Dominique Bonnel, SPL Bretagne Plaisance : « Saint-Malo s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation portuaire »
Le Figaro Nautisme : Pouvez-vous nous rappeler quel est aujourd’hui le rôle de la SPL Bretagne Plaisance et comment son périmètre a évolué ces dernières années ?
Dominique Bonnel : "Créée en 2022 à l’initiative de la Région Bretagne et de la Ville de Saint-Malo, la SPL (Société Publique Locale) Bretagne Plaisance a d’abord été dédiée à l’exploitation des ports de plaisance (Vauban et Sablons) et de deux zones de mouillage à Saint-Malo. Sa vocation s’est progressivement élargie, la SPL est désormais appelée à exploiter d’autres ports appartenant à la Région Bretagne ou à des collectivités souhaitant lui confier leur gestion. Au-delà de l’exploitation, son objectif est d’accompagner la modernisation des infrastructures portuaires en développant de nouveaux équipements et en améliorant les services proposés. Depuis l’ouverture du site Vauban en 2023 avec une capacité de 200 places, elle a repris en 2024 la gestion du port des Sablons (1200 places), en 2025 l’intégration des zones de mouillage de Saint-Malo (105 bouées avant-port) et en 2026 l’extension aux ports de Cancale (350 places), de Dinan (80 places), d’Evran (30 places) et à Saint-Brieuc le port du Légué avec non seulement le port de plaisance (208 places) mais également le port de commerce ainsi que les infrastructures dédiées à la réparation navale. Cette nouvelle escale vient renforcer une offre déjà structurée sur la Côte d’Émeraude. Elle s’inscrit également dans une dynamique d’extension à court terme (La Vicomté-sur-Rance, Port du Lyvet, Saint-Samson…) vers la Rance et les ports fluviaux, avec l’ambition de recréer une continuité de navigation entre la Manche et l’océan. L’objectif est clair : proposer un parcours de navigation fluide, avec des services harmonisés sur l’ensemble du littoral costarmoricain et bretillien, tout en renforçant les synergies entre les territoires."
Le Figaro Nautisme : Quels sont les principaux travaux déjà réalisés dans les ports de Saint-Malo, et quels aménagements sont encore prévus ?
Dominique Bonnel : "De gros travaux (2025/2026) ont vu le jour. Parmi les plus significatifs, nous pouvons citer au bassin Vauban près des remparts, le bâtiment Cap Vauban qui accueille : le bureau du port, des sanitaires modernes (machines pour laver le linge, séchoir, etc.), une salle de réunion et un restaurant avec une grande terrasse. Au port des Sablons, pour optimiser la répartition des postes d’amarrage, le renouvellement de 6 pontons d’une longueur de plus de 1 km. Dans un avenir proche, des bornes connectées de nouvelle génération permettront une gestion en temps réel des consommations d’eau et d’énergie. Cette innovation favorise à la fois l’autonomie des usagers et la réduction de l’empreinte énergétique des navires. Pour optimiser la gestion des plans d’eau avec l’analyse des flux, des mouvements de bateaux sur les cales de mise à l’eau et de la fréquentation des zones de mouillage, un partenariat avec Optisea, alliance du numérique et de l’intelligence artificielle, est envisagé."
Le Figaro Nautisme : Ces transformations nécessitent des moyens importants. Quel niveau d’investissement représente ce programme sur la durée ?
Dominique Bonnel : "Le contrat de concession cédé à SPL Bretagne Plaisance pour une durée de 25 ans représente un investissement estimé à 24 millions d’euros. Cet investissement comprend les travaux déjà réalisés à Vauban et aux Sablons, mais également la création d’un port à sec d’une centaine de places pour répondre à la demande croissante de stockage des bateaux, des travaux de dragage et une reconfiguration du port des Sablons, visant à améliorer l’accessibilité et la capacité d’accueil, ainsi que le réaménagement du terre-plein du port des Sablons, pour offrir un espace fonctionnel et moderne."
Le Figaro Nautisme : Au-delà de la gestion portuaire, comment la SPL Bretagne Plaisance s’implique-t-elle dans la vie nautique locale et les grands rendez-vous du secteur ?
Dominique Bonnel : " La SPL n’est pas seulement un gestionnaire, c’est également un acteur qui s’investit dans la vie active touchant au nautisme. Nous pouvons citer son partenariat avec le salon de Saint-Malo, du 16 au 19 avril, au Nautic Forum, organisé par la Confédération du Nautisme et de la Plaisance, événement qui se tiendra les 28 et 29 mai à Saint-Malo au comité départemental voile 35, SNBSM. Aux régates également, en soutenant la voile de haut niveau par le sponsoring d’un équipage mixte et handivoile, LGC Sailing, engagé sur un Figaro 3, à la Route du Rhum du 20 octobre au 1er novembre."
Le Figaro Nautisme : À Saint-Malo, plusieurs structures interviennent dans les activités portuaires. Qui fait quoi exactement entre EDEIS, la CCI, la SPL et la Ville ?
Dominique Bonnel : " EDEIS : la Région a confié l’exploitation du port de commerce, de la pêche et la réparation navale à cet organisme ainsi que la gestion du bassin Dugué-Trouin.
CCI : elle a en charge l’organisation du Nautique de Saint-Malo.
SPL : exploitation des ports de plaisance et mouillages.
Ville de Saint-Malo : actionnaire de la SPL avec 2 administrateurs qui y siègent."
Le Figaro Nautisme : La demande reste forte dans les ports malouins. Quelle est aujourd’hui la situation des listes d’attente, et quelles sont les principales contraintes à respecter pour les usagers ?
Dominique Bonnel : " La liste d’attente reste importante. Au port des Sablons, ce n’est pas moins de 600 demandes, et 150 à Vauban. Les places sont attribuées en fonction de la date d’inscription, avec en moyenne 50 places attribuées chaque année. Le désenvasement du port des Sablons devrait permettre de créer quelques places. Lorsque l’on n’est pas à bord, il est interdit de laisser le bateau branché sur la borne de quai, afin de minimiser le risque d’incendie, comme cela a été le cas en 2017 aux Sablons où une vingtaine de bateaux ont pris feu. Pour des questions de sécurité et de tranquillité, il est également interdit de louer des cabines lorsque le bateau est à son poste d’amarrage."


