Longreach : des catamarans australiens faits pour aller plus loin

Bateaux à moteur
Lundi 9 août 2021 à 12h33

Alors que l’été est synonyme de trêve pour les chantiers européens, c’est depuis l’hémisphère sud, actuellement en plein hiver, qu’arrivent les nouveautés. Conçus et construits pour aller bien plus loin que les magnifiques côtes du pays-continent, la gamme Longreach est le fruit d’une longue réflexion menée par des spécialistes du multicoque. Elle adresse un programme pour lesquels peu de constructeurs ont une offre dédiée. De quoi attiser notre curiosité, explications.

Alors que l’été est synonyme de trêve pour les chantiers européens, c’est depuis l’hémisphère sud, actuellement en plein hiver, qu’arrivent les nouveautés. Conçus et construits pour aller bien plus loin que les magnifiques côtes du pays-continent, la gamme Longreach est le fruit d’une longue réflexion menée par des spécialistes du multicoque. Elle adresse un programme pour lesquels peu de constructeurs ont une offre dédiée. De quoi attiser notre curiosité, explications.

A la découverte du concept Longreach

Espace, confort, stabilité, performance, faible tirant d’eau, les avantages du multicoque en croisière ne sont plus à démontrer. Mais si le choix dans les gammes voiles est pléthoriques, il y a trop des doigts d’une main pour compter les marques proposant des multicoques moteur vraiment adaptés à la grande croisière. L’arrivée d’un nouvel acteur est donc une excellente nouvelle. En proposant immédiatement deux modèles, 44 et 58 pieds, Longreach frappe fort d’entrée. Avec leurs carènes particulièrement efficaces, leur rayon d’action est démultiplié. Si dans un premier temps, la fiabilité d’une propulsion diesel a été favorisée, leur faible consommation laisse envisage des développements vers des groupes de propulsion hybrides, voire 100% électrique dans un avenir proche.

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Des carènes taillées pour la route

Longreach Power Catamarans est le fruit d'une collaboration internationale. D’un côté, Multihull Central, spécialiste australien des catamarans de croisière, distributeur, entre autres, des marques de multicoques telles que Seawind, Corsair ou encore le français Outremer. De l’autre, Powerplay, un chantier naval basé en Thaïlande. Celui-ci est dirigé par l'Australien James Dewing, qui a 40 ans d’expérience dans l’industrie nautique, dont plus de 20 ans dans la construction de catamarans à moteur.

Les deux modèles proposés à ce stade présentent des coques à déplacement plutôt fines. Ils sont dotés d’étraves inversées maximisant la longueur à la flottaison et apportant du volume sur l’avant. Des ailerons fixes permettront l’échouage tout en protégeant les coques d’éventuels chocs. Mais c’est au-dessus de la flottaison que les Longreach innovent le plus avec une immense cabine principale sur l'avant. On peut ici parler de véritable suite propriétaire, avec un grand lit, une salle de bain et un dressing, de quoi envisager de longs séjours à bord. Si le carré dispose de deux grands panneaux ouvrants sur l’avant pour une ventilation naturelle, la climatisation est présente dans tout le bateau. Dans tous les cas, au regard du nombre de hublots prévus, la vue sera forcément panoramique. La cuisine s'ouvre sur le cockpit et dispose de tous l’électro-ménager d’une habitation principale : un grand réfrigérateur vertical avec machine à glaçons, un lave-vaisselle, un four à micro-ondes... Tous ces appareils sont alimentés par deux alternateurs de 130 ampères et un générateur de 8kva. Mais les 4000 W de panneaux solaires potentiellement installés sur le toit du flybridge peuvent également assurer une partie verte de la production électrique.

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Extérieurs, intérieurs, du volume à profusion

Le cockpit est équipé d'une grande banquette avec sa table de repas, d'un bar avec des tabourets où l’on se voit bien prendre le petit déjeuner. Les jupes peuvent accueillir un barbecue ou des bacs qu’apprécieront les pêcheurs. Y est également installé un meuble de rangement pour les bouteilles de plongée à proximité de l’échelle de bain équipé de marches confortables en teck pour les plongeurs. Entre les deux jupes, une plateforme hydraulique d'une capacité de 500 kg, servira aussi bien de support pour un gros tender que de plage de baignade au mouillage.

Tout en haut, les flybridges offrent eux aussi de très grands espaces : un bar et un poste de barre central avec deux sièges de pilotage protégés du vent apparent par un solide pare-brise. Toutes les commandes sont bien sûr à disposition, du traceur de cartes avec écran tactile à l’écran de gestion des moteurs. Les deux Yanmar VC10 sont commandés électroniquement, alors que la direction est hydraulique. L'accès au pont avant se fait par des marches qui descendent jusqu'au guindeau. Le flybridge du Longreach 58 peut être intégralement fermé pour former un salon de pont dit “portugais”, avec notamment un vrai pare-brise en verre sur l’avant.

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Longreach 44 :

Longueur HT : 13.45M Largeur HT : 6.50M Tirant d’eau : 1.10M Déplacement lège : 14 000 KG Réservoirs gasoil : 2 X 1200L Réservoirs gasoil additionnels (option) : 2 x 1000L Réservoirs eau : 2 X 1000L Moteurs : 2 X YANMAR 230HP Vitesse max. : 24 nœuds Vitesse de croisière : 12 nœuds Autonomie à mi-charge et 12 nœuds : 1 100NM

Découvrez bientôt la deuxième partie de cet article : performances, philosophie et caractéristiques du Longreach  58.

Une autonomie de grand voyageur

Les catamarans Longreach devraient bénéficier d'une autonomie assez exceptionnelle grâce aux formes de coque développées par son constructeur Powerplay catamarans. À la vitesse de croisière de 12 nœuds, on évoque pour le Longreach 44 une autonomie de 1 100 milles nautiques en utilisant ses réservoirs additionnels. Si l'on réduit la vitesse à 8 nœuds, l'autonomie annoncée est de 3 500 miles nautiques. Quant au Longreach 58, il devrait atteindre une autonomie de 2 000 milles nautiques à 12 nœuds avec ses 5 600 litres de carburant avec ses réservoirs « longue distance », et même 5 000 milles nautiques à 8 nœuds. Les deux modèles annoncent la même vitesse de pointe d'environ 24 nœuds, toujours en fonction des conditions de mer bien sûr. Notez cependant qu’une version ‘High Performance’ du Longreach 44, pourrait atteindre 35 nœuds en pointe et 25 nœuds en croisière, monté sur deux grand foils en T !

Même si le multicoque à moteurs de grande croisière reste un marché de niche, l’attente est réelle et deux Longreach 58 ont très vite été vendus et sont donc d’ores et déjà en construction. Tous deux ont été vendus à des navigateurs expérimentés, qui ont déjà parcourus de nombreux milles sur leurs catamarans respectifs.

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© Figaro Nautisme

Peter Faulkner par exemple, a déjà fait le tour du monde à bord de son catamaran, un Lightwave 45 Australien. C’est lui qui a commandé la première coque. Son expérience et donc sa contribution à la conception et aux spécifications de construction de ce premier exemplaire sont inestimables. Voileux dans l’âme depuis toujours, Peter et sa femme Penny ont pourtant conclu que pour leurs prochains voyages, c’est un catamaran à moteur à long rayon d'action, mais capable d'atteindre des vitesses plus élevées ponctuellement, qui leur fallait.

"Ayant fait de nombreuses croisières sur la côte est de l'Australie, nous finissions généralement par naviguer au moteur à 5 ou 6 nœuds", explique Peter, "Le vent est soit contre vous, soit il n'y a pas de vent, soit il y en a trop.

Si nous devons naviguer au moteur la plupart du temps, autant prendre un bateau à moteur, avec une vitesse de croisière de 10 à 15 nœuds, ce qui nous permettra de parcourir 150 milles par jour, d'entrer dans un port ou un mouillage, passer la nuit confortablement et repartir le lendemain matin.

Je voulais un bateau de croisière qui me donne de l'autonomie et pour être honnête avec vous, il y a peu de candidats sur le marché. »

Les monocoques à moteur n'étaient pas une option pour Peter en raison de leur consommation de carburant trop élevée et de leur comportement au mouillage.

"Quand nous étions dans le Pacifique, la plupart des mouillages sont extrêmement agités et c'est sur les multicoques qu'ils sont les plus confortables, alors que les monocoques roulent d'un côté à l'autre, ce n'était pas du tout agréable".

Alors pour satisfaire la demande, la production bat son plein et Powerplay a déjà prévu d’augmenter la production avec une nouvelle usine. Les premiers bateaux devraient être lancés en Australie au milieu de l'année 2022. Pour peu que les restrictions de voyage soient levées, nous ne manquerons pas d’être parmi les premiers à les essayer !

Caractéristiques Longreach 58 :

Longueur HT : 17.60M Largeur HT : 7.60M Tirant d’eau : 1.20M Déplacement lège : 22 000 KG

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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