Interview - Constance Brément « Tous les feux sont au vert pour le Cannes Yachting Festival 2026 »
Constance Brément : Cela s’annonce très bien. Les exposants sont au rendez-vous, avec plus de 700 bateaux et environ 150 avant-premières mondiales annoncées. Tous les feux sont donc au vert pour cette édition.
Nous avons néanmoins dû nous adapter à la poursuite des travaux du Vieux-Port, qui continueront jusqu’à l’année prochaine. Ils nous ont amenés à réorganiser une partie de l’exposition pour tenir compte de la nouvelle configuration du port. Une partie des grands yachts sera notamment positionnée sur le quai Max-Laubeuf, tandis que le Power Cat Village, qui s’y trouvait auparavant, rejoint le cœur du port. Il réunira une trentaine d’unités cette année, soit davantage que l’année dernière. C’est un segment qui reste particulièrement dynamique, avec beaucoup de nouveautés.
À Port Canto, les différents univers conservent leur implantation. Nous accueillerons environ 120 voiliers de plus de 10 mètres, dont une cinquantaine de catamarans à voile. La Power Boat Marina est également très bien remplie, avec environ 180 bateaux, notamment des semi-rigides pouvant atteindre 12 à 13 mètres. Enfin, l’espace brokerage réunira 45 unités de plus de 25 mètres, auxquelles s’ajoute l’espace Toys.
Constance Brément : L’un de mes objectifs majeurs est de respecter l’ADN du Cannes Yachting Festival et de continuer à proposer à la fois une offre et un niveau de service irréprochables.
Aujourd’hui, les deux ports sont quasiment pleins et il devient compliqué d’étendre encore davantage le salon. L’enjeu n’est donc pas tellement d’augmenter son volume que de renforcer l’attractivité globale de l’expérience proposée à Cannes.
Lorsqu’un visiteur arrive au salon, il doit pouvoir être inspiré par cette très grande diversité. Environ 700 bateaux sont présentés et quasiment tous les programmes de navigation de plaisance sont représentés, auxquels s’ajoutent les services, le refit, les destinations ou encore l’aménagement intérieur. Je souhaite conserver cette capacité à proposer une offre extrêmement complète, tout en renforçant encore le rayonnement international du salon.
Constance Brément : Nous proposons notamment cette année un accès par la mer destiné aux clients de nos exposants. Ils pourront arriver directement au Vieux-Port, à proximité des stands, dans des conditions privilégiées. Jusqu’à présent, le point de dépose était situé beaucoup plus loin et n’était pas toujours très pratique. Ce nouvel accès devrait également contribuer à fluidifier les déplacements dans le port.
Nous accueillerons aussi les Best of Boats Awards, qui annonceront leurs finalistes pendant le Cannes Yachting Festival.
L’autre nouveauté importante concerne l’Innovation Route. Nous avons reçu 120 candidatures cette année et retenu 47 innovations pour intégrer le parcours. Nous renforçons également leur visibilité avec un studio installé à l’entrée du Palais, davantage de communication sur nos réseaux sociaux et notre site, un marquage spécifique sur le salon et un parcours dédié accessible depuis l’application du Cannes Yachting Festival.
Constance Brément : Nous conservons globalement le même nombre d’exposants que l’année dernière. Le chiffre peut légèrement varier en fonction des pavillons ou des co-exposants, mais leur présence reste stable.
Nous constatons également que certains segments demeurent particulièrement porteurs. C’est notamment le cas du catamaran à moteur. Nous aurons cette année une trentaine d’unités réunies au sein du Power Cat Village, davantage que l’année dernière, avec de nombreuses nouveautés.
Les premiers indicateurs concernant les visiteurs sont également positifs. Les ventes de billets sont actuellement comparables, et même légèrement supérieures, à celles de l'année dernière à la même période. Nous avions accueilli 56 000 visiteurs en 2025 et nous sommes bien partis pour retrouver une fréquentation similaire.
Mais l’enjeu n’est pas seulement quantitatif : nous cherchons surtout à attirer les bons profils de visiteurs. Nous travaillons beaucoup sur leur internationalisation et sur le déploiement de nos stratégies marketing dans un nombre croissant de pays. Les visiteurs du salon représentent aujourd’hui environ 130 pays. Nous constatons notamment un intérêt croissant de marchés plus lointains, comme la Chine ou le Moyen-Orient.
Constance Brément : Ce qui est intéressant, notamment à travers l’Innovation Route, c’est de constater que les innovations durables se combinent de plus en plus. Il y a quatre ou cinq ans, nous parlions essentiellement des motorisations électriques ou hybrides. Aujourd’hui, les constructeurs associent différentes solutions.
On trouve bien sûr les panneaux solaires et les motorisations hybrides, mais également des fibres recyclées, des procédés de production optimisés permettant d'alléger les bateaux ou d'utiliser moins de matière, ainsi que des peintures plus respectueuses de l’environnement. C’est finalement la combinaison de toutes ces solutions qui devient intéressante.
Nous voyons également apparaître davantage d’intelligence artificielle et d’analyse de données à bord, notamment pour la maintenance préventive ou l’optimisation de la vitesse afin de maîtriser la consommation. Auparavant, ces différents systèmes étaient très séparés ; ils sont désormais de plus en plus souvent combinés.
Cela n’empêche évidemment pas certains bateaux de continuer à miser sur la puissance et la vitesse, parce qu’il existe une clientèle pour cela. D’autres privilégient davantage le confort à bord, avec notamment des terrasses ouvertes, que l’on retrouve de plus en plus souvent.
Constance Brément : Nous percevons une véritable appétence pour l’expérience à bord, avec l’envie de réduire un peu le rythme et de profiter autant du voyage que de la destination.
Cela se retrouve dans les bateaux. Certains modèles sont davantage conçus autour de l’autonomie. Le Pioneer Yacht PY60, par exemple, est un catamaran à moteur combinant solaire et stockage d’énergie. D’autres incarnent davantage cette tendance du « slow », comme les Navetta. Custom Line présentera notamment un Navetta 35, avec un design italien et une conception tournée vers la croisière.
Cette évolution se retrouve également dans les aménagements intérieurs. Certains chantiers commencent, par exemple, à prévoir de véritables espaces permettant de travailler à bord. Les propriétaires partent plus longtemps et certains continuent à travailler pendant leurs navigations. C’est quelque chose que l’on voyait beaucoup moins auparavant et qui est désormais directement intégré à la conception des bateaux.
Les destinations et les marinas prennent donc elles aussi de l’importance au sein du salon. Les visiteurs ne viennent plus uniquement chercher un bateau : ils s’intéressent également aux endroits où ils pourront naviguer et à leurs futurs itinéraires. La destination compte, mais le voyage lui-même compte de plus en plus.
Constance Brément : Comme je le disais, nous avons reçu 120 candidatures cette année, pour 47 innovations finalement retenues au sein de l’Innovation Route. Le dispositif repose sur deux volets : le parcours permettant aux visiteurs de découvrir les innovations directement sur le salon, puis les Awards.
Nous avons souhaité aller plus loin cette année dans la mise en valeur des candidats. Les finalistes seront annoncés avant l’ouverture afin qu’ils puissent bénéficier d’une visibilité maximale sur le salon, notamment grâce à la signalétique mise en place à l’entrée. Les visiteurs pourront également retrouver le parcours Innovation Route directement dans l’application du salon.
Les lauréats seront ensuite annoncés le jour de l’ouverture, lors du cocktail des exposants.
Constance Brément : À Port Canto, les différents segments restent disposés de la même manière que l’année dernière. Les visiteurs retrouveront donc facilement leurs repères entre l’univers de la voile, la Power Boat Marina, le brokerage et l’espace Toys. Le Vieux-Port connaît en revanche quelques évolutions liées aux travaux. Une partie des grands yachts sera repositionnée sur le quai Max-Laubeuf et le Power Cat Village sera déplacé au cœur du port.
Pour les déplacements entre les deux ports, le fonctionnement reste identique. Trois points de départ permettent de prendre les navettes, avec un départ toutes les quinze minutes. Nous avions augmenté leur nombre l’année dernière afin de fluidifier davantage le trafic et je pense que nous sommes désormais arrivés au bon dosage.
Constance Brément : Cinquante ans constituent un jalon particulièrement significatif. Ils témoignent de la longévité d’un salon qui a énormément grandi.
Pour l’avenir, notre objectif est avant tout de respecter son ADN et de maintenir une offre et un service irréprochables. Les deux ports étant déjà quasiment pleins, il devient difficile d’imaginer une croissance uniquement fondée sur le volume. Il faut plutôt travailler sur l’attractivité globale de l’expérience proposée à Cannes.
Nous devons également continuer à renforcer son rayonnement international. Il existe beaucoup de salons nautiques et chacun a son rôle à jouer dans la valorisation du nautisme. Parce que le Cannes Yachting Festival est profondément international, je souhaite qu’il puisse aussi devenir une tête de pont pour la valorisation de toute la filière.
Cannes est le premier grand salon de la rentrée, mais son rôle doit aller au-delà de sa place dans le calendrier. Nous devons être dans une véritable quête d’attractivité pour le nautisme et participer aussi à sa pédagogie auprès du public.




