
Ombre et ventilation naturelle
Plus de 40 degrés à l’ombre du bimini de cockpit, que faire pour que l’intérieur de nos bateaux ne se transforme pas en four et que les nuits notamment soient supportables ? Ombrager et ventiler sont les deux actions à mener en priorité. Grâce à leur gréement, les voiliers sont bien avantagés pour se protéger des ardents rayons du soleil. Au-delà du bimini de cockpit, un taud à cheval sur la bôme pour couvrir le roof, et même une voile d’ombrage pour protéger l’avant font gagner entre 5 et 10 degrés par rapport au plein soleil. En l’absence de telles protections ou dans l’impossibilité de les installer, il est important de couvrir toutes les surfaces vitrées horizontales. En effet, si de plus en plus de pont polyester sont en sandwich, isolant ainsi un minimum l’intérieur de la chaleur extérieure, le polycarbonate des hublots se transforme en très bon convecteur de chaleur sous les rayons solaires. Naviguer et se créer du vent apparent est la manière la plus naturelle pour un bateau de donner de l’air frais à son équipage. Mais les escales font partie du voyage, et lorsque la température monte, privilégier le mouillage aux marinas est toujours le bon choix. L’environnement naturel est bien moins source de chaleur que des quais bondés et une ville bétonnée. Face au vent, même faible, tous hublots ouverts, avec des manches à air si nécessaire, sans voisin à toute proximité, on respire mieux c’est sûr.

Equipement, limiter les sources de chaleur
En l’absence totale de vent, ou pour aider l’air à circuler, il est toujours possible d’installer des ventilateurs électriques. À la rédaction, les avis sont partagés. Les plus véhéments sont les opposants qui ne leur trouvent que des défauts : moches, bruyants, en plastique de mauvaise qualité, faisant seulement circuler de l'air chaud et pire, générant eux-mêmes de la chaleur ! D’autres sont plus conciliants, trouvant que par ces températures tropicales, la moindre brise est la bienvenue, surtout la nuit. Nous vous laissons vous faire votre propre opinion. Bien sûr il y a la tentation de la climatisation, mais est-on en vacances sur l’eau pour se reconfiner comme au bureau ? Engoncé dans un port ce peut être la solution ultime, mais en navigation ou au mouillage non, il y a bien d’autres solutions. Commençons par éteindre et débrancher tous les appareils électriques, à commencer par les convertisseurs. Car comme le chargeur de votre téléphone portable chauffe lorsqu'il est branchés, tous les appareils électriques à bord dégagent de la chaleur dans le bateau. Passer par le tableau principal avant et après avoir utilisé tout appareil électrique devient vite une très bonne habitude. Physiquement c’est imparable selon M. Lavoisier, les groupes chargés de produire du froid sont autant de source de chaleur. Paradoxalement, par forte chaleur, il peut être salvateur de baisser le thermostat du réfrigérateur du bord. Si en plus, on s’organise pour limiter le nombre d’ouvertures, le compresseur travaillera moins, et ce sera autant de chaleur en moins à envahir votre espace de vie. Enfin, les plaisanciers ayant abandonné le gaz pour l’induction pour diverses raisons (sécurité, plus d’énergie disponible à bord…), se félicitent qu’aucune flamme ne vienne réchauffer leur cambuse en ces temps de canicule. Mais veut-on vraiment cuisiner chaud par ces températures ?

Prendre soin de soi
Se protéger des rayons directs du soleil est tout aussi important en mer qu’à terre. Au cours d'une journée par climat tempéré, le corps d'une personne perd environ 2,5 litres d'eau, davantage si vous êtes actif ou par forte chaleur. Pour éviter toute déshydratation faut s'assurer de boire suffisamment de liquide tout au long de la journée, y compris en navigation. De l’eau en priorité et en quantité bien sûr car, petit rappel, désolé, la bière, le rosé ou le rhum ne comptent pas. Enfin pour que vos nuits soient plus douces, outre les incontournables sommiers à lattes, remplacer ses draps en polyester ou en coton par du lin ou du chanvre change réellement la vie. S’ils sont chauds en hiver, ils sont frais l’été car ils n'absorbent pas l'humidité corporelle et restent secs pendant les nuits humides. Enfin, le meilleur conseil que l’on puisse partager avec vous, c’est d’accepter le cadeau que les Espagnols ont fait au monde entier : la sieste. Levez-vous tôt pour profiter du moment le plus frais de la journée, et passez les heures les plus chaudes, à l'ombre, à lire, à écrire, ou à dormir, mais surtout, sans culpabiliser.