Cap sur l’île la plus préservée des Canaries cet hiver

Moins connue que Tenerife ou Gran Canaria, La Gomera offre une autre vision des Canaries : relief volcanique spectaculaire, forêt classée à l’UNESCO, observation des cétacés, villages colorés et plages de sable noir. Une destination tournée vers la nature et les activités de plein air, accessible toute l’année grâce à un climat stable et doux.

Une île compacte aux reliefs impressionnants

Située dans l’Atlantique, à environ 300 km des côtes africaines, La Gomera appartient à Espagne et fait partie des Îles Canaries. Elle se trouve à l’ouest de Tenerife et se distingue immédiatement par son profil abrupt. Avec ses 370 km², l’île reste modeste en superficie, mais son relief concentre une grande variété de paysages. Un plateau central volcanique, culminant à 1 487 m, structure l’ensemble du territoire. Depuis ce sommet, des ravins profonds – les barrancos – descendent radialement vers la mer. Ces vallées ont historiquement conditionné l’agriculture et l’implantation des villages. La géologie volcanique est omniprésente : falaises basaltiques, formations rocheuses spectaculaires, rochers isolés comme Los Roques, pitons et coulées anciennes composent le décor. Cette topographie explique aussi les routes sinueuses qui traversent l’île et offrent en permanence des points de vue panoramiques sur l’Atlantique.

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Garajonay, une forêt classée au patrimoine mondial

Le Parque Nacional de Garajonay représente le principal trésor naturel de l’île. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il protège près de 4 000 hectares de laurisylve, une forêt subtropicale humide aujourd’hui rarissime en Europe. Cette forêt est alimentée par les alizés : les nuages accrochés aux sommets condensent l’humidité, maintenant un écosystème dense et verdoyant. La végétation y est particulièrement variée : lauriers, bruyères arborescentes, houx canariens, fougères et mousses épaisses créent une ambiance très différente du littoral plus aride. Le parc est doté de centres d’interprétation, d’aires de pique-nique et d’un réseau structuré de sentiers balisés. Certaines promenades sont accessibles en moins de 2 heures, tandis que d’autres relient plusieurs vallées sur une journée complète. Le sommet de l’Alto de Garajonay offre, lorsque la visibilité est dégagée, un panorama sur Tenerife, La Palma et El Hierro. Pour les amateurs de marche, La Gomera fait partie des destinations les plus abouties des Canaries grâce à la qualité de son balisage et à la diversité des parcours.

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Villages, patrimoine et traditions vivantes

San Sebastián de La Gomera constitue la principale porte d’entrée maritime. Son port accueille les ferries en provenance de Tenerife. Le centre-ville conserve plusieurs édifices historiques liés au passage de Christophe Colomb en 1492, dont la Torre del Conde, l’un des plus anciens bâtiments militaires des Canaries. En dehors de la capitale, l’île s’organise autour de communes à taille humaine. Agulo, perché face à l’océan, offre un panorama spectaculaire sur le Teide à Tenerife. Hermigua conserve un paysage agricole marqué par les bananeraies et les anciennes terrasses cultivées. Valle Gran Rey, à l’ouest, combine plages de sable noir, petits restaurants et ambiance plus animée en fin de journée. Playa de Santiago, au sud, bénéficie d’un climat plus sec et ensoleillé. La Gomera possède également une singularité culturelle forte : le silbo gomero. Ce langage sifflé, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, permettait autrefois de communiquer d’un versant à l’autre des ravins. Il est toujours enseigné dans les écoles et présenté lors d’événements culturels.

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Activités de plein air et expériences nautiques

La randonnée constitue l’activité phare, avec plus de 600 km de sentiers répartis sur l’île. Les itinéraires traversent forêts, crêtes volcaniques, vallées agricoles et littoral. Certains parcours permettent de passer d’un environnement humide et boisé à un paysage sec et minéral en quelques heures. En mer, l’observation des cétacés représente une expérience majeure. Les eaux profondes entourant l’île abritent des globicéphales résidents ainsi que plusieurs espèces de dauphins. Les excursions sont encadrées et réglementées afin de limiter l’impact sur la faune marine.
Le kayak de mer permet d’explorer les falaises volcaniques depuis l’eau et d’approcher des criques peu accessibles à pied. La plongée révèle des fonds composés d’arches naturelles, de reliefs basaltiques et d’une faune marine typique de l’Atlantique subtropical. Côté baignade, les plages sont majoritairement de sable noir ou de galets volcaniques. Playa de la Calera et Playa de Santiago figurent parmi les plus fréquentées. L’île dispose également de piscines naturelles formées par l’érosion de la roche, notamment à Hermigua, accessibles selon l’état de la mer. Les miradors, répartis sur l’ensemble du territoire, constituent des étapes incontournables. Le Mirador de Abrante, avec sa plateforme en verre suspendue au-dessus du vide, offre une vue spectaculaire sur la côte nord.

 

Gastronomie et produits locaux

La cuisine gomérienne repose sur des produits locaux et une tradition rurale marquée. Les papas arrugadas accompagnées de mojo rouge ou vert figurent parmi les spécialités incontournables. Les poissons frais, grillés ou cuisinés en ragoût, sont largement présents dans les restaurants côtiers. Le miel de palme, produit à partir de la sève du palmier canarien, constitue une spécialité locale utilisée dans les desserts. Les fromages artisanaux de chèvre sont également réputés dans l’archipel.

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Un climat stable toute l’année

La Gomera bénéficie d’un climat subtropical tempéré par les alizés. Les températures moyennes oscillent entre 20 °C en hiver et 28 °C en été. Les précipitations restent modérées et principalement concentrées sur les hauteurs, ce qui explique la différence marquée entre le nord verdoyant et le sud plus sec. Cette stabilité climatique permet de visiter l’île à tout moment de l’année, que ce soit pour la randonnée, les activités nautiques ou la découverte culturelle.

 

Comment s’y rendre et organiser son séjour

La majorité des voyageurs transitent par Tenerife. Depuis le port de Los Cristianos, plusieurs ferries quotidiens relient San Sebastián en environ 50 minutes. La traversée est rapide et régulière. L’île dispose également d’un petit aéroport assurant des liaisons inter-îles. Une fois sur place, la location de voiture est recommandée afin d’explorer les vallées, les points de vue et les différentes zones côtières. L’offre d’hébergement privilégie les hôtels indépendants, les appartements avec vue sur mer et les maisons rurales rénovées dans l’intérieur de l’île. Valle Gran Rey concentre une part importante des logements en bord de mer, tandis que les hauteurs attirent les voyageurs intéressés par la randonnée et la nature.

La Gomera propose une approche différente des Canaries. Plus compacte, plus contrastée, elle combine forêt classée, relief volcanique, activités maritimes et patrimoine vivant. Une destination particulièrement adaptée aux voyageurs actifs souhaitant découvrir une île à forte identité naturelle.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.