Un poisson au bout de la ligne, ce n’est pas toujours un poisson dans la glacière. Taille minimale, période de fermeture, quota journalier, autorisation spéciale ou moratoire : certaines prises doivent impérativement repartir à l’eau. En mer, la pêche de loisir est encadrée par des règles précises, destinées à préserver les stocks et à éviter les prélèvements abusifs. Tour d’horizon de cinq poissons à connaître avant de pêcher.

Avant de garder un poisson, le bon réflexe : mesurer, vérifier, relâcher
En pêche de loisir, la règle est simple : une prise ne se conserve que si elle respecte la taille minimale, la période autorisée, le quota éventuel et les règles propres à la zone de pêche. Le ministère de la Mer rappelle que les pêcheurs doivent respecter les tailles minimales, les techniques autorisées, les zones et les périodes ouvertes à la pêche. Les prises sont destinées à la consommation familiale et ne peuvent pas être vendues. Depuis 2026, certaines espèces dites « sensibles » font aussi l’objet d’un suivi renforcé, avec enregistrement et déclaration des captures pour les pêcheurs concernés. Une raison de plus pour ne pas partir pêcher sans avoir vérifié la réglementation de sa façade maritime.
1. Le bar européen : à relâcher s’il est trop petit ou pêché au mauvais moment
C’est l’un des poissons les plus recherchés des pêcheurs de loisir. Le bar, aussi appelé loup en Méditerranée, fait pourtant partie des espèces les plus encadrées. En Manche, mer du Nord et Atlantique, la taille minimale de conservation est de 42 cm. En dessous, il repart à l’eau, même si la prise est belle. La saison compte aussi. En 2026, en Manche et mer du Nord, du 1er février au 31 mars, seule la pêche suivie d’un relâcher est autorisée à la canne ou à la ligne à main : il est interdit de détenir ou de débarquer un bar capturé pendant cette période. Hors fermeture, le quota est fixé à trois bars par pêcheur et par jour dans ces zones. En Atlantique, zone CIEM 8, le quota est de deux bars par pêcheur et par jour.
À retenir : ne gardez jamais un bar sous la maille, ni un bar capturé pendant une période de fermeture, ni un poisson au-delà du quota autorisé.
2. Le lieu jaune : fermeture stricte de janvier à avril
Le lieu jaune est un poisson emblématique des côtes bretonnes et atlantiques. Sa chair fine en fait une prise convoitée, mais sa réglementation est très stricte. En 2026, du 1er janvier au 30 avril, aucun lieu jaune ne peut être capturé et détenu. La pratique du pêcher-relâcher est même interdite pour cette espèce sur les façades concernées. À partir du 1er mai et jusqu’au 31 décembre, la pêche redevient possible, mais dans la limite de deux spécimens par pêcheur et par jour. La taille minimale est fixée à 42 cm. Un lieu trop petit, ou capturé pendant la fermeture, doit donc être relâché immédiatement.
À retenir : pas de lieu jaune gardé avant le 1er mai, pas plus de deux par jour ensuite, et jamais sous 42 cm.
3. Le thon rouge : une prise exceptionnelle, mais jamais improvisée
Avec le thon rouge, on change d’échelle. Ici, la pêche de loisir est soumise à autorisation. Pour 2026, la pratique du pêcher-relâcher est autorisée du 1er juin au 15 novembre, à condition de relâcher le poisson vivant immédiatement après la capture. La capture avec conservation est encore plus encadrée. Elle n’est possible que pour les navires battant pavillon français, avec autorisation, bague de marquage et dans la limite d’un thon par navire et par jour, sur la période du 10 juillet au 16 octobre 2026. Sans bague, pas de conservation. Une déclaration de débarquement doit ensuite être adressée dans les 48 heures.
La taille minimale du thon rouge est de 30 kg ou 115 cm de longueur à la fourche.
À retenir : un thon rouge ne se garde jamais sans autorisation, sans bague, hors période ou sous la taille minimale.
4. Le mérou : en Méditerranée, on admire, on ne prélève pas
Le mérou brun est l’un des symboles de la Méditerranée. Longtemps raréfié, il fait l’objet de mesures de protection fortes. La DIRM Méditerranée indique que différentes espèces de mérous sont concernées par des réglementations spécifiques, à la fois en Méditerranée continentale et autour de la Corse. En Corse, l’État a reconduit pour dix ans le moratoire sur les mérous et le corb. Le communiqué précise que les mérous, protégés depuis les années 1980, restent interdits de pêche afin de ne pas ralentir la reconstitution des populations. Même si l’arrêté national mentionne une taille minimale de 45 cm pour les mérous en Méditerranée, les moratoires locaux plus protecteurs priment : dans les zones concernées, le poisson doit être relâché, quelle que soit sa taille.
À retenir : en Méditerranée française, le mérou n’est pas une prise à conserver, mais une rencontre à préserver.
5. Le corb : un poisson fragile, à remettre à l’eau
Discret, sombre, souvent observé près des roches et des herbiers, le corb est lui aussi protégé en Méditerranée. Comme le mérou, il bénéficie de moratoires reconduits pour plusieurs années. En Corse, l’interdiction concerne la pêche sous-marine, mais aussi la pêche de loisir à l’hameçon, palangre et palangrotte. L’arrêté national fixe une taille minimale de 35 cm pour le corb, en Atlantique comme en Méditerranée. Mais là encore, en Méditerranée, les interdictions locales prennent le dessus : si un corb mord à l’hameçon, il doit repartir à l’eau.
À retenir : en Méditerranée, le corb est à relâcher, même s’il semble dépasser la taille minimale.
Le cas à ne pas oublier : la raie brunette
Elle ne figure pas toujours dans les listes des poissons les plus connus des plaisanciers, mais elle mérite une vigilance particulière. La pêche de loisir de la raie brunette est interdite dans les divisions CIEM VIII a et VIII b, qui concernent une partie de la façade atlantique.
À retenir : dans les zones concernées, une raie brunette capturée accidentellement doit être remise à l’eau.
Le bon geste : préparer sa sortie avant de lancer sa ligne
La réglementation peut varier selon les façades maritimes, les départements, les espèces, les périodes et parfois les arrêtés préfectoraux. Avant une sortie, mieux vaut donc vérifier trois points : la taille minimale, la saison autorisée et le quota journalier. Une règle simple permet d’éviter les erreurs : en cas de doute, on relâche. Car derrière chaque maille, chaque fermeture et chaque quota, il y a le même objectif : laisser aux poissons le temps de grandir, de se reproduire et de maintenir des populations en bon état. La pêche de loisir reste un plaisir, mais elle devient aussi un geste de responsabilité. Un poisson relâché aujourd’hui peut être le signe d’une mer plus vivante demain.
Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.
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