus des plaisanciers, mais elle mérite une vigilance particulière. La pêche de loisir de la raie brunette est interdite dans les divisions CIEM VIII a et VIII b, qui concernent une partie de la façade atlantique.

À retenir : dans les zones concernées, une raie brunette capturée accidentellement doit être remise à l’eau.

 

Le bon geste : préparer sa sortie avant de lancer sa ligne

La réglementation peut varier selon les façades maritimes, les départements, les espèces, les périodes et parfois les arrêtés préfectoraux. Avant une sortie, mieux vaut donc vérifier trois points : la taille minimale, la saison autorisée et le quota journalier. Une règle simple permet d’éviter les erreurs : en cas de doute, on relâche. Car derrière chaque maille, chaque fermeture et chaque quota, il y a le même objectif : laisser aux poissons le temps de grandir, de se reproduire et de maintenir des populations en bon état. La pêche de loisir reste un plaisir, mais elle devient aussi un geste de responsabilité. Un poisson relâché aujourd’hui peut être le signe d’une mer plus vivante demain.

 

Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.