Moins de 160 milles séparent les six premiers de la flotte

Vendée Globe
Jeudi 21 janvier 2021 à 16h06

Plus l’arrivée se rapproche, plus l’issue de la course est incertaine. Certes, Louis Burton pourrait tirer son épingle du jeu, mais il faut prendre trop de pincettes pour y croire déjà. Ce 74e jour de course est l’occasion, aussi, de s’épancher sur l’effet d’une si longue route seul en mer. Maxime Sorel évoque la difficulté de se projeter sur l’arrivée, Manuel Cousin sa façon de se surpasser, Clément Giraud ses podcasts et Kojiro Shiraishi le bonheur d’être en mer. Ainsi va le Vendée Globe, où certains subissent des grains, de fortes chaleurs et même de la neige...

©Thomas Ruyant / LinkedOut
Plus l’arrivée se rapproche, plus l’issue de la course est incertaine. Certes, Louis Burton pourrait tirer son épingle du jeu, mais il faut prendre trop de pincettes pour y croire déjà. Ce 74e jour de course est l’occasion, aussi, de s’épancher sur l’effet d’une si longue route seul en mer. Maxime Sorel évoque la difficulté de se projeter sur l’arrivée, Manuel Cousin sa façon de se surpasser, Clément Giraud ses podcasts et Kojiro Shiraishi le bonheur d’être en mer. Ainsi va le Vendée Globe, où certains subissent des grains, de fortes chaleurs et même de la neige...

Louis Burton toujours légèrement avantagé…

Le suspense continue, plus tenace que jamais. Pourtant, l’hypothèse d’un petit avantage pour Louis Burton, évoqué sur notre site hier, se confirme à nouveau ce jeudi à l’étude des fichiers météorologiques. Sébastien Josse, consultant météo du Vendée Globe, explique : « il peut se faufiler à la limite d’un couloir de vent de sud très localisé ». Pourtant, cet avantage est précaire. « Plus Louis est lent, plus le couloir sera étroit et plus il est rapide, plus il s’élargit ». Seule certitude : le skipper de Bureau Vallée 2 est le seul du groupe de tête à pouvoir bénéficier de ce « couloir ».

... Mais rien n’est fait pour autant

Cela ne veut pas dire que ce qui attend Louis est un long fleuve tranquille. On constate d’ailleurs la présence d’une bulle sans vent à quelques milles à l’Ouest du couloir que doit franchir Bureau Vallée 2. Sébastien Josse l’atteste : « Il convient de veiller à la fois au fichier, mais aussi à ce qui se passe en mer. Il y a des nuages, des grains, des fronts et de la pluie… Il faut être très observateur, naviguer aussi au feeling. C’est sur le pont que ça va se passer ! »  Yannick Bestaven (Maitre CoQ IV) partage le constate : « il y aura pas mal de manœuvres, des empannages, des passages de front, ce n’est gagné pour personne ! »  Boris Herrmann (SeaExplorer - Yacht Club de Monaco), heureux 2e depuis ce matin « même si ça ne veut pas dire grand-chose » tempère-t-il, ajoute : « la semaine qui arrive sera la plus incroyable du Vendée Globe et de tous les Vendée Globe ! »

Quand ça se rapproche, ça se complique

Il y a un facteur qu’en tête de course les skippers évoquent peu : la difficulté de voir l’arrivée se rapprocher alors que tant reste encore à faire. Cette étape de transition entre la longue aventure et l’arrivée, Maxime Sorel (10e, V and B – Mayenne) englué ces dernières heures dans le Pot-au-Noir, l’a évoqué lors des vacations : « bien sûr que je me projette sur l’arrivée. Plus on se rapproche, plus c’est dur. On voit les routages, on a l’impression d’y être parce qu’il y a moins de dix jours à faire. Et pourtant il reste encore de très gros morceaux, les alizés et une belle série d’empannages jusqu’à l’arrivée et sans doute deux dépressions d’hiver qui vont bien nous calmer… »

Kojiro, les mots d’un skipper épanoui

« Tous les jours à naviguer, je suis le plus heureux du monde ». Échanger avec Kojiro Shiraishi, c’est la garantie de faire le plein d’enthousiasme. Le skipper est actuellement sur le point du globe le plus éloigné du Japon, sa terre natale. Alors, il reçoit des dizaines de messages de fans, d’admirateurs et de curieux. « Ils me disent tous que le nom Vendée Globe est désormais connu de tous au Japon ». Pour Kojiro, être encore en course tient du « miracle » alors que sa grand-voile s’est déchirée. « Je ne pensais pas qu’elle allait résister autant. Il reste encore beaucoup à faire et j’espère qu’elle tiendra jusqu’au bout ». DMG MORI Global One pointe actuellement au 19e rang de la course.

Manuel Cousin, témoignage poignant

21e de la flotte, Manuel Cousin continue de contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène par le Nord-Ouest. Rien n’est facile après la décharge d’effort dans les mers du sud, la sortie des Falklands, le constat que ceux d’avant progressent plus rapidement et que ceux derrière (Miranda Merron et Clément Giraud) reviennent fort. Et alors ? « Bien sûr que moralement, c’est compliqué. Mais quand c’est le cas, il faut se rappeler à quel point j’ai une chance extrême. Ça me pousse à mieux me connaître, à apprendre sur moi, à forger mon caractère, à puiser des ressources que je ne soupçonnais pas, à me battre malgré la fatigue ». Le skipper de Groupe SÉTIN poursuit : « c’est peut-être utopique, mais c’est ce que je suis venu chercher ». Et le marin de citer ensuite « tous ces moments extraordinaires » : un lever de soleil, une teinte de l’eau, un ressenti et l’idée, toujours aussi intense et magique, de « faire le tour du monde à la seule force du vent ».

De la neige sur la route du Vendée Globe

Chacun sa route et chacun ses conditions sur le Vendée Globe. À plus de 5 900 milles de la tête de course, Alexia Barrier progresse toujours dans le Pacifique. « Le Cap Horn, ça se mérite ! », lâche-t-elle à la vacation du matin. Elle devrait le passer en fin de semaine, mais avant, rien n’est facile dans le grand sud. Après une dépression ayant des rafales de 50 nœuds, TSE-4myplanet devrait affronter à nouveau plus de 40 nœuds demain. Et là, le mercure se rapproche des 2°C. « J’ai même eu de la neige et dans les grains, il y a parfois de la grêle... » À la vacation, elle s’amuse : « j’ai l’impression d’être la reine des neiges ! » Elle est loin, très loin, des fortes chaleurs ressenties par ceux qui longent les côtes brésiliennes.

Les bonnes ondes de Clément Giraud et Romain Attanasio

Ce midi, Fabrice Drouelle, présentateur d’« Affaires sensibles » sur France Inter, était l’invité du Vendée Live. Et ça tombe bien : ses podcasts sont écoutés par Romain Attanasio et Clément Giroud. « Étant donné la difficulté de lire à bord de nos bateaux, ça fait un bien fou d’écouter ces livres audios, cela nous ramène à la réalité de la terre », assure le skipper de Compagnie du lit / Jiliti. « C’est très émouvant de voir que les histoires qu’on raconte sont écoutées au bout du monde », a ajouté Fabrice Drouelle.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.