6 questions à… Claire Demptos, directrice WTW Yachting
Figaro Nautisme : Comment devient-on une spécialiste de l’assurance plaisance ? Faut-il être d’abord un marin ou un assureur ?
Claire Demptos : "J’ai été recrutée en 2022 pour mon expertise professionnelle dans la gestion et le management et aussi parce que je navigue. Je régate depuis plus de 30 ans, principalement en monotype avec des supports comme le First Class 8, le Dragon, le Melges 24 ou encore en match-race féminin, sans oublier quelques expériences en course au large sur X40 ou en Formule 28. En arrivant dans ce métier, je connaissais déjà bien cet univers, notamment les professionnels avec lesquels je travaille aujourd’hui. Cette culture du bateau a clairement été un atout déterminant. Mais une chose est certaine, dans notre équipe, qu’on vienne du monde marin ou de l’assurance, nous partageons tous la même passion pour notre métier de l’assurance plaisance."
Figaro Nautisme : Quel type de bateau assurez-vous ? Et quelles sont les assurances que vous proposez aux professionnels du nautisme ?
Claire Demptos : "Nous intervenons sur l’ensemble du territoire français, même si nous sommes basés à Pornichet. WTW Yachting est la branche nautisme d’un grand groupe de courtage et nous couvrons pratiquement tous les types de bateaux. Nous sommes une équipe d’une dizaine de personnes dont certaines travaillent dans ce domaine depuis plus de 25 ans. Cette expérience est essentielle pour accompagner efficacement nos clients.
Notre premier métier est d’offrir des contrats d’assurance bateau pour tous les plaisanciers, propriétaires de vedette, voilier, pneumatique, avec un usage privé ou en location. Fort de notre savoir-faire, nous proposons plusieurs contrats tous multirisques afin d’assurer la pleine sérénité à nos clients dans leur navigation.
Nous proposons aussi une gamme complète pour les professionnels du nautisme, les chantiers, les vendeurs-réparateurs ou les distributeurs. Les contrats de ces derniers portent sur la responsabilité civile, les bâtiments, les bateaux confiés, les flottes de location, les unités en construction ou en transport ainsi que les équipements de manutention. Nous accompagnons également les programmes des unités de course très pointues avec par exemple des assurances individuelles accident pour les teams de course au large, travaillant sur des projets comme le trophée Jules Verne, la Route du Rhum ou le Vendée Globe. Enfin nous intervenons également sur des projets plus exceptionnels : nous avons assuré des bateaux lors de la dernière America’s Cup ainsi que des unités liées à l’organisation des Jeux Olympiques de Paris."
Figaro Nautisme : Quels sont les points à bien vérifier, les bonnes questions à poser quand on reçoit un devis d’une assurance plaisance ?
Claire Demptos : "Le prix reste un élément important mais il ne doit jamais être analysé seul. Il faut surtout comprendre précisément les garanties associées. Nous recommandons au minimum un contrat multirisques incluant responsabilité civile et dommages. Afin d’offrir le meilleur accompagnement et de répondre à toutes ses questions, chaque client est suivi par commercial dédié, joignable par mail mais également sur sa ligne directe et son téléphone mobile. Par ailleurs, l’équipe commerciale travaille de manière rapprochée avec notre cellule indemnisation ce qui permet une réactivité très appréciée.
En tant que courtier, nous travaillons avec plusieurs assureurs et nous cherchons le contrat le plus adapté au bateau et à son programme. Cela implique aussi une transparence totale de la part du client. Il doit déclarer la valeur réelle de son bateau et son usage exact. Une omission ou une déclaration erronée peut avoir des conséquences importantes en cas de sinistre.
Notre rôle est de défendre les intérêts du plaisancier et cela repose sur une relation de confiance solide."
Figaro Nautisme : Votre métier consiste à assurer des bateaux pour permettre à leurs propriétaires de naviguer sereins. De votre point de vue, quels seront les risques majeurs que les plaisanciers auront à affronter dans les années à venir ?
Claire Demptos : "Le premier risque, si je devais en citer un avec un peu d’humour, serait de ne pas sortir assez souvent et de voir son moteur s’encrasser à la sortie de la marina. Plus sérieusement, ces dernières années, on constate un risque accru lié aux conditions météorologiques. Il est essentiel d’anticiper les périodes d’hivernage, de planifier les sorties d’eau et de sécuriser son bateau en cas d’intempéries.
Cela dit, il ne faut pas tomber dans une vision anxiogène. La navigation doit rester un plaisir. L’enjeu aujourd’hui est plutôt d’encourager davantage de plaisanciers à naviguer et de transmettre cette passion aux plus jeunes. Les assurances existent justement pour absorber les aléas."
Figaro Nautisme : WTW Yachting en chiffres ?
Claire Demptos : "Nous existons depuis plus de 30 ans. Nous représentons le deuxième portefeuille de courtage en plaisance et probablement le premier sur le segment des professionnels du nautisme, avec plus de 170 clients dans ce domaine. Nous accompagnons environ 9 000 clients au total et nous estimons couvrir près de 30 % des professionnels du secteur.
Chaque client dispose d’un interlocuteur unique tout au long de son contrat, ce qui est fondamental dans notre approche. Cet accompagnement personnalisé fait partie de notre ADN."
Figaro Nautisme : Votre dernière navigation et la prochaine ?
Claire Demptos : "J’ai la chance de naviguer une à deux fois par mois. Ma dernière sortie était la participation à un trophée quillards de sport dans la baie du Pouliguen. La prochaine échéance importante sera le championnat d’Europe de la classe Dragon à Helsinki, prévu au début de l’été."