La Palma, l’île des Canaries qui se découvre lentement, entre volcans, forêts et océan

Par Le Figaro Nautisme

Moins fréquentée que ses voisines, La Palma séduit par son relief spectaculaire, sa nature omniprésente et son atmosphère préservée. Cette île des Canaries se prête autant aux randonnées qu’aux séjours contemplatifs, avec un tourisme discret, tourné vers les paysages, la mer et le ciel.

La Palma, une île à part dans l’archipel des Canaries

Située à l’ouest de l’archipel, La Palma se distingue immédiatement par son relief. Ici, le paysage est vertical, marqué par des volcans récents, des crêtes abruptes et des vallées profondes qui plongent vers l’Atlantique. L’île est souvent surnommée “La Isla Bonita”, un surnom qui prend tout son sens dès les premiers kilomètres. La nature y est dominante, parfois brute, souvent spectaculaire, et l’urbanisation reste mesurée, même autour des zones touristiques. Contrairement à Tenerife ou Gran Canaria, La Palma n’a jamais cherché le tourisme de masse. Le rythme est plus lent, les distances semblent plus longues qu’elles ne le sont réellement, et chaque déplacement devient une découverte. C’est une île qui se vit davantage qu’elle ne se consomme.

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Des paysages volcaniques et une nature omniprésente

Le cœur géographique et symbolique de l’île reste la Caldera de Taburiente, immense cirque volcanique classé parc national. Les sentiers y serpentent entre pins canariens, ravins et points de vue vertigineux, avec une sensation d’isolement rarement égalée aux Canaries. Plus au nord, le Roque de los Muchachos domine l’île à plus de 2400 mètres d’altitude. Par temps clair, l’horizon semble infini, et la lumière y est d’une pureté remarquable. La Palma est aussi une île de contrastes. En quelques kilomètres, on passe de forêts humides à des coulées de lave figées, puis à des plages de sable noir battues par l’océan. Les récentes éruptions volcaniques ont encore remodelé certaines zones, ajoutant une dimension presque vivante au paysage, sans pour autant empêcher la découverte de l’île.


La Palma côté mer, une île volcanique qui se découvre aussi depuis l’eau

Même si La Palma n’est pas la première île des Canaries à laquelle on pense pour la plaisance, son littoral mérite largement qu’on s’y attarde. Les côtes sont franches, souvent abruptes, avec très peu de plages artificielles, ce qui donne une impression de nature intacte dès qu’on s’approche par la mer. Naviguer le long de l’île permet de comprendre son relief autrement, avec des falaises volcaniques qui plongent directement dans l’Atlantique et des zones plus accueillantes autour des rares ports aménagés. Les conditions de navigation sont globalement bonnes, avec un vent présent mais rarement excessif, surtout sur la côte ouest. L’Atlantique impose toutefois une certaine vigilance, notamment sur la houle, plus marquée qu’en Méditerranée. Ce n’est pas une île pour une navigation improvisée, mais plutôt pour une approche réfléchie, en prenant le temps d’observer la météo et la côte.

La côte ne compte que quelques véritables ports, ce qui renforce le caractère confidentiel de la navigation locale. Santa Cruz de La Palma reste l’escale principale, avec une infrastructure solide et une vraie vie autour du port. L’ambiance y est plus urbaine, mais agréable, notamment pour faire une pause à terre et découvrir la ville. À l’ouest, Tazacorte attire davantage les plaisanciers en quête de soleil et de conditions plus stables. Le port est récent, bien abrité, et sert souvent de point de départ pour longer la côte ou rejoindre d’autres îles de l’archipel. Les escales sont peu nombreuses, mais chacune a une identité marquée, loin des ports standardisés que l’on retrouve ailleurs aux Canaries.

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Activités nautiques entre océan et relief volcanique

La Palma se prête particulièrement bien à la plongée sous-marine et au snorkeling, grâce à une eau claire et des fonds volcaniques très découpés. Les arches, les coulées de lave figées et les tombants offrent des paysages sous-marins variés, avec une faune typique de l’Atlantique. Plusieurs centres proposent des sorties encadrées, accessibles même sans grande expérience. Le kayak de mer est également une belle façon d’explorer la côte, notamment autour des falaises et des grottes marines, souvent inaccessibles à pied. C’est une approche douce, silencieuse, qui permet de longer l’île au plus près, en prenant conscience de son caractère brut. La baignade, quant à elle, se fait souvent dans des piscines naturelles aménagées, protégées de la houle, plus que sur de grandes plages de sable.

 

Une relation à la mer plus naturelle que balnéaire

À La Palma, la mer n’est jamais décorative. Elle fait partie du paysage, du quotidien, et impose son rythme. On ne vient pas ici pour enchaîner les activités nautiques, mais pour les intégrer naturellement au séjour. Une sortie en mer, une baignade en fin de journée, une plongée le matin, puis le retour vers les hauteurs verdoyantes de l’île. C’est aussi ce rapport équilibré entre terre et océan qui rend La Palma attachante. Le nautisme y est présent, discret, jamais surjoué, parfaitement en accord avec l’identité de l’île. Une destination qui ne cherche pas à rivaliser avec les grands spots nautiques, mais qui offre une expérience sincère, brute et cohérente, pour qui prend le temps de l’explorer.

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Où loger sur l’île

Le choix de l’hébergement dépend beaucoup de l’expérience recherchée. Santa Cruz de La Palma, la capitale, séduit par son architecture coloniale, ses balcons en bois et son ambiance locale. C’est un bon point de chute pour rayonner, tout en profitant d’une vraie vie insulaire. À l’ouest, les zones de Los Llanos de Aridane et de Tazacorte offrent un climat plus ensoleillé et un accès rapide aux randonnées majeures. Beaucoup de voyageurs optent pour des casas rurales, disséminées dans les hauteurs, qui permettent de vivre au plus près des paysages. Les hébergements restent globalement à taille humaine, en accord avec l’esprit de l’île.

Comment se rendre à La Palma

La Palma dispose d’un aéroport international, relié principalement à l’Espagne continentale et aux autres îles des Canaries. Depuis l’Europe, un vol avec escale à Madrid ou Tenerife est souvent nécessaire. Une fois sur place, la location d’une voiture facilite grandement les déplacements, même si les routes sont parfois sinueuses. Les distances restent raisonnables, mais le relief impose de prendre son temps.

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Une île qui se mérite et qui marque

La Palma ne cherche pas à impressionner par des artifices. Elle séduit par sa cohérence, par la force de ses paysages et par une sensation rare de respiration. C’est une destination qui s’adresse à celles et ceux qui aiment observer, marcher, s’arrêter, et accepter que le voyage prenne le pas sur la simple accumulation d’activités. Une île qui laisse une empreinte durable, sans jamais en faire trop.

 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.