The Ocean Race 2026 : une aventure à couper le souffle

Course au large
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Pour la première fois de son histoire, The Ocean Race proposait une transatlantique entre New York et Lorient. Les nouveautés ne manquaient pas : première course IMOCA avec des équipages 100 % mixtes, lancement du concept quotidien de « Super sprint » et première compétition officielle de deux bateaux (Team Malizia et DMG MORI Global One). À l’arrivée, 27 minutes entre les quatre premiers, un équipage honoré (United by the Ocean) et de très belles perspectives pour la suite, à moins de cinq mois de The Ocean Race.

Pour la première fois de son histoire, The Ocean Race proposait une transatlantique entre New York et Lorient. Les nouveautés ne manquaient pas : première course IMOCA avec des équipages 100 % mixtes, lancement du concept quotidien de « Super sprint » et première compétition officielle de deux bateaux (Team Malizia et DMG MORI Global One). À l’arrivée, 27 minutes entre les quatre premiers, un équipage honoré (United by the Ocean) et de très belles perspectives pour la suite, à moins de cinq mois de The Ocean Race.

 


« Est-ce que vous pouvez nous raconter la course ? »

La question est posée à Paul Meilhat, toujours accroupi sur le pont de United by the Ocean, alors qu’il répond aux médias depuis plus d’une quinzaine de minutes. Le skipper, tout juste vainqueur, sourit : « ouh là, ça va être long ! » L’appréciation du temps n’est jamais la même dès lors qu’on prend le large. Les skippers de The Ocean Race Atlantic peuvent en témoigner : même s’ils sont tous arrivés en l’espace de 9 jours et 17 heures, ils ont dû traverser de nombreuses péripéties. À l’arrivée sur les pontons lorientais, les paroles sont toujours légères, enthousiastes, témoignages fugaces du bonheur de poser enfin pied à terre. Peut-être que les corps en disent un peu plus : des cernes creusés, des mains rongées par l’effort et les bouts, des dos légèrement courbés comme autant de traces pour illustrer la résistance aux éléments.

© Vincent Curutchet | The Ocean Race

New York, un décor splendide avant le grand départ

Dix jours plus tôt donc, à plus de 5 480 km de Lorient, les six bateaux de The Ocean Race Atlantic étaient amarrés à Brooklyn. Un cadre époustouflant pour une grande première qui en a forcément motivé certains à faire partie de l’aventure. « Quand on est arrivé à New York, on a tous retrouvé le sourire, sourit Paul Meilhat. Ça ne laisse personne indifférent d’aller là-bas ! » C’était encore le cas mardi 2 septembre quand les six bateaux ont largué les amarres, longé la Statue de la Liberté puis passé sous le pont Verrazzano. La brume semblait figer les lieux, laissant deviner la skyline en arrière-plan et les coques colorées au premier plan : un tableau parfait avant de s’élancer.

La suite s’écrivait au large avec une ligne virtuelle à 150 milles des côtes, donc au milieu de nulle part. « C’est un peu bizarre un départ au large », confie Oliver Heer (Embrace the Challenge). Qu’importe : la course a commencé au près. Les conditions étaient déjà engagées (une vingtaine de nœuds de vent), la première nuit très chaude (à cause des courants du Gulf Stream) et la flotte restait groupée avec Malizia aux commandes.

Plus de 48 heures dans le chaos

Une dépression s’apprêtait alors les propulser de façon virulente vers l’est. Progressivement, le vent a gagné en intensité, la mer est devenue plus formée et les marins, comme les machines, étaient soumis à rude épreuve. DMG MORI Global One (black-out électronique), MSIG Europe (problème d’enrouleur) ont été les premiers à communiquer sur des soucis techniques. Le leader n’a pas été épargné : après une fuite dans un ballast vendredi, Boris Herrmann et les siens ont dû composer avec un choc sur le foil bâbord samedi. Le dimanche, c’est une partie de la grand-voile d’Embrace the Challenge qui s’est déchirée.  

Pendant plus de 48 heures, la tension était palpable sur les bateaux et les conditions harassantes. « L’état de la mer était terrible et l’angle des vagues rendait tout très douloureux, décrit Francesca Clapcich (11th Hour Racing). Ça demandait plus d’énergie mentale que physique. » « Parfois, on a dû choquer les écoutes pour être sûrs que le bateau ne dépasse pas les 35 nœuds et ne pique pas du nez violemment », reconnaissait Nicolas Lunven (DMG MORI Global One). Les bateaux ont subi, les organismes aussi. Oliver Heer évoquait « deux jours très difficiles, stressants et épuisants ». À bord des bateaux, on vit casqué, on s’attache à tout, on ne dort plus, on parle peu, on tente de survivre.

Un final riche en suspense jusqu’au bout

Pourtant, la progression des bateaux a continué malgré tout. Résistants et déterminés, les skippers ont aussi dû se muer en fins stratèges. En cause ? Un anticyclone qui a ralenti la tête de flotte et offert un nouveau départ. Ils sont alors quatre à batailler aux premières positions : Malizia situé le plus au nord, le duo United by the Ocean – 11th Hour Racing dans une position médiane et DMG MORI Global One plus au sud. 50 milles les séparent lundi, 30 milles le mardi puis seulement 10 milles à quelques encablures de l’arrivée. Résultat : du suspense jusqu’au bout avec quatre prétendants à la victoire dans les dernières heures.

« Le matin, soit on anticipait une bascule de vent à droite, soit on piquait tout droit en espérant que le vent reste favorable, raconte Will Harris (11th Hour Racing). Sauf que le vent a changé de direction après le passage de United by the Ocean ». Ainsi, au bout du suspense, Paul Meilhat et ses équipiers sont parvenus à l’emporter d’une courte tête. En 27 minutes, les quatre premiers étaient amarrés !

© Vincent Curutchet | The Ocean Race

The Ocean Race déjà dans le viseur

Ironie de l’histoire, ce sont deux bateaux de l’ancienne génération (United by the Ocean 1er, 11th Hour Racing 2e) qui ont terminé devant. Néanmoins, DMG MORI Global One (3e), un plan Verdier, et Team Malizia (4e), un plan Koch, ont démontré qu’ils avaient déjà toutes les qualités pour jouer aux avant-postes. Paul Meilhat le dit à sa manière : « ce sont des bateaux qui ont beaucoup de potentiel. Je pense qu’ils vont finir plus de courses devant que derrière ! »

Les deux IMOCA ont d’ailleurs été les plus rapides au « super.  sprint », une innovation de The Ocean Race Atlantic (le plus rapide sur 20 minutes était récompensé chaque jour). Team Malizia s’est imposé à quatre reprises, remportant ce « match dans le match », alors que DMG MORI Global One a terminé quatre fois deuxième. Pour la plupart des skippers, The Ocean Race Atlantic n’est qu’une étape. À l’horizon, il y a un autre défi, de taille : The Ocean Race, l’iconique tour du monde en équipage et par escale. Le compte-à-rebours a déjà commencé avant de se retrouver à Alicante, le 17 janvier prochain, pour le grand départ.

À Lorient, The Ocean Race est une fête !

Afin d’accueillir les skippers et de s’immerger dans l’univers The Ocean Race, toute une série de festivités a été proposée à destination de tous les publics. Une soirée spéciale, organisée par le Sailorz Film Festival, avait donné le ton dès le lundi 7 septembre. Du mercredi 9 au dimanche 13, l’Ocean Live Park était accessible pour vivre ce grand rassemblement populaire. Expositions, conférences, chasse au trésor, projection de documentaires, « fan day »… De nombreuses activités permettaient de faire découvrir les dernières avancées scientifiques autour de l’océan, de sensibiliser à la fragilité des écosystèmes et de fédérer autour de la nécessité d’agir.

Les plus jeunes ont notamment été concernés, puisque plus de      2000 enfants ont participé aux programmes éducatifs. Des visites pédagogiques, des séances d’initiation au dériveur et des nettoyages de plage (avec Surfrider) étaient proposés. Les “runs”, disputés dans des conditions idéales le weekend, ont également permis à de nombreux invités de monter à bord. Des délégations des villes qui accueilleront The Ocean Race l’an prochain, à l’instar de l’adjoint au maire d’Alicante, Antonio Péral, ont également fait le déplacement. La « journée du sport et de l’inclusivité », le dimanche, qui a rassemblé plus de douze clubs, a vu les équipages de The Ocean Race Atlantic participer aux différentes animations dans la bonne humeur. Afin de mettre en place l’événement, près de 60 entreprises locales se sont mobilisées et plus d’une vingtaine d’associations et d’ONG se sont impliquées. Des journées sous le soleil qui se sont étirées avec la tenue de trois soirées de concerts pour prolonger l’été et l’esprit de fête jusqu’au bout de la nuit.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.