Traverser l’Atlantique en course : ces transats où les amateurs ont leur place

Course au large
Par Le Figaro Nautisme

Participer à une course transatlantique n’est pas réservé à une élite de skippers professionnels. Certaines épreuves ont été conçues pour des amateurs aguerris, d’autres restent ouvertes à condition d’accepter un niveau d’exigence élevé, une préparation longue et une sélection rigoureuse. La vraie question n’est plus de savoir si c’est possible, mais par quelle voie s’engager, avec quel bateau, quel niveau et quelle méthode.

Participer à une course transatlantique n’est pas réservé à une élite de skippers professionnels. Certaines épreuves ont été conçues pour des amateurs aguerris, d’autres restent ouvertes à condition d’accepter un niveau d’exigence élevé, une préparation longue et une sélection rigoureuse. La vraie question n’est plus de savoir si c’est possible, mais par quelle voie s’engager, avec quel bateau, quel niveau et quelle méthode.

La transat amateur n’est pas une version allégée de la course au large

L’idée selon laquelle une transat ouverte aux amateurs serait une course « plus facile » est l’un des malentendus les plus répandus. L’océan ne fait aucune différence entre un marin professionnel et un plaisancier expérimenté. Les mêmes contraintes s’imposent à tous, la fatigue, la durée, l’usure du matériel, la météo parfois brutale et la nécessité de décider juste, souvent seul ou à deux, pendant plusieurs jours.

Ce qui distingue les transats accessibles aux amateurs, ce n’est pas la réduction de la difficulté, mais la manière dont elle est encadrée. Certaines épreuves ont été pensées pour permettre une progression réaliste, avec des règles claires, des exigences lisibles et une culture où la préparation prime sur la performance pure. D’autres, plus prestigieuses, restent ouvertes mais filtrent fortement les candidatures. Dans tous les cas, le passage à l’Atlantique se construit, rarement sur un coup de tête.

Les transats conçues pour les amateurs : apprendre à durer au large

Parmi les courses clairement pensées pour des navigateurs non professionnels, la Transquadra occupe une place à part. Réservée aux marins de plus de 40 ans, en solitaire ou en double, elle attire des profils très variés, ingénieurs, artisans, cadres, indépendants, tous animés par le même projet, se confronter à l’Atlantique dans un cadre sportif, sans entrer dans une logique de carrière. La préparation s’étale souvent sur 2 ans, parfois plus, avec un budget conséquent, qui dépasse régulièrement les 80 000 à 100 000 euros une fois le bateau fiabilisé, équipé et entraîné.

Les récits des participants se ressemblent sur un point essentiel, la transat elle-même n’est pas le plus dur. Ce sont les mois de préparation, les courses qualificatives, les nuits écourtées, les avaries mineures répétées et l’apprentissage de la fatigue qui forgent réellement l’expérience. La Transquadra n’offre pas de raccourci, mais elle propose un cadre cohérent pour un amateur prêt à s’investir sérieusement.

Dans un esprit plus récent, Cap Martinique s’est imposée comme une transat moderne, ouverte en solitaire ou en double, sur des voiliers de série. Son succès tient à une équation claire, un format lisible, une jauge accessible et des critères de qualification atteignables pour un plaisancier organisé. La course demande de prouver sa capacité à naviguer longtemps en course, mais sans basculer dans une sélection élitiste. Pour beaucoup, elle représente une première vraie transat sportive, avec un niveau d’engagement élevé mais compatible avec une vie professionnelle à terre.

Les transats de classe : accessibles, mais exigeantes

Certaines courses ne demandent pas d’être professionnel, mais imposent de se comporter comme tel. La Mini Transat est l’exemple le plus emblématique. Elle reste ouverte à des amateurs, mais son système de qualification est redoutablement efficace. Accumuler des milles en course, réaliser un long parcours en solitaire sans escale, gérer seul un bateau très engagé pendant plusieurs semaines, tout est conçu pour filtrer par la réalité du large.

De nombreux navigateurs amateurs y trouvent une école incomparable. La Mini Transat apprend à naviguer sans assistance, à gérer l’énergie, à réparer, à dormir par tranches, à accepter l’inconfort durable. En contrepartie, elle demande un investissement considérable en temps, souvent plusieurs saisons, et un budget qui peut rapidement grimper. Même sans viser la victoire, une campagne complète représente un projet lourd, exigeant, qui transforme profondément la manière de naviguer.

Les grandes transats mythiques : ouvertes, mais très sélectives

À l’autre extrémité du spectre, certaines courses mythiques restent ouvertes aux amateurs, tout en étant de plus en plus sélectives. La Route du Rhum en est l’exemple le plus connu. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas obligatoire d’être professionnel pour s’y engager, mais le nombre de places est limité et les candidatures sont examinées avec attention. Le dossier doit démontrer une expérience solide, une préparation sérieuse et un bateau irréprochable sur le plan de la sécurité.

Pour un plaisancier, viser une telle course impose de raisonner à long terme. Il faut accumuler des milles en course, construire une crédibilité sportive, fiabiliser un bateau souvent ancien, et accepter que la sélection fasse partie intégrante du projet. La Route du Rhum n’est pas une porte d’entrée vers la course au large, c’est un aboutissement.

L’Atlantique en course ne se limite pas aux épreuves françaises

Il existe aussi des transats organisées par de grands clubs internationaux, parfois moins médiatisées en France, mais très structurées. Certaines proposent des classes en double ou en équipage réduit, avec des exigences d’expérience précises et un cadre de course très professionnel. Pour un amateur déjà aguerri, ces épreuves peuvent représenter une alternative crédible, offrant un haut niveau d’organisation sans exiger un statut professionnel.

À la frontière entre course et aventure encadrée, des rallyes transatlantiques organisés en flotte ont également permis à des milliers de plaisanciers de franchir l’Atlantique. S’ils ne relèvent pas de la course pure, ils constituent parfois une étape intermédiaire pertinente, permettant d’acquérir de l’expérience au large avant de se lancer dans un projet plus sportif.

Ce que les candidats amateurs sous-estiment le plus souvent

Dans les témoignages de navigateurs amateurs ayant franchi le pas, un point revient sans cesse. La difficulté majeure n’est pas la navigation océanique en elle-même, mais l’enchaînement. Tenir plusieurs semaines sans récupération réelle, gérer les petites avaries avant qu’elles ne deviennent critiques, maintenir la vigilance malgré la fatigue et l’humidité permanente, accepter des décisions imparfaites et les assumer, voilà le vrai défi.

C’est précisément pour cela que les organisateurs imposent des qualifications longues et parfois contraignantes. Elles ne servent pas à décourager, mais à vérifier qu’un marin sait durer, pas seulement naviguer vite.

Construire un projet réaliste : la clé de la réussite

Les amateurs qui réussissent leur transat suivent souvent une trajectoire similaire. Une première phase consacrée à la navigation et à l’apprentissage, avec des courses préparatoires et un travail méthodique sur le bateau. Une deuxième phase où l’on consolide, enchaînant les milles, en fiabilisant chaque détail, en acceptant que la performance passe au second plan. Enfin, le départ, qui n’est jamais un saut dans l’inconnu, mais l’aboutissement d’un processus long et structuré.

Traverser l’Atlantique en course sans être professionnel n’a rien d’un mythe. C’est un projet exigeant, parfois coûteux, toujours transformant, qui repose moins sur le statut que sur l’endurance, la méthode et la lucidité. L’océan ne demande pas d’être célèbre. Il exige d’être prêt.

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.