Batteries : faut-il s’équiper avec des batteries au Lithium ?

Du téléphone portable à la trottinette en passant par l’automobile, les batteries au Lithium sont de plus en plus présentes. Qu’en est-il dans le nautisme (moteur in-bord et H.B.) ? De plus en plus de chantiers font appel à cette technologie en première monte. Que font les plaisanciers lorsqu’ils doivent changer leur parc batteries ? Pour en savoir plus, nous avons interrogé ces derniers et également les accastilleurs.

Les technologies retenues pour la fabrication des batteries

Les batteries à électrolyte liquide, dites ouvertes, ont tendance à disparaître du marché quelle que soit l’utilisation (terrestre et nautisme). Les raisons principales : elles ne sont pas étanches, consomment de l’électrolyte, il faut régulièrement refaire le niveau avec de l’eau distillée, et, sur un bateau, elles doivent être installées dans un bac étanche, afin de récupérer l’électrolyte en cas de fuite, avec mise à l’air. Ces technologies cèdent la place à des modèles à électrolyte liquide fermée avec un voyant indiquant le niveau de charge. La réserve d’électrolyte est suffisante pour la durée de vie de la batterie (en moyenne 5 ans) et elles peuvent convenir aussi bien pour les servitudes (appareillage électrique) que pour le démarrage moteur et l’électronique. Mais, elles ne sont pas étanches. Deux autres technologies sont également présentes : le Gel (électrolyte gélifié) et les AGM (Absorbent Glass Mat). Ces deux modèles ont l’avantage d’être étanches. Les batteries Gel sont principalement destinées aux servitudes alors que les AGM sont bien adaptées pour un usage multiple (servitudes, démarrage moteur). Qu’en est-il du Lithium ? il faut remarquer que le marché devient de plus en plus important que ce soit chez les accastilleurs ou sur Internet. Cependant, on ne remplace pas une batterie ancienne génération (ouverte, fermée, Gel ou AGM) par une batterie au Lithium, sans apporter des modifications sur le circuit électrique du bateau, c’est ce que nous allons voir.


Les précautions de montage : batteries traditionnelles

Lorsque l’on passe d’un modèle à électrolyte ouverte à un modèle fermé voire étanche (Gel ou AGM), il n’y a pas de modifications du circuit électrique. Il faut simplement avoir un chargeur qui dispose en interne d’une courbe de charge compatible, c’est un point important à vérifier. Pratiquement toutes les nouvelles générations de chargeurs marines offrent cette possibilité. Les autres précautions sont : de prendre des modèles de même technologie et de les changer toutes en même temps. Si on ne respecte pas ces points, un chargeur mal adapté ne recharge pas efficacement les batteries et une batterie ancienne mise en parallèle avec une neuve détériore rapidement cette dernière. Le chargeur doit être dimensionné en fonction de la capacité des batteries. Il est recommandé de prendre un modèle pouvant fournir un courant voisin de 15% de la capacité des batteries, par exemple, pour deux batteries de 100 Ah en parallèle (200 Ah) prendre un chargeur (Type UI) de 50 ampères. Plus faible, il mettra plus de temps pour recharger. En principe, une charge complète (3 phases) avec un chargeur demande 10 heures. En phase 1 (BOOST) le courant et la tension croissent rapidement, en phase 2 (absorption) la tension se stabilise au maximum et le courant décroit, en phase 3 (floating) la batterie est chargée, la tension stabilisée, le courant est faible. Le chargeur fournit un courant, dans les limites de sa puissance, pour alimenter le bord. Par exemple, si un réfrigérateur demande 4 ampères, ce courant est fourni par le chargeur sans décharger les batteries. Certains chargeurs possèdent en plus une quatrième phase (Refresh) qui, lorsque le chargeur est sous tension, égalise automatiquement les cellules des batteries et effectue un Reboost toutes les semaines (hebdomadaire). Le Refresh comme le Reboost peuvent être désactivés.     
 

Les précautions de montage pour les batteries Lithium

Une batterie Lithium (LiFePO4, Lithim/fer/phosphate) peut être rechargée rapidement. Elle accepte un courant de recharge égal à sa capacité et elle peut être déchargée à 100%, c’est son principal avantage. Sur une batterie de 100 Ah, vous disposez de 100 ampères et elle peut être rechargée en une heure. Sur une batterie standard, on ne dispose que de 70% donc 70 ampères maximum sur une de 100 ampères et la recharge demande 10 heures. Les câbles d’origine entre le chargeur et les batteries sont dimensionnés pour le courant nécessaire à la recharge pas pour fournir pendant un temps relativement long le courant demandé par les batteries Lithium. Ils doivent être changés, de même, il faut vérifier ceux des autres sources de courant, par exemple l’éolienne, les panneaux solaires et l’alternateur. Sur la majorité des moteurs in-bord, la puissance de l’alternateur est au minimum en standard de 50 à 100 ampères. Physiquement, il peut fournir ce courant pendant un temps court, par exemple, pour alimenter un guindeau ou un winch électrique, pas pour recharger une batterie de 100 Ah qui va lui demander ce courant pendant le temps de recharge. Pour résoudre ce problème, les fabricants de chargeurs ont imaginé des relais de couplage (R.C.B.) qui se placent entre l’alternateur et les batteries et qui ont pour but de limiter le courant. Si vous avez deux technologies de batteries (plomb et Lithium), l’alternateur est directement relié aux batteries plomb et via le R.C.B. aux batteries Lithium.


Ce qu’il vous en coûtera 

Si vous devez changer de chargeur, comptez pour un 50 ampères nouvelle génération avec une courbe de charge pour le Lithium entre 500 et 700 Euros, pour un relais de batterie R.C.B., réglable de 30 à 120 ampères, 300 Euros. Les batteries Lithium, là, c’est plus délicat. Il faut savoir que les batteries plomb (liquide, AGM, Gel) demandent des chaînes de fabrication importante que seules de grosses sociétés spécialisées peuvent posséder. Pour le Lithium c’est différent. Vous pouvez vous procurer des éléments Lithium un peu comme des piles, les monter en série/parallèle pour obtenir la tension désirée et y adjoindre un BMS (régulateur électronique) qui surveille et régule chaque cellule de la batterie. Plus besoin d’avoir une chaîne de fabrication pour produire des batteries Lithium. On trouve ainsi pour une même capacité des batteries à des prix pouvant être dans un rapport 5 à 7. A titre d’exemple, un modèle 100 Ah vous coûtera chez un fabricant reconnu comme Cristec, Mastervolt, Fliboat, etc. entre 600 et 800 Euros alors que sur Internet vous trouverez des batteries de même capacité à moins de 100 Euros. Un fabricant professionnel vous indiquera toujours les caractéristiques, par exemple, chez Fliboat 3000 cycles à 80% de décharge. Aux prix des gros équipements (alternateur, chargeur, batterie…) il faut rajouter le câble, les cosses, etc.). Nous avons consacré un article « Faut-il craindre les batteries Lithium à bord ? » avec les conseils d’un fabricant.


Le marché actuel

En première monte, comme nous l’avons évoqué, certains constructeurs, passent au Lithium, les salons d’automne nous donneront la tendance. Les plaisanciers qui doivent changer leurs batteries, que nous avons interrogé dans les ports de Bretagne Nord, s’interrogent passer ou pas ? il semblerait que la tendance au changement est de l’ordre de 2 à 5%. La raison, le manque d’informations. Ils sont étonnés de voir les différences de prix sans savoir pourquoi. Coté accastilleurs, c’est un marché que peu maitrisent, il est souvent difficile de donner les informations que recherchent les clients. Le seul côté positif, ils proposent des produits de marques connues et on peut toujours se référer à ces dernières pour avoir les bons renseignements.
Notre avis
Avant de d’envisager de changer de technologie de batteries, regardez bien tous les points que nous avons abordés (chargeur, alternateur, câblage, etc…). Il est évident qu’avec le Lithium (LiFe PO4, Lithium/fer/Phosphate), vous gagnez en poids et en temps de recharge. Côté durée de vie et autodécharge, ils sont voisins de ceux des bonnes batteries fermées, AGL et Gel.         
 

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
METEO CONSULT
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Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.