Transat Jacques Vabre : 3 parcours pour 4 classes

Transat Jacques Vabre
Jeudi 21 octobre 2021 à 12h33

Alors qu’il ne reste qu’un peu plus de deux semaines avant le grand départ, les 80 bateaux convergent vers Le Havre. Venus de tous les horizons, ils doivent impérativement être arrivés avant le jeudi 28 octobre à 15h dans le bassin Paul Vatine. S’ils prennent bien tous le départ le 7 novembre devant la grande plage du port Normand, ils ne prendront pas tous la même route pour rejoindre Fort-de-France en Martinique : explications.

©Jacques Vapillon
Alors qu’il ne reste qu’un peu plus de deux semaines avant le grand départ, les 80 bateaux convergent vers Le Havre. Venus de tous les horizons, ils doivent impérativement être arrivés avant le jeudi 28 octobre à 15h dans le bassin Paul Vatine. S’ils prennent bien tous le départ le 7 novembre devant la grande plage du port Normand, ils ne prendront pas tous la même route pour rejoindre Fort-de-France en Martinique : explications.

Il aura fallu 12 jours à Kito de Pavant et Gwen Gbick sur leur Class 40 HBF-Reforest Action pour rallier Le Havre depuis leur base de Port-Camargue. Un long voyage de 1 800 milles nautiques ponctué de quelques escales, mais surtout de passages symboliques, du détroit de Gibraltar au Raz Blanchard, en passant par le Cap Finistère et Ouessant. L’Ultim trimaran bleu SVR-Lazartigue de François Gabart et Tom Laperche ne devrait lui pas mettre plus de 12h pour parcourir la distance séparant Concarneau du Havre à 30 nœuds de moyenne, une vitesse devenue habituelle sur ces machines volantes. Sur la ligne de départ, l’écart de potentiel de vitesse entre un monocoque de 12 mètres pourtant très performant et un trimaran de 32 mètres restera abyssal, mais le nombre de milles à parcourir devant leurs étraves ne seront pas du tout les mêmes.

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© Transat Jacques Vabre

Ensemble jusqu’au Cap Vert

En effet, avec le retour des Ultims sur cette 15ème édition de la transat en double, les autres classes présentes, notamment les 60 pieds Imoca type Vendée Globe, s’inquiétaient des écarts potentiels à l’arrivée, et donc d’un risque de retombées médiatiques bien moindres. L’organisation de la course en était pleinement consciente car le timing des arrivées affecte également leur logistique, tout comme celle des journalistes présents. La solution imaginée, notamment par Francis Le Goff le directeur de course, c’est de rallonger la distance à parcourir pour les plus rapides. Jusqu’aux Canaries, une seule route pour tous, même si elle sera parcourue à des vitesses différentes. Mais dès les îles du Cap Vert laissées à tribord, les Class 40 pourront mettre le clignotant à droite pour attraper les Alizés et glisser en route directe vers l’arrivée. Au total ils auront 4 600 milles à parcourir sur la route théorique.

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Apivia, favoris de la TJV 2021© Maxime Horlaville

Le « Pot au noir » comme ralentisseur

Les trimarans de 50 pieds (Ocean Fifty) et les monocoques de 60 pieds (Imoca) aux potentiels de vitesse jugés relativement proches, voient eux leur parcours porté à 5 800 milles. Ils devront en effet aller contourner l’archipel Brésilien de Fernando de Noronha, soit un détour de 1 200 milles avant de pouvoir mettre le cap sur Fort de France. La voie leur aura normalement été ouverte par les cinq trimarans Ultims qui doivent quant à eux descendre encore plus Sud. Ils laisseront à tribord l’archipel de Trinidade et Martim Vaz, au large de Rio de Janeiro (800 milles nautiques), ce qui fait de leur parcours, le plus long de cette édition : 7 500 milles au total. Outre une plus longue distance à parcourir, ces deux parcours présentent des situations météorologiques bien plus risquées et aléatoires, avec deux passages de l’équateur et de la Zone de Convergence Intertropicale (ZCIT) plus connue sous le nom légendaire de « Pot au Noir ». Si lors de la remontée ils sont dans son Ouest, ils devraient être moins impactés, mais la remontée le long des côtes Brésiliennes avec ses vents erratiques ne s’annonce pas une sinécure pour autant.

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Class 40 HBF - Reforest Action© Made in Midi

Rendez-vous au Diamant

Comme au départ, l’atterrissage sur Fort-de-France par le Sud est commun aux 80 duos de skippers engagés. Entre différences de vitesse, de distance à parcourir, les aléas météo, les ennuis techniques et les choix stratégiques plus ou moins payants, les écarts pourraient être très faibles sur la dernière ligne droite entre le Rocher du Diamant et Fort-de-France. Si selon l’organisation, les temps de traversée doivent s’étaler entre 12 et 22 jours, on pourrait assister à un joli embouteillage après environ deux semaines de course. Voir le premier Class 40 arriver en même temps qu’un Ultim n’est pas du tout à exclure. Petits et grands trimarans pourraient bien régater avec des Imoca en contournant les Anses d’Arlet. Une seule certitude, la course se jouant en temps réel, le premier arrivé dans sa classe sera l’un des quatre vainqueurs à désigner.

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Trimarans Ultims© Christophe Favreau

Pour leurs retrouvailles avec la course au large les Martiniquais devraient donc assister à un spectacle exceptionnel. Le suspens est entier, dans toutes les classes et entre les classes. Les stades nautiques naturels de départ et d’arrivée étant de toute beauté, les images s’annoncent superbes. Rendez-vous donc le 7 novembre au Havre, et quelques 15 jours plus tard de l’autre côté !

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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