Il fallait avoir les nerfs solides et surtout savoir lire les moindres variations du vent sur le Léman. Pour la première journée du Rolex Switzerland Sail Grand Prix, les équipages ont dû composer avec une brise particulièrement légère et instable. Résultat : cinq courses, cinq vainqueurs différents et un succès historique à domicile pour l’équipe suisse.

Sur le Léman, la vitesse n’a pas toujours été au rendez-vous samedi 19 septembre. Le spectacle, lui, n’a pas manqué. Avec un vent tombant parfois autour de 5 km/h, les F50 ont passé une bonne partie de la journée à chercher la moindre risée capable de les remettre en mouvement.
Dans ces conditions, impossible de simplement compter sur la vitesse pure des catamarans. Il fallait anticiper, observer le plan d’eau et parfois accepter de rallonger sa trajectoire pour aller chercher quelques précieux souffles d’air frais. Un véritable jeu de patience qui a totalement rebattu les cartes.
Au terme de cinq manches disputées entre les deux groupes, aucune équipe n’est parvenue à s’imposer deux fois.
La Suisse s’offre un succès historique devant son public
Le grand moment de cette première journée restera sans doute la deuxième course du groupe B.
Après une entame compliquée, l’Explora Journeys Swiss SailGP Team a réalisé une remontée spectaculaire, passant de la dernière à la première place pour aller chercher sa toute première victoire à domicile en SailGP.
Un succès particulièrement apprécié par le public massé autour du plan d’eau. À bord, le pilote suisse Sébastien Schneiter n’a d’ailleurs pas caché combien le soutien venu de la rive avait compté.
« C’était une journée compliquée pour nous. Ça n’a pas bien commencé, mais nous avons su réagir en équipe », a-t-il expliqué après les courses, reconnaissant que la navigation sur un lac pouvait se révéler particulièrement stressante dans une brise aussi instable.
La Suisse a finalement ajouté une troisième place lors de la dernière course du groupe B, après une pénalité infligée à Red Bull Italy.
NorthStar frappe en premier, les Black Foils restent placés
La première victoire de la journée est revenue à NorthStar, qui a pris les commandes dès la première marque et n’a ensuite plus lâché la tête.
Derrière, les Black Foils néo-zélandais ont réussi à terminer deuxièmes malgré une pénalité précoce. Les Bonds Flying Roos, pourtant auteurs d’un excellent départ, ont eux aussi été sanctionnés pour « board cycling ».
La formation suisse connaissait alors un début de journée beaucoup plus délicat en terminant dernière de cette première manche. Quelques minutes plus tard, elle allait pourtant complètement inverser la tendance.
Dans la troisième et dernière course du groupe B, les Bonds Flying Roos ont à leur tour pris leur revanche. En tête dès la première marque, les Australiens ont conservé leur avantage jusqu’à l’arrivée et signé leur premier succès à Genève. Emirates GBR s’est emparé de la deuxième place devant la Suisse, finalement troisième.
Nathan Outteridge parfaitement à l’aise dans la pétole
Dans le groupe A, Nathan Outteridge s’est montré particulièrement inspiré.
Le pilote d’Artemis a été le premier à trouver suffisamment de vent pour faire décoller son F50 lors de la manche inaugurale de son groupe. Une lecture du plan d’eau qui lui a permis de s’imposer devant l’Allemagne et Los Gallos.
La France a terminé juste derrière, tandis que Mubadala Brazil, pénalisé pour un départ anticipé, et l’équipe américaine ont quitté cette première course sans inscrire de point.
Avec six points après deux manches, Artemis partage ainsi la tête du groupe A avec ROCKWOOL Racing avant la dernière course de poule prévue dimanche.
« Chaque course compte », a rappelé Nathan Outteridge à l'issue de la journée. Le Britannique d'adoption sait néanmoins que rien n’est acquis dans des conditions aussi imprévisibles, alors que les écarts restent extrêmement faibles.
ROCKWOOL arrache la victoire au dernier moment
La deuxième manche du groupe A a offert l’un des scénarios les plus serrés de la journée.
Mubadala Brazil semblait tenir la victoire, mais ROCKWOOL Racing est parvenu à dépasser l’équipage brésilien par l’extérieur dans les derniers mètres, au niveau de l’ultime marque.
Les Danois ont ainsi arraché la première place devant Mubadala Brazil, tandis que DS Automobiles France complétait le podium.
Cette manche marquait également l’un des premiers véritables tests pour Paul Goodison, désormais aux commandes de l’équipe brésilienne après le départ surprise de Martine Grael. Malgré un premier départ manqué de très peu, le Britannique s'est montré satisfait de la réaction de son nouvel équipage.
Martine Grael, de son côté, effectuait ses débuts comme pilote de l’U.S. SailGP Team en remplacement de Taylor Canfield, indisponible en raison d’une fracture de la clavicule. Une première journée difficile pour la Brésilienne, avec deux sixièmes places et aucun point inscrit au classement de l’événement.
Tout reste ouvert avant la deuxième journée
Après cette première journée particulièrement indécise, impossible de dégager une équipe largement au-dessus du lot.
Dans le groupe A, ROCKWOOL Racing et Artemis comptent six points chacun avant une troisième manche qui sera disputée dimanche. Dans le groupe B, les Bonds Flying Roos occupent la tête avec dix points, juste devant les Black Foils et leurs neuf unités.
À deux étapes seulement de la fin de la saison régulière, le rendez-vous suisse est pourtant loin d’être anodin. Genève constitue la 11e des 13 étapes de la saison 2026 et chaque point peut désormais peser lourd dans la course à la Grand Final.
Mais sur un Léman aussi capricieux, les certitudes durent rarement longtemps. La première journée l’a parfaitement démontré : cinq courses ont produit cinq vainqueurs différents. Dimanche, il faudra une nouvelle fois savoir être rapide… mais surtout être au bon endroit lorsque le vent décidera de souffler.
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