Bahreïn : au-delà du Grand Prix de F1, un archipel stratégique entre histoire millénaire et mer chaude

Par Le Figaro Nautisme

Le Grand Prix de Formule 1 a replacé Bahreïn au centre de l’attention internationale. Mais derrière les tribunes du circuit de Sakhir, cet archipel du Golfe arabo-persique dévoile une histoire millénaire liée à la civilisation de Dilmun, une position géopolitique clé et un littoral propice aux activités nautiques, entre eaux chaudes et paysages désertiques.

Des racines antiques à l’État moderne : 4 000 ans d’histoire au carrefour des routes maritimes

Le territoire du Bahreïn correspond à l’ancienne civilisation de Dilmun, mentionnée dès le IIIe millénaire av. J.-C. dans les textes mésopotamiens comme un centre d’échanges commerciaux entre la Mésopotamie et la vallée de l’Indus. Cette position stratégique explique la densité exceptionnelle de vestiges archéologiques encore visibles aujourd’hui, notamment les tumulus funéraires disséminés dans le désert, parmi les plus vastes ensembles protohistoriques du monde. Le site de Qal'at al-Bahrain, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, illustre cette continuité historique, avec des strates d’occupation successives sur plusieurs millénaires.
Après les périodes perse et portugaise, puis la domination ottomane, le Bahreïn devient protectorat britannique au XIXe siècle avant d’accéder à l’indépendance en 1971. La découverte du pétrole en 1932 transforme profondément son économie, même si l’archipel s’est progressivement imposé comme une place financière régionale, tout en conservant une forte identité maritime héritée de la pêche et surtout de la perle naturelle, qui fit sa richesse avant l’apparition des perles de culture.

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Manama et Muharraq : immersion entre patrimoine, souks et architecture contemporaine

La capitale, Manama, concentre les contrastes du pays. Les tours modernes dominent le front de mer tandis que le souk traditionnel conserve une atmosphère animée, entre épices, tissus et orfèvrerie. Le Bahrain National Museum constitue une étape essentielle pour comprendre la civilisation de Dilmun, l’histoire de la perle et la formation de l’État moderne. Les salles consacrées aux rites funéraires et aux échanges commerciaux éclairent la dimension maritime historique du pays.
À Muharraq, ancienne capitale, le parcours du « Pearling Path », également inscrit à l’UNESCO, permet de suivre l’histoire de la pêche à la perle à travers des maisons traditionnelles restaurées, des anciens comptoirs marchands et des zones portuaires historiques. Cette promenade offre un regard concret sur l’économie maritime qui a façonné le Bahreïn pendant des siècles. La grande mosquée Al-Fateh, l’une des plus vastes du monde, impressionne par ses dimensions et son architecture contemporaine. Les amateurs de sport automobile peuvent visiter le circuit international de Sakhir, théâtre du Grand Prix de Formule 1, tandis que le désert du sud révèle un autre visage du pays avec le célèbre Tree of Life, arbre isolé vieux de plusieurs siècles, devenu emblème national.

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Que voir et que faire au Bahreïn : culture, désert, gastronomie et vie nocturne

Au-delà des sites emblématiques, le Bahreïn propose une palette d’expériences variées. Les amateurs d’histoire peuvent explorer le fort d’Arad, les vestiges islamiques disséminés dans l’archipel ou encore les anciens villages chiites aux ruelles étroites. Les galeries d’art contemporain et les centres culturels témoignent d’une scène artistique dynamique, soutenue par des institutions locales. Le désert offre la possibilité de safaris en 4x4, de balades au coucher du soleil et d’excursions vers les champs pétroliers historiques. Les marchés traditionnels permettent de découvrir la cuisine bahreïnie, influencée par les traditions arabes, perses et indiennes, avec des spécialités à base de poisson, de riz épicé et de dattes. La vie nocturne est plus développée que dans certains pays voisins du Golfe, notamment dans les quartiers hôteliers de Manama, où bars et restaurants internationaux attirent une clientèle cosmopolite.

 

Une trentaine d’îles et une vraie culture maritime

Le Bahreïn n’est pas une île unique mais un archipel d’environ 30 îles naturelles et artificielles. Cette géographie en fait un territoire profondément tourné vers la mer. Les eaux du Golfe, peu profondes et généralement calmes, favorisent la navigation de plaisance et les sorties en mer à la journée. Plusieurs marinas modernes, notamment autour d’Amwaj Islands et du nord-est de l’île principale, accueillent voiliers et yachts avec des infrastructures adaptées. La voile de croisière et le motonautisme se développent grâce à des clubs nautiques actifs. La plongée sous-marine attire pour ses récifs artificiels et ses épaves, dont un ancien avion immergé volontairement pour créer un site unique dans la région. La pêche en mer reste une activité traditionnelle toujours pratiquée, notamment pour le hamour et d’autres espèces du Golfe. Les sorties en dhow, embarcation en bois traditionnelle, permettent de renouer avec le patrimoine maritime du pays. La configuration en archipel ouvre également la possibilité d’explorer des îlots moins urbanisés, offrant une autre perception du territoire, entre lagons, bancs de sable et horizons dégagés.

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Où loger : hôtels urbains, resorts balnéaires et appartements longue durée

L’offre d’hébergement est majoritairement haut de gamme. Les grands hôtels internationaux sont concentrés à Manama et sur les zones côtières aménagées, proposant piscines, plages privées et centres de bien-être. Des resorts balnéaires se trouvent sur certaines îles artificielles, avec accès direct à la mer. Les voyageurs en séjour plus long peuvent opter pour des appartements avec services hôteliers, solution fréquente dans un pays à forte population expatriée. Muharraq propose également quelques adresses plus intimistes, dans des bâtiments rénovés du centre historique.

 

Comment rejoindre le Bahreïn : accès aérien et liaison terrestre

L’aéroport international de Bahreïn, situé à Muharraq, constitue la principale porte d’entrée. Il est desservi par de nombreuses compagnies régionales et internationales, avec des correspondances fréquentes via les grands hubs du Moyen-Orient. Le pays est également relié à l’Arabie saoudite par le pont du Roi Fahd, long de 25 km, permettant un accès routier stratégique.

Les ressortissants français doivent disposer d’un passeport valide au moins 6 mois après la date d’entrée. Un visa touristique est requis mais peut être obtenu facilement en ligne ou à l’arrivée pour les séjours de courte durée. Les règles pouvant évoluer, il convient de consulter les sources officielles avant le départ.

 

Climat et meilleure période : comprendre les saisons du Golfe

Le climat est désertique, marqué par des étés très chauds où les températures dépassent régulièrement 40 °C entre juin et septembre. L’hiver, de novembre à mars, offre des conditions nettement plus agréables, avec des températures comprises entre 15 °C et 25 °C, idéales pour les visites culturelles et les activités nautiques. Les précipitations restent faibles et concentrées sur quelques épisodes hivernaux.

Entre héritage antique, dynamisme économique et identité maritime affirmée, le Bahreïn s’impose comme une destination singulière dans le Golfe, à la fois accessible, concentrée et riche en contrastes, où l’histoire et la mer structurent toujours le paysage et l’expérience du voyage.

Et avant de partir, pensez à consulter les prévisions météo sur La Chaîne Météo Voyage et à télécharger l'application mobile gratuite Bloc Marine.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.